Modern Ruin, par Kyrie Kristmanson ****

CRITIQUE / Sur les rares vestiges restant de cette période où les femmes chantaient elles aussi l’amour profane à une époque de ferveur religieuse, Kyrie Kristmanson construit pièce par pièce une œuvre transcendant le temps et l’espace.

Par sa démarche artistique aussi envoûtante qu’elle s’avère à contre-courant, l’Ottavienne de souche rend hommage à ces femmes éprises de liberté, brûlantes de désirs, pionnières de la chanson, les trobaïritz ayant été, aux XIIe et XIIIe siècles les premières auteures-compositrices. Ce faisant, l’artiste dans la vingtaine bâtit des ponts entre passé et présent, ses textes poétiques empreints de spiritualité et de sensualité s’ancrant dans le Haut Moyen Âge, mais pouvant aussi évoquer des réalités modernes.

Ses mélodies se déploient aussi entre hier et aujourd’hui.

Kyrie Kristmanson propose un fascinant univers musical érigé autour de sa voix habitée par des accents intemporels, dont elle joue habilement tel un instrument à part entière. Ses cordes sensibles sont ici serties dans l’écrin délicat et prégnant de celles des quatre instrumentistes du Quatuor Voce.

Elle sera en spectacle 19 octobre, à la Quatrième Salle du Centre national des arts, avec l’ensemble Warhol Dervish.