La formation Pastel Barbo
La formation Pastel Barbo

Pastel Barbo: rocker dans les deux sens

Pas de doute, la formation Pastel Barbo est sensible à la symétrie. Son premier minialbum, Matière grise, se décline en deux temps qui se répondent : quatre chansons flirtant avec le rock psychédélique, quatre versions alternatives qui nous les font entendre... à l’envers.

Instigateur du projet, l’auteur-compositeur Gabriel Brisson assume son concept à fond. Tellement qu’il a choisi de diffuser une chanson à l’envers comme extrait, tout juste avant la sortie de l’ensemble de l’œuvre. «Il y a beaucoup de monde qui m’a dit : “les gens n’ont pas entendu ta musique. Qu’est-ce que tu fais à le sortir à l’envers?” Je comprends le point de vue. Mais rendu là, on avait une idée, on l’a assumée», indique celui qui dit aimer les sonorités qui s’invitent quand on inverse une chanson.

«On a eu du fun à penser à ce concept. C’était bien de dire qu’on fait à sa tête, mais il y a un concept très réfléchi derrière ça», ajoute celui qui forme Pastel Barbo avec Raphaël Laliberté-Desgagné à la guitare, Lewis Falia à la basse et Gabriel Arseneault à la batterie.

Pas de messages subliminaux, ici. Mais une vraie réflexion sur le cerveau humain, sa créativité, sa fragilité, aussi. En ce sens, la chanson La peinture qui s’éteint a été inspirée du grand-père de Gabriel Brisson, qui a été atteint de la maladie d’Alzheimer.

«Ça se termine sur une note qui évoque la dégénérescence, la maladie. Qu’est-ce qui se passe avec le cerveau dans cette situation? C’est avec cette réflexion-là qu’on a construit la deuxième moitié du EP, en remettant les quatre chansons à l’envers. Tu arrives au sommet de ta vie et si ce sommet est une maladie, il peut y avoir une rechute dans l’inconscient», évoque l’auteur-compositeur.

«Mon grand-père faisait beaucoup de peinture, de menuiserie, il a joué de la guitare et a chanté toute sa vie, ajoute-t-il. Ç’a été inspirant. À un moment, on ne pouvait plus avoir de conversation avec lui. Mais il jouait encore de la guitare. J’ai eu des moments très précieux avec lui dans la maladie, parce que j’allais jouer de la guitare avec lui. Pendant deux heures, il faisait les mêmes trois accords, mais au moins, il était content. L’art était encore là.»

Avec plusieurs membres de sa famille qui ont aussi souffert de la maladie d’Alzheimer, Gabriel Brisson dit avoir songé beaucoup à son hérédité. «C’est quoi, moi, ma dégénérescence? reprend-il. Est-ce que ça va être créatif? Est-ce que ça va être dans la maladie qui m’attend peut-être un jour aussi? J’ai 20 ans, ça ne me stresse pas. Mais ç’a ouvert une réflexion par rapport à ça.»

Pastel Barbo devait offrir des spectacles de lancement au fil du mois de mars. Dans le contexte de la pandémie de COVID-19, ceux-ci ont bien entendu été reportés à une date qui sera annoncée quand la crise sera résorbée.