Patrick Norman a déjà hâte de se «soumettre» à la baguette d’un chef d’orchestre, une expérience nouvelle pour lui.

Patrick Norman symphonique

Il y avait La guitare de Jérémie. Il y aura désormais L’orchestre de Jérémie.

C’est en effet entouré de l’Orchestre symphonique de Gatineau (OSG) que Patrick Norman vient – guitare en mains – faire résonner ce soir, à la Maison de la culture de Gatineau, une vingtaine de chansons parmi les plus incontournables de son répertoire.

« Je ne peux même pas vous dire à quel point je suis content. Avoir la chance de chanter avec un orchestre symphonique, c’est vraiment le pied ! C’est une opportunité qui n’arrive pas tous les jours », jubile au bout du fil le septuagénaire, enthousiasmé par les « belles atmosphères » que l’ajout de tous ces instruments a apportées à ses chansons.

En août dernier, au festival Sinfonia de Lanaudière, Patrick Norman participait à un concert « country symphonique » au côté de Paul Daraîche et de Marc Hervieux. En 2016, Roch Voisine l’a invité à l’accompagner en duo, en compagnie de l’Orchestre symphonique de Montréal. Avant cela, Patrick Norman a eu plusieurs occasions de prendre un bain orchestral, au centre d’ensemble « jeunesse », de taille souvent plus restreinte. Mais bien qu’il ait déjà participé à plusieurs initiatives symphoniques, il donnera à la salle Odyssée son premier véritable concert symphonique solo, en bonne et due forme.

L’exercice représente bien entendu « beaucoup de préparation », convient-il. Enfin, « surtout pour les musiciens » classiques, qui doivent s’adapter à des arrangements éloignés des standards philharmoniques. « Les arrangements changent beaucoup de choses... D’ailleurs, moi aussi, de mon côté, il faut que je revoie quelques pièces », partage-t-il humblement.

Le plus gros du travail, sans doute, revient toutefois au compositeur Sébastien Tremblay. Car ce sont des partitions originales qu’entendra le public gatinois. Or, toutes les partitions de l’orchestre sont signées par M. Tremblay. C’est aussi ce fidèle complice de l’OSG qui, en concertation avec Patrick Norman, a identifié et sélectionné les pièces qui se prêtaient le mieux à cette transposition. « Ça fait un an qu’on prépare tout ça... »

Patrick Norman

À quelques jours des répétitions, Patrick Norman ne dissimulait pas sa hâte de rencontrer enfin les musiciens et leur chef, Yves Léveillé. « J’ai très hâte de traverser tout ça avec eux. C’est quelque chose de très spécial, pour moi, ce spectacle ! », témoigne le chanteur.

« J’ai reçu il y a quelques jours ce qu’on appelle les rough mix [enregistrements préliminaires] de ce à quoi allaient ressembler les arrangements, et... wow ! Quelle belle surprise ! [...] Je n’arrête pas de les écouter. Hier soir, avant de m’endormir, j’ai mis mes écouteurs, pour les réécouter encore une fois. [...] Maudit que le résultat est enlevant. Et “élevant”, aussi. »

« Marcher les fesses serrées »

Oh, il ne montera pas sur la scène Odyssée comme en terrain conquis. « C’est très intimidant », de se retrouver parmi « autant de musiciens ferrés ». « C’est impressionnant. Mais j’adore ça ! »

Pour lui, un orchestre, « c’est un autre monde. Le timing change tout le temps. C’est le chef qui bat la mesure, ce n’est pas du tout comme un métronome. [S’il décide par exemple d’imposer] une accélération à un endroit stratégique, tout le monde doit suivre. Alors, comme on dit en bon québécois, il faut marcher les fesses serrées », rigole l’auteur-compositeur, que l’idée d’être relégué au rôle de « simple exécutant » soumis à la baguette d’un directeur musical, semble amuser follement.

Nathalie Lord

Et puis le rire prend de l’ampleur. Patrick Norman s’excuse. Et avoue : « C’est ma femme qui me fait rire. Elle me fait des petites grimaces ».

Sa femme, c’est la chanteuse Nathalie Lord, avec laquelle il s’est marié à l’été 2017 – et dont il a produit le disque La même maîtresse, paru quatre mois plus tard : un album où le couple « se raconte, se découvre, se fait des confidences ».

On ne sait si Nathalie Lord osera poursuivre ses facéties à Gatineau. Mais elle sera bien sur scène, pour épauler son mari. À titre d’invitée spéciale, comme à presque chaque concert de Patrick Norman depuis trois ans.

Les tourtereaux interpréteront Juste toi et moi, pièce amoureuse que Patrick Norman chante en duo avec elle sur son dernier album, Bonheurs partagés. Ils entonneront aussi ensemble Comment le dire, qui figure sur le même disque, mais avec la voix de Marie-Ève janvier.

En tant que grand amateur de pièces instrumentales, et pour le plaisir de s’offrir « un moment de proximité » avec le public, le guitariste interprétera quelques-unes de ces compositions instrumentales, en marge des classiques que sont Mille après mille, L’hirondelle ou La guitare de Jérémie. « Sur Mr Brazil, ils m’ont fait un arrangement renversant. Je vais tripper ben ben fort ! »

POUR Y ALLER

Quand ? 7 avril, 20h

Où ? Maison de la culture de Gatineau

Renseignements : 819-243-2525 ; salleodyssee.ca