Partie aux États-Unis il y a quatre ans, Émilie Clepper est revenue vivre à Québec pour y élever son enfant... et réaliser son premier album en français.

Retour au bercail pour Émilie Clepper

QUÉBEC – En 2014, Émilie Clepper nous annonçait son départ : l’auteure-compositrice-interprète aux origines québécoises et texanes avait choisi d’aller tenter sa chance dans la contrée américaine de son père. Devenue à son tour maman, elle est revenue s’installer au Québec. Et ce n’est pas tout ce qui a changé pour la musicienne, qui propose, avec « La grande migration », un premier album en français qui s’éloigne des sonorités folk et country auxquelles elle nous a habitués.

Le titre de ce disque – que la chanteuse vient présenter au Cabaret La Basoche le 9 novembre – elle ne l’a évidemment pas choisi au hasard. « C’est la migration de la langue de Shakespeare vers la langue de Molière. C’est la migration d’une culture vers une autre culture. C’est la dichotomie qui est créée par le biculturalisme. Ce sont des thèmes qui sont présents », résume Émilie Clepper.

Pour des raisons familiales, la musicienne est revenue dans la Vieille Capitale il y a environ un an. « Je trouvais que la situation pour élever un enfant était plus propice au Québec qu’au Texas, note-t-elle. C’est plus facile concrètement, il y a plus de services pour les familles. »

Le retour au bercail a permis de compléter La grande migration, un projet créé à quatre mains avec l’amie Sara Garneau, qui signe la majorité des textes. 

Il aura fallu cinq ans pour que l’album se concrétise pour celles qui sont complices depuis l’enfance et dont l’amitié a été scellée par le partage d’un petit gâteau. « On s’est rencontrées en première année. Je lui ai donné un morceau de mon Jos Louis. Elle m’a dit : «Est-ce que ça veut dire qu’on est des amies ?» J’ai répondu oui. Elle est comme une sœur pour moi », raconte Clepper, fière de pouvoir faire rayonner la plume de son amie, d’abord travailleuse sociale.

« Elle commence tout juste à s’afficher en tant qu’auteure, ajoute la chanteuse et compositrice. Il était temps ! C’est vraiment un grand talent. C’est important que ça sorte. Nos petits diamants, il faut qu’ils brillent ! »

Si son dernier album complet remonte à 2011, Émilie Clepper refuse de voir La grande migration comme un retour. « Ce n’est vraiment pas la même chose. Ce n’est pas du tout la même émotion », évoque-t-elle à propos de la dizaine de titres logeant plus près de la chanson française que du folk, énonce-t-elle, tout en citant Piaf et Barbara parmi ses chanteuses préférées.

« Ce sont des styles qui cohabitent chez moi. Il y aura encore des albums de country et d’americana », confirme la musicienne. Ce n’est sans doute pas un hasard si elle a demandé à Benoit Pinette, alias Tire le Coyote, grand artisan de la scène folk, de réaliser son album.

En prime, La grande migration nous donne l’occasion d’entendre chanter Pinette dans un autre registre que celui, haut perché, qu’il met de l’avant sous la bannière Tire le coyote, alors qu’il partage le micro avec Clepper sur la pièce Le jour de la marmotte.

« Je me suis dit : "Tant qu’à se dépayser, tout le monde va le faire !" lance la chanteuse. On a bien rigolé à faire ça ! »

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POUR Y ALLER

Quand ? Vendredi 9 novembre, 20 h 

Où ? La Basoche

Renseignements : 819-243-8000 ; 819-595 7455 ; ovation.qc.ca