Sylvain Cossette promet d'être «le plus fidèle possible» en replongeant dans les années 1980.

Retour vers les «eighties» avec Sylvain Cossette

Sylvain Cossette a passé 10 ans de sa vie à revisiter intensément les années 70, période dont il a tiré un spectacle vu par un million de personnes, et trois disques certifiés platine ou or.

Après avoir pris « trois années sabbatiques », une longue pause rendue incontournable, car le ras-le-bol et le burn out le guettaient, convient-il – le chanteur a retrouvé l’envie de prendre la route. Plongeant cette fois dans le « vaste » et « coloré » répertoire des années 80, Sylvain Cossette et ses musiciens parcourront la province jusqu’au printemps 2019 (voire davantage : « ça va sûrement s’étirer sur deux ou trois ans », croit-il) – avec look et instruments d’époque.

La tournée, tout simplement baptisée 80s, s’arrête à la Maison de la culture de Gatineau vendredi 12 octobre. Et comme les billets s’envolent comme des petits pains chauds (25 000 ont été écoulés en à peine quelques semaines), la bande est déjà réinvitée le 9 mai 2019 (même endroit, même heure).

Si les années 70 furent névralgiques à la future carrière du jeune Sylvain Cossette, en nourrissant ses découvertes et sa fascination pour la musique, la décennie suivante ne fut pas moins constitutive pour le jeune homme : elle est celle de ses premiers pas professionnels.

Les années 80, « c’est une décennie que je connais très bien : je les ai passées dans les bars, partout au Québec, à tourner avec mon groupe Paradox », rappelle Sylvain Cossette.

« C’est là que j’ai vraiment appris mon métier, soir après soir, en faisant face à toutes sortes de publics et de situations. » Et c’est là que, confronté à mille « impondérables », il a développé les réflexes et stratégies qui lui serviraient le reste sa carrière.

Le précédent spectacle était coulé dans le rock. Celui-ci se veut, à l’image de la décennie qu’il explore, nettement plus pop.

« La musique a tellement changé dans ce temps-là : c’est l’arrivée des synthétiseurs, des batteries électroniques et des textures. Avec une façon très différente de chanter. »

« C’est l’arrivée du new wave », poursuit-il. Un courant musical qui s’appuie généralement sur une « attitude, du maquillage et pas de sourire ; le new wave était assez sombre, ça avait l’air presque mal vu de sourire. Quand on était dedans, on se disait “Wow ! qu’est-ce qui est en train de se passer ?” On sortait des années 70, une époque de solos de guitares et de chansons épiques et que tu pouvais chanter avec une voix très haute. La voix était traitée de façon très différente. »

Haute fidélité

L’idée fondamentale de 80s, c’est d’« être le plus fidèle possible » aux sonorités très particulières de cette époque, poursuit Sylvain Cossette.

« On a fait des recherches, et j’ai acheté des guitares et des basses des années 80 pour retrouver le son de l’époque. C’est notre fun à nous, les musiciens, d’arriver à reproduire les mêmes sons, mais avec des instruments d’aujourd’hui. »

Ils se sont imposé « un décorum dans l’habillement et la façon de se produire sur scène ». L’espace scénique est habillé de « tévés vintage au look "Stranger Things" » diffusant des vidéos d’ambiance rétro.

La bande s’est même trouvé un look un peu eighties. « Je voulais que les musiciens soient tous habillés pareils. On a un look à la DEVO, tout en noir et blanc, avec des pantalons “cigarettes”. »

Malgré l’absence d’épaulettes et de spraynet (c’était hors de question, rigole-t-il), l’illusion serait totale, laisse entendre Sylvain Cossette.

Choix difficiles

Balayée par les deux décennies suivantes, la musique des années 80 a longtemps souffert d’une image un peu kitsch. Mais le principe du balancier qui remet les modes en perspective a fini par jouer en leur faveur.

« Avec le recul, il y a de super bonnes chansons [...] qui ont traversé le temps. Je pense à Tears for Fears, U2, Mr Mister, INXS... » dit-il, listant ici une infime partie du répertoire qu’il reprend sur scène, et qui comprend entre autres des succès de The Police, Frankie Goes To Hollywood, Simple Minds, Toto, Prince et Rick Astley. « C’est des hits non stop, l’un après l’autre. »

« Finalement le choix [des chansons] a été beaucoup plus difficile que je pensais. On pourrait faire quatre ou cinq shows différents », soutient-il. Quelques medleys compacts lui permettent de résoudre une partie de ce casse-tête en montant à près de 40 le nombre de hits d’époque offerts.

En clin d’œil au Québec, Cossette et son quatuor revisitent Corey Hart, Normand Brathwaite et Les BB... et même une chanson de Paradox.

« Pour l’instant, on voit mal laquelle enlever. » Mais, passées les 50 premières dates, le spectacle « deviendra éventuellement plus évolutif ». La bande se permettra vraisemblablement de « changer un peu le pacing », afin de ne pas se laisser gagner par la facilité ou la lassitude. C’est exactement la méthode qui avait permis d’étirer 70s aussi longtemps.

Le chanteur ponctue son spectacle d’interventions humoristiques et d’« anecdotes » vécues, tout comme il le faisait avec 70s.

« J’ai fait la mise en scène et les scripts de toutes mes tournées, alors les gens s’attendent à ça. Et il y a deux moments en particulier où les gens se bidonnent pas mal... »

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POUR Y ALLER

Quand : Vendredi 12 octobre, 20 h (supplémentaire le 9 mai 2019)

Où : Maison de la culture de Gatineau

Renseignements : 819-243-2525 ; salleodyssee.ca