La chanteuse de Gatineau Renee Wilkin a fait paraître vendredi son nouvel album intitulé «Briser la chaîne».

Renee Wilkin à cœur ouvert

La chanteuse de Gatineau Renee Wilkin a fait paraître vendredi un nouvel album, «Briser la chaîne». Pour ce dernier opus, qu’elle a voulu plus personnel, elle a confié la direction artistique à nul autre que Corneille.

« Je cherchais quelqu’un qui fait du soul en français. Et Corneille c’est ma référence. Je me suis dit que j’allais tenter ma chance et que, s’il acceptait de collaborer, ça serait peut-être pour une ou deux chansons », raconte Renee Wilkin.

Après une première rencontre et de longues discussions pour connaître les influences musicales de la chanteuse, Corneille lui propose une première chanson, Amour labyrinthe.

« C’est la première qu’on a faite en studio et ç’a super bien été », se souvient-elle. Et de mélodie en mélodie, Diamant, la chanson d’ouverture de l’album, a vu le jour. « La collaboration allait tellement bien qu’il a finalement décidé d’assurer la direction artistique de l’album au complet », confie la chanteuse.

D’ailleurs, il est impossible de ne pas reconnaître la signature de Corneille sur l’album aux sonorités R’n’B et soul teinté de pop. On peut également entendre le chanteur dans quelques chœurs. « Pour moi, ce n’est pas un problème, nos styles se ressemblent un peu », justifie-t-elle.

Si Corneille s’est chargé de la direction artistique, il a également amené la chanteuse, révélée au grand public grâce à La Voix en 2014, sur un sentier qu’elle avait moins emprunté, celui de la nuance. « Il me disait : “On sait que tu peux faire des prouesses vocales, mais tu as une grande qualité d’interprète.” Donc, contrairement aux autres albums, je me suis permis d’y aller plus en retenue », explique-t-elle.

Sortir de sa zone de confort

Pour ce deuxième album de matériel original, Renee Wilkin avait aussi envie de se confier, d’aborder des thématiques plus personnelles. Pour l’aider à trouver les mots justes, elle a travaillé avec la femme de Corneille, Sophia de Meideros, qui compose également les textes de son mari. « Je me suis assise avec elle et on a parlé pendant des heures. J’ai ri, j’ai pleuré, j’ai vraiment raconté ma vie. Il y avait un peu d’essai erreur », confie l’artiste.

Sur les onze titres de l’album, où l’artiste parle entre autres, d’amour, de rupture, du deuil, de l’acceptation de soi, Sophia Medeiros en a signé sept, dont deux en collaboration avec Corneille. Gautier Marinof, acolyte des débuts de Renee Wilkin, en a composé plusieurs. Marc Dupré a également offert une ballade (N’oublie pas que je t’aime) à sa protégée de La Voix. L’auteur-compositeur-interprète d’origine gatinoise et ami de la chanteuse, Alexandre Désilets, est quant à lui l’auteur de Rappelle-moi.

Parmi les chansons chargées émotionnellement pour la chanteuse, on trouve La chaîne, qui évoque le suicide de son père et qui a inspiré le titre de l’album.

Si la chanteuse avait déjà chanté le deuil, elle ne l’avait jamais fait aussi ouvertement. Inutile de dire que chanter La chaîne n’a pas été des plus facile puisque Renée Wilkin se livre à cœur ouvert. « J’exprime ce que j’ai vécu et comment je me sens aujourd’hui. Mais en même temps je veux susciter des conversations. On dit qu’on en parle beaucoup [du suicide], mais ça reste un sujet tabou », regrette la jeune femme.

En se mettant à nu sur Briser la chaîne, il fallait aussi que la chanteuse soit prête à assumer ses mots sur scène, surtout lorsqu’elle sera de passage chez elle, à Gatineau, devant un public qui la connaît. « Quand je vais les faire en spectacle, je vais les introduire. C’est sûr que ça fait toujours quelque chose quand on reconnaît des visages familiers et qu’on raconte notre histoire. Mais en même temps, l’accueil est plus chaleureux », confie Renee Wilkin.

Toutefois avant de pouvoir entendre l’artiste sur une scène du Québec dès le mois de mai, la chanteuse de Gatineau assurera le 15 décembre la première partie de Corneille au Trianon de Paris, en France. D’autres dates étaient en attente de confirmation. « C’est stressant ! » lance-t-elle. « J’ai déjà fait les premières parties de Marc Dupré mais le public était déjà un peu vendu. Là, ils vont me découvrir de zéro », conclut Renee Wilkin.