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Martin Théberge entouré de son équipe de production dont Danielle Oddera, le pianiste Benoit Sarrazin (à droite), la violoncelliste Julie Trudeau et les violonistes Hubert Brizard, Véronique Potvin et Josée Aidans.
Martin Théberge entouré de son équipe de production dont Danielle Oddera, le pianiste Benoit Sarrazin (à droite), la violoncelliste Julie Trudeau et les violonistes Hubert Brizard, Véronique Potvin et Josée Aidans.

Martin Théberge: Lelièvre revisité [VIDEO]

Yves Bergeras
Yves Bergeras
Le Droit
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Pour son tout premier album, le chanteur Martin Théberge rend hommage à une œuvre qui le hante depuis son adolescence : celle de Sylvain Lelièvre.

Le chanteur gatinois, qui s’était fait remarquer l’an dernier en reprenant Tous les cris les SOS dans un vidéoclip devenu viral — plus d’un million de visionnements en deux semaines — a retenu les lumières du pianiste Benoît Sarrasin pour l’accompagner tout au long de Martin Théberge chante Lelièvre.

Sarrasin, qui en signe aussi la réalisation, c’est une sommité. Il a été complice d’Isabelle Boulay, Marc Hervieux, Luc de Larocheliere, Marie-Denise Pelletier, Marjo, etc. Il a aussi assuré divers rôles d’importance dans de respectables productions musicales comme Les parapluies de Cherbourg, L’homme de la Mancha et Le petit prince.

Théberge a profité d’un spectacle qu’Isabelle Boulay donnait en hommage à Serge Reggiani pour approcher son pianiste (qu’il « connaissait bien ») et convaincre M. Sarrasin d’embarquer dans cette aventure. C’était d’ailleurs lui qu’on entendait au piano sur Tous les cris les SOS.

Piano, voix et cordes

Ensemble, ils tentent de « non pas dépoussiérer », mais raviver les souvenirs de l’auteur-compositeur-interprète de Limoilou, en puisant dans son répertoire 10 ballades – dont Carte postale, L’invité, Le fleuve, Qu’est-ce qu’on a fait de nos rêves, Toi l’ami, Ton épaule, et quelques autres perles poétiques. 

Et si les mélodies (très « piano-voix ») glissent sur un tapis de cordes — le violoncelle de Julie Trudeau, parfois épaulé par un trio de violons — les interprètes prennent soin de mettre à l’avant-plan ces textes aux images délicates.

« J’ai toujours trouvé que Sylvain Lelièvre était très en avance sur son temps. Dans les années 80, il écrivait des trucs comme Tôt ou tard, qui sont encore hyperactuelles. Ou encore Qu’est-ce qu’on a fait de nos rêves, qui commence par On rêvait de changer le monde / Est-ce le monde qui nous a changés ? Le changement, on y a goûté, cette année », illustre Martin Théberge.

« Son propos résonne » d’échos contemporains. Et puis sa poésie est « très imagée, on peut facilement visualiser, c’est facile à comprendre. [...] Il avait un côté terre-à-terre. On sent les difficultés, dans ses chansons. Il se faisait beaucoup de mauvais sang pour la planète et pour son monde, ses amis, les artistes... »

Lâchez Ziggy !

« J’ai toujours senti que c’était le Brel du Québec, mais moins connu ; un Brel dont on serait passé un peu à côté », ajoute le Gatinois, Lelièvre ayant connu un succès populaire assez tardif.

« Son but, ce n’était pas de faire une chanson ultra-connue » en suivait les codes et tendances radiophoniques, « il préférait essayer de nouvelles affaires tout le temps. C’était un véritable artiste, un touche à tout. Son écriture musicale est très recherchée. » Martin Théberge a été exposé dès ses premiers cours de chants aux partitions de Lelièvre.

« C’est un projet qui mijote dans ma tête depuis le début des années 2000, quand j’ai commencé à travailler avec Lucille Dumont », cette « grande dame » de la chanson qui fut son professeur de chant. « Nous, ses étudiants, quand on lui demandait de nous faire travailler sur des chansons, c’était un peu toujours les mêmes grands succès. Elle disait ‘Mais arrêtez de tous vouloir chanter Ziggy !’ et elle nous sortait de vieilles partitions de Sylvain Lelièvre. Ça a commencé là », se remémore-t-il. 

Il faut dire que, quelques années auparavant, Lelièvre avait été le pianiste répétiteur des cours que donnait Mme Dumont, précise Martin Théberge. Qui, de cette époque, a retrouvé « des partitions de lui, écrites à la main »... documents qu’il conserve précieusement.

Martin Théberge a invité Danielle Oddera à chanter sur son album.

Danielle Oddera

Du temps où elle donnait des récitals, Lucille Dumont avait partagé la petite scène de la Place des Arts avec la chanteuse d’origine française Danielle Oddera. En 2004, celle-ci avait signé un album de reprises entièrement consacré à Sylvain Lelièvre, dont elle avait déjà endisqué plusieurs compositions, notamment en 1978, sur l’album Lettre sans adresse

D’où la présence de Mme Oddera, aujourd’hui octogénaire, sur le disque de Martin Théberge. Ils interprètent en duo Venir au monde, dont le vidéoclip, une semaine après sa mise en ligne, atteignait déjà 50 000 visionnements, se réjouit le chanteur, heureux de réussir à faire ainsi (re)découvrir Lelièvre.

Les prochains extraits, dit-il, seront consacrés à Tôt ou Tard, « parce que c’est un peu ce qui se passe en ce moment, avec les océans, le plastique et la pollution », et Toi l’ami

Martin Théberge compte en tirer dès la semaine prochaine deux vidéoclips — comme toujours réalisés par Movik Productions, la boîte de Bruno Labrie, conjoint et guitariste de la rockeuse franco-ontarienne Mélissa Ouimet.