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Le Franco-Ontarien Damien Robitaille s’est démarqué avec ses reprises de chanson sur le web.
Le Franco-Ontarien Damien Robitaille s’est démarqué avec ses reprises de chanson sur le web.

Nos personnalités de l'année: Damien Robitaille

Yves Bergeras
Yves Bergeras
Le Droit
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Si le confinement a bloqué l’accès aux scènes, il n’a pas empêché Damien Robitaille de s’amuser en produisant de la musique en solo. Seul au piano, ou s’improvisant homme orchestre, il a multiplié les reprises de chansons pops ultra-connues, dont les enregistrements vidéo sont devenus viraux, une fois partagés sur ses réseaux sociaux.

L’aventure a démarré dès le 16 mars en reprenant une chanson de circonstance de John Lennon : Isolation.

Le succès n’est pas immédiat, mais Damien Robitaille poursuit infatigablement cet exercice quasi quotidien de reprises. Queen, les Beastie Boys, Abba, Radiohead, Daft Punk, Van Halen, Gorillaz, The White Stripes, La Macarena, et même une pièce (Wow) du pianiste André Gagnon partagée au lendemain de sa mort : tout y passe !

Le chanteur meuble son calendrier vide avec l’assurance de « faire œuvre utile » puisque, les commentaires des internautes en témoignent, ses chansons-sourires font du bien autour de lui.

Sa persévérance et sa constance ont fini par « payer » : désormais dangereusement contagieux, ses sourires vidéo sont appréciés et partagés à travers la planète.

Le 1er décembre, il mettait en ligne sa Chanson du Jour #137, version piano-percus du Pump Up The Jam de Technotronic. Sa souriante reprise a « fait la journée » (« make my day », dit la chanson) de millions d’internautes, pour dépasser les 10 millions de visionnements en moins d’une semaine.

Dans les écoles primaires, on commence même à l’imiter.

Il faut dire que le « p’tit gars de Lafontaine » avait frappé un premier joli coup en milieu scolaire, cette année : Damien Robitaille a signé la pièce originale d’Une chanson à l’école, l’activité scolaire pancanadienne tenue dans le cadre des 24es Journées de la culture.

Q: Quel a été ton coup de cœur artistique ou culturel en 2020 ?

R: J’ai tellement rien consommé ! Et [si peu écouté] les artistes que j’aime ! Pour moi, 2020, c’était vraiment une année de redécouverte, plus que de découvertes. Je me suis replongé dans la musique que je n’écoutais pas, ou que je n’écoutais plus. Je me suis replongé dans mes vieux disques pour [sélectionner et préparer] les « Chansons du jour » que j’allais enregistrer.

Q: Quel est ton meilleur souvenir de 2020 ?

R: C’est quand j’ai été en Espagne, au mois d’août : ça faisait cinq mois que je n’avais pas vu mes filles, qui habitent là-bas. J’ai pu passer un mois de vacances avec elles, au bord de la Méditerranée.

Damien Robitaille

Q: Et le pire souvenir ?

R: « Ce sont tous ces soirs passés seul, chez nous, quand le désespoir embarquait. Ces moments d’angoisse et de craintes pour le futur. Je me posais plein de questions : ‘Est-ce que la musique va encore marcher, après ? Est-ce que je vais revoir ma famille. Au début de la pandémie, il y avait quelque chose d’excitant, c’était comme des vacances, puis ça a commencé à être moins drôle.

L’angoisse [a été très forte] au printemps, après le premier mois. C’est ça qui m’a poussé à chanter. Pour m’occuper. Ne pense pas, vis le moment présent ! Ç’a été 50 % de ce qui m’a poussé à faire cette série de reprises. L’autre 50 %, c’était de voir que ça avait un impact sur les gens, que ça les touchait, que ça chassait l’ennui et la solitude. Quand les gens m’écrivaient, j’avais l’impression que j’avais du monde près de moi.

Q: Quel est le ‘grand oublié’ de 2020 ?

R: Difficile à dire. Je vis tellement dans une bulle que je me sens comme un mésadapté social. J’ai coupé la télé. J’essaie de ne pas regarder les nouvelles. Je me coupe des mauvaises nouvelles. J’ai assez d’angoisses comme ça... fallait pas en ajouter ! [...]

Les gens perdent leur business. [Ça va mal dans le secteur] du transport, pareil pour les pauvres restaurateurs, les artistes, et même les gens de la santé — qu’on oublie, alors qu’ils travaillent comme des fous et qu’ils méritent plus de reconnaissance. Quand on reste dans sa bulle, c’est facile d’oublier qu’il y a plein de monde qui en arrache.

Q: Qu’est-ce qu’on se souhaite pour 2021 ?

R: Quand on va pouvoir, tranquillement, retourner à un [semblant] de normalité, j’espère qu’on va être capable de retrouver l’harmonie entre tout le monde, parce qu’il y a beaucoup de haine qui circulent, à ce que je vois. Je sens beaucoup de tensions et de frustrations et je ne voudrais pas que les gens retiennent ça, de la pandémie. Je voudrais que la paix règne.

Au plan plus personnel, j’espère pouvoir recommencer à voyager, retrouver ma famille en Espagne, aller au mariage de mon frère et visiter ma nièce que je n’ai jamais rencontrée, au Yukon. Et puis j’espère qu’on va rouvrir les scènes [car] pour l’instant, je ne fais pas beaucoup de sous avec ça [les chansons que je poste chaque jour sur Internet]. »