Montebello se dit ouverte à collaborer avec le Rockfest afin de garder le festival sur son territoire.

Montebello prête à collaborer

Montebello est ouverte à collaborer avec le Rockfest afin que le festival puisse continuer d’opérer sur son territoire, si celui-ci survit au gouffre financier auquel il fait face actuellement, mais la municipalité n’investira pas directement dans l’événement.

C’est essentiellement le message qu’a lancé le maire de Montebello, Martin Deschênes, au lendemain d’une rencontre à huis clos qui s’est soldée tard mardi soir et à laquelle ont pris part le conseil municipal et le fondateur et vice-président du Rockfest, Alex Martel.

Le premier magistrat de Montebello soutient que les deux parties ont eu de très bons échanges pendant près de deux heures, alors que le but M. Martel était notamment de mesurer la volonté de la municipalité à accueillir de nouveau l’événement si une édition 2019 voit le jour.

« L’intention derrière la rencontre était très bonne, l’ouverture a été très bonne et les discussions ont été très bonnes. Ce que ç’a permis, c’est de mettre la table, de façon très transparente, à une collaboration avec le Rockfest, si jamais le Rockfest survit. Ils peuvent dire à leurs investisseurs que la porte est ouverte à Montebello pour trouver des solutions », a mentionné au Droit M. Deschênes.

« On ne s’est pas engagé sur rien, sinon que nous avons convenu qu’on voulait travailler ensemble », a précisé le maire.

Si la municipalité souhaite améliorer le partenariat avec le promoteur dans le but que celui-ci touche plus de revenus liés à l’événement, pas question cependant d’injecter un montant dans le festival. Selon M. Deschênes, les solutions éventuelles pourraient passer par une gestion « différente » de la logistique hors site.

« La municipalité ne donnera pas de chèque venant des coffres de Montebello au Rockfest. Par contre, où il y a une nuance, c’est que nous ne sommes pas des organisateurs d’événement. On a réussi à faire 40 000 $ de profits avec l’édition de l’année dernière. Il y a beaucoup de revenus, mais il y a énormément de dépenses qui ont été engendrées. Est-ce qu’il y a une façon de réduire les dépenses et d’augmenter les revenus pour aller chercher un profit additionnel qu’on pourrait partager avec le Rockfest ? L’ouverture, elle est là dans la mesure où ils pourraient nous aider à mieux gérer la réception du Rockfest », souligne M. Deschênes.

À cet égard, ce dernier cite en exemple la location de nombreux terrains municipaux destinés au camping et aux commerçants durant la fin de semaine de programmation, laquelle pourrait être « optimisée ».

Le maire de Montebello ne croit par ailleurs pas aux chances de voir le Rockfest déménager ses pénates dans une autre localité.

« Les investisseurs disent que sortir le Rockest de Montebello serait un suicide professionnel, parce que les gens viennent vivre l’événement à Montebello. Nous avons un attrait naturel pour le tourisme. Nous sommes un pôle qui génère de l’achalandage pour toute la MRC de Papineau. Se départir de cette manne-là, ce serait un peu se tirer dans le pied », affirme l’élu.

Le fondateur du Rockfest, Alex Martel, n’a pas voulu commenter le dossier, mercredi. « Je dirai simplement que ce fut une très bonne rencontre avec le conseil municipal, ils ont fait preuve d’ouverture et je l’apprécie. Pour le reste, le processus suit son cours », a-t-il indiqué par voie d’une réponse écrite au Droit.

Rappelons que l’organisation du Rockfest, qui s’est placée sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité en juin dernier, moins d’une semaine après la tenue de la 13e mouture du happening, a jusqu’au 21 décembre, techniquement, pour présenter une proposition à ses créanciers.

Gilles Corriveau, vice-président d’Enigma, firme spécialisée en gestion de crise embauchée par les promoteurs de l’événement, avait confirmé en juin que la dette cumulée du festival se chiffrait à plus de 5 millions de dollars.