Post Pop Depression, d'Iggy Pop ****1/2

CRITIQUE / Après avoir été très égratigné en 2012 (quand il s'est laborieusement frotté à la grande chanson française), puis effectué une courte plongée dans le réconfort des Stooges l'année suivante, Iggy Pop revient ici au sommet de son art.
Ce 17e album soi-disant solo repose largement sur les épaules de Joshua Homme, pilier de Queens of the Stone Age, qui a tissé, texturé, réalisé et lustré ce magnifique canevas de cordes. Des guitares, surtout, mais piano et violon délicats prennent parfois le relais.
Enregistré avec Dean Fertita (complice StoneAgeur) et Matt Helders (Arctic Monkeys), l'album parachute «L'Iguane» à des années-lumières de son glorieux passé. Ni punk ni stoner rock, bien qu'empruntant des éléments aux deux, le disque est assez pop et planant pour évoquer parfois Bowie. Libre, la voix se faufile à travers neuf petits bijoux mélodiques inspirés du désert, de Détroit et du vieux Berlin.
Revoilà Pop à la hauteur de sa légende. Voire au-dessus.