Mission accomplie pour le 52e FEQ [VIDÉO]

Après une année de casse-tête au chapitre de la programmation, l’organisation du Festival d’été de Québec (FEQ) dresse un bilan «extraordinaire» de sa 52e présentation, marquée notamment par l’annulation du spectacle d’Imagine Dragons, qui avait rallié le plus grand nombre de festivaliers.

«Les ventes ont été au rendez-vous, observe le directeur de la programmation du FEQ, Louis Bellavance. On sait qu’on a rencontré nos objectifs et qu’on les a même dépassés. Dans le contexte où cette programmation-là nous a donné tellement de mal, on a douté à plusieurs moments, de l’annonce de la programmation au début avril jusqu’au moment où on a annoncé Corey Hart qui venait compléter le puzzle. Quand on est entré dans l’événement, en voyant que les ventes ont continué et que les gens ont répondu présents plus qu’on pensait pour un alt-J ou un Slipknot, ça nous a vraiment comblés.»

Sans dévoiler de chiffres, M. Bellavance confirme que la formation Imagine Dragons a attiré le plus grand nombre de festivaliers, qui ont eu droit à deux chansons et un bain de foule du chanteur Dan Reynolds avant d’être contraints de quitter les plaines d’Abraham, évacuées comme tous les sites extérieurs du FEQ à cause d’un orage violent. Alors que l’organisation se félicitait samedi du bon déroulement des opérations, elle a nuancé sa position dimanche après avoir essuyé des critiques de spectateurs sur les réseaux sociaux. 

«On a rapidement diffusé l’information qui concernait notre propre périmètre, explique la directrice des communications du FEQ, Samantha McKinley. Mais on est conscient que le retour à la maison a été difficile. Cet après-midi, on rencontre les différents intervenants de la ville pour pouvoir débriefer à chaud, identifier ce qui a bien été et moins bien été et déjà identifier des pistes d’amélioration pour la suite des choses.» 

Selon les dires de Louis Bellavance, le chanteur d’Imagine Dragons, Dan Reynolds, avait «le cœur brisé» en quittant la scène des Plaines. «Il voulait faire ce spectacle-là, avance-t-il. Imagine Dragons ne tournait pas cette année, ils font seulement quelques concerts. C’était le premier spectacle qu’on avait programmé pour cette année parce qu’ils voulaient venir depuis un moment. Tout était là pour quelque chose de vraiment magique. Au final, c’est une partie remise. Il va falloir finir ce spectacle-là comme on a fini celui des Foo Fighters [en 2018]. Combien de temps ça peut prendre? Ça reste une question sans réponse pour le moment.»

À VOIR: La courte prestation d'Imagine Dragons en vidéo

Des pourparlers ont même été lancés dès samedi soir, ajoute M. Bellavance. «Leur agent a été contacté à Los Angeles, indique-t-il. On était encore derrière la scène et on avait ces échanges-là. À L.A., ils ont vu des photos et de la vidéo et ils ont été soufflés par ce qui se passait chez nous en termes de foule et de dispositif de scène. Là, ils comprennent ce qu’on leur avait vendu. Ils ont dit : “on va revenir”. Reste à trouver quand.»

Place George-V

Alors que le FEQ a déménagé sa deuxième plus grosse scène du parc de la Francophonie à la place George-V, qui peut accueillir jusqu’à 15 000 festivaliers, Louis Bellavance s’est montré satisfait de la transition. Le site a affiché complet à une seule reprise, le 11 juillet, pour les concerts de Moist et de Live

«L’objectif de ce changement était d’éviter d’avoir à fermer un jour sur deux, note-t-il. On avait des appréhensions sur la configuration, sur l’arrière-scène qui est vraiment étroite. Mais les artistes ont adoré ça et le public a été là. On a réussi à ne pas fermer les portes, sauf à une exception. On avait poussé notre luck en amenant Live sur scène. C’est mission accomplie pour ce transfert-là.»

Si la journée consacrée au hip-hop québécois n’a pas fait courir les foules en après-midi, Louis Bellavance estime que la formule devra être analysée «plus à fond». «On n’a pas eu l’achalandage qu’on aurait voulu, tranche-t-il. Ceci dit, on aime beaucoup l’idée de faire des choses en après-midi. Est-ce que ça sera de cette façon-là ou d’une autre façon, ça reste à voir. Ça fera partie de la réflexion. Sans dire si l’expérience est concluante ou pas, c’est une piste qu’on veut continuer d’explorer.»

Carte blanche 

Quant à la carte blanche confiée à Éric Lapointe — qui a convié une imposante brochette d’invités sur les Plaines —, elle aura été la plus imposante à ce jour pour un artiste québécois au FEQ. Et elle risque de donner le ton pour la suite des choses selon Louis Bellavance, qui considère le concept lancé en 2012 par Vincent Vallières comme un incontournable dans la programmation.  

«Il n’y a pas beaucoup d’Éric Lapointe au Québec, évoque-t-il. Par contre, on a testé des choses cette année qu’on n’avait pas testées auparavant. Je pense que ça monte la barre. On va voir d’autres trucs peut-être plus importants que ce qu’on avait l’habitude de faire. Mais ça va dépendre évidemment de chaque artiste qu’on va convaincre de se lancer là-dedans. C’est énormément de travail pour nous et pour l’artiste qui choisit de faire ça. Je garantis qu’Éric Lapointe n’a pas envie d’en faire un autre l’année prochaine. C’est vraiment un mandat énorme pour eux. Ce n’est pas facile à livrer, mais on a donné le goût à beaucoup de monde.»

Le 52e Festival d’été de Québec s’est déroulé du 4 au 14 juillet.