On a bien eu peur de voir Michael Bublé disparaître de l’industrie musicale.

Michael Bublé: L’amour au temps de Sinatra

On a bien eu peur de voir Michael Bublé disparaître de l’industrie musicale. Mais ce monde a besoin d’amour, de romance et de rire, croit le crooner canadien, dont la présente tournée, sa première en quatre ans, l’emmènera cette semaine à Ottawa, Montréal et Québec pour son opus Love.

C’est un entretien avec le quotidien britannique Daily Mail qui a semé l’émoi en octobre dernier, dans la foulée du lancement de son dixième album studio. En 2016, son fils Noah, 3 ans à l’époque, avait reçu un diagnostic de cancer du foie.

« Éprouvantes » est un euphémisme pour qualifier les deux années qui ont suivi. Son épouse, la mannequin et actrice Luisana Lopilato, a mis en veilleuse sa carrière ; idem pour Bublé, qui a sacrifié une tournée mondiale et l’animation du gala des prix Juno de 2017 sur l’autel de la pénible rémission du garçon. Racontant au tabloïd sa détresse, son lâcher-prise brutal par rapport à sa carrière et sa désillusion sur le vedettariat qui a accompagné ces années sombres, le chanteur de 43 ans aurait conclu, sans équivoque : « ceci est ma dernière entrevue. Je prends ma retraite de l’industrie ».

Or, il s’avèrerait que Michael Bublé a rejoint le club des mal cités, a aussitôt rectifié sa boîte. Le chanteur aurait-il parlé trop vite, ou a-t-il été victime des fameuses fake news ? Quoi qu’il en soit, c’était faux : un mois plus tard, le chouchou des Juno, quatre fois récompensé aux prix Grammy et vendeur de plus de 60 millions d’albums, lançait Love et annonçait son retour sous les feux des projecteurs.

Un retour à la hauteur de sa renommée : Bublé sillonne les États-Unis et le Royaume-Uni depuis février dernier ; son parcours lui fera visiter le Centre Canadian Tire (30 juillet), le Centre Bell (1er et 2 août) et le Centre Vidéotron (3 août), puis l’Europe, l’Australie et la Nouvelle-Zélande jusqu’en février 2020.

Aujourd’hui, Noah a cinq ans. Il va à l’école. Et le crabe terrible l’a enfin laissé tranquille. Sa guérison, dit le père de trois enfants, lui a insufflé la bouffée d’oxygène nécessaire pour recommencer à chanter. Alors qu’il croyait ne plus rien graver, une soirée musique-pizza-jeux vidéo avec ses musiciens, chez lui fin 2017, lui a fait voir à quel point la musique lui avait manqué. Finalement, ce sont sa reconnaissance pour l’appui et la compassion que la famille a reçus de la part de « millions de personnes », de même que son désir de continuer le legs des Frank Sinatra et Bing Crosby de ce monde, qui l’ont reconduit en studio.

Cet optimisme renouvellé se dégage du très justement nommé Love — dont la vraie graphie est un emoji de cœur. My Funny Valentine, La vie en rose ; Bublé y offre une série de reprises orchestrales de standards jazz idylliques, ponctués de compositions pop bien sucrées.

Les critiques d’An Evening with Michael Bublé sont fort élogieuses. En plus de sa voix lisse comme la glace, intacte malgré une opération aux cordes vocales subie juste avant sa pause, le chic showman accompagné son orchestre de 34 musiciens fait honneur aux chanteurs de charme qui l’ont précédé : on a décrit comme « intimes » ces grands rassemblements empreints de générosité, de classe, de sincérité et d’humour.

La recette pas si secrète d’une soirée « feelgood », qui pourrait bien prouver que Bublé réussit son pari d’amener un peu plus d’amour sur Terre.

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POUR Y ALLER

Quand? Mardi 30 juillet, 20h

Où? Centre Canadian Tire

Renseignements: canadiantirecentre.com