Mario Pelchat et les prêtres font fureur avec leurs chants liturgiques.

Mario Pelchat et les prêtres en concert à Gatineau

Gatineau recevra bientôt les meilleurs vendeurs d’albums de 2018. Il ne s’agit pas de vedettes pop, mais des huit religieux du diocèse de Québec qui, à l’initiative de Mario Pelchat, ont prêté leurs voix à trois opus au succès divin.

Mario Pelchat et le chœur de prêtres, avec Sophia-Rose Boulanger (La Voix IV) et un orchestre dirigé par Christian Turcotte, offriront un moment de sérénité le mercredi 19 décembre à la salle Odyssée. L’appel aux fidèles a été entendu ; le spectacle affiche déjà « complet ».

Ce n’est pas tous les jours qu’on voit paraître de nouveaux albums de chants liturgiques. Ranimer ce créneau, pour Mario Pelchat, est un rêve caressé depuis la divine enfance. « J’ai commencé à chanter à l’église de ma paroisse quand j’avais neuf ans, a-t-il raconté au téléphone en début de semaine. Mon père faisait partie de la chorale et il n’y avait que des adultes qui en faisaient partie. Le directeur ne voulait pas prendre d’enfants ; pour lui, des enfants, ça voulait dire prendre plus de temps pour répéter, pour enseigner des harmonies vocales… »

Devant l’insistance de son père, le chef du chœur a cédé. « Non seulement il nous a trouvés bons, mais on nous a pris comme solistes. Et c’est un peu comme ça que notre carrière a démarré ! »

Mario Pelchat et les prêtres

Adolescents, Mario et sa sœur Johanne multipliaient les prestations dans et hors leur paroisse du Lac-Saint-Jean. Chaque été de son adolescence, tous les samedis et dimanches étaient occupés à chanter dans les églises et aux mariages. Dès qu’il a commencé à endisquer, le Mario Pelchat devenu adulte, les chansons de sa jeunesse étampées dans la mémoire, a annoncé à sa mère qu’un jour, il en ferait un album. « À 30 ans, je n’aurais pas assumé un tel projet. J’aurais fait rire de moi, de chanter avec des prêtres ! À 40 ans non plus. Maintenant, j’ai 54 ans et je n’ai rien à prouver. Quand on a passé la cinquantaine, on commence à se dire comme notre père nous a toujours dit : “Si tu ne vaux pas une risée, tu ne vaux pas grand-chose !” »

La préparation du premier album a enfin commencé début 2017. « L’une des raisons pour lesquelles j’ai décidé de le faire, c’est parce que ma mère avait été diagnostiquée d’un cancer. On a eu très peur de la perdre, s’est assombri M. Pelchat. Je me suis dit que ça allait lui faire du bien, et en effet, ça lui a fait du bien. Ça lui a fait plaisir, et ça l’a accompagnée pendant toute sa maladie. »

De la chaire à la scène

Des huit prêtres du projet, plusieurs n’avaient jamais reçu de formation vocale autre que pour prononcer certaines prières chantées. Contre tout conseil marketing, les prêtres ont pu présenter Agnus Dei à leurs paroissiens aux alentours de Pâques 2017. Les fidèles virent que cela était bon. Avec une Cène d’invités, leur deuxième album Noël ensemble fut enregistré à temps pour le temps des Fêtes de 2017.

Et le succès fut.

Le dernier gala de l’ADISQ, en novembre dernier, mettait en compétition dans la catégorie « meilleur vendeur » Agnus Dei, contre... Noël ensemble. Mario Pelchat et les prêtres contre Mario Pelchat et les prêtres. Des deux opus, c’est le premier qui a gagné, devant des albums de 2 Frères, Marc Dupré et Éric Lapointe. Et le troisième album, Quand les hommes vivront d’amour, approche les 40 000 ventes, un mois déjà après sa sortie. Alléluia.

Cette nouvelle tournée se veut un havre de paix dans la consommation effrénée du temps des fêtes. « Tout ce qui touche l’aspect commercial de Noël, ça prend beaucoup trop de place, a laissé tomber M. Pelchat, pour qui sa spiritualité ne le quitte jamais. Faire ce spectacle, et le faire pour mettre en lumière ces valeurs et l’avènement de Jésus-Christ, ça me nourrit et ça me fait du bien. »