Marc Dupré continue de travailler ses chansons en studio et d’en peaufiner les arrangements.

Marc Dupré, un homme nouveau

Trois-Rivières — Il ne faut pas chercher bien loin pour comprendre comment Marc Dupré s’est retrouvé aux plus hauts échelons de l’industrie de la musique québécoise. Il y a ses chansons qu’on entend beaucoup à la radio comme ailleurs, la visibilité dont il a profité au cours des dernières années grâce à l’émission La Voix, mais aussi sa personnalité franche, directe, enthousiaste qui crée une proximité immédiate, même en entrevue téléphonique.

Il ne faudrait pas négliger non plus l’énergie qui anime l’auteur, compositeur et interprète. Quand il s’est retiré du poste de coach à La Voix, c’était pour prendre plus de temps pour lui et se consacrer à sa famille. Ça ne l’a pas empêché de relever le défi de monter un spectacle d’envergure qu’il offrira au public gatinois au mois de mars.

Pourtant, Dupré considère sa décision de ralentir un peu sa vie professionnelle comme extraordinairement salutaire. « J’ai eu l’impression de retrouver une vie normale, plaide-t-il simplement. Je suis dans les parcs de soccer trois fois par semaine avec les enfants. »

« Quand les gens pensent à l’émission, ils ne voient que le rôle de coach le dimanche soir, mais c’est beaucoup plus prenant que ça. Il y a aussi l’après-Voix, alors que j’accompagne mes artistes, que je les conseille, que je leur donne des coups de main. C’est très prenant et moi, il n’était pas question que je fasse ça à moitié. »

Alors, bien sûr, il poursuit sa carrière parce que, dit-il : « Dans le monde du spectacle, on ne sait jamais quand le téléphone va arrêter de sonner. Il faut profiter des occasions quand elles passent. »

« Ce qui a été extraordinaire depuis quelques mois, c’est que j’ai pu voir plus clair dans tout ce qui m’arrive. Quand la carrière roule bien, tu rentres là-dedans tête baissée et ça va vite : tu n’as jamais l’occasion de prendre du recul. Là, j’ai pu faire un petit bilan, voir où j’en suis, ce que je veux faire, etc. Je me suis d’abord aperçu que c’était devenu nécessaire de ralentir un peu : j’étais rendu là dans ma vie. Et j’ai constaté que j’aime la musique, bien sûr, mais que j’adore faire des spectacles, aller voir les gens et chanter pour eux. »

« Il suffit que je fasse preuve de plus d’intelligence dans la gestion des horaires. Avec trois enfants de 17, 16 et 12 ans, il faut faire des compromis si on veut les accompagner dans la vie. L’ironie, c’est qu’en le faisant, ça m’a donné de nouveaux sujets de chansons. Rien que le titre de mon dernier album, La vie qu’il nous reste, ça dit beaucoup. C’est de ça que je parle. Non pas que je ne pense pas avoir une longue existence à venir, mais à 44 ans, je comprends qu’il faut aussi que je profite de tout ce que la vie m’offre d’extraordinaire, comme ma famille. »

Devenir meilleur

Être plus heureux a fait de lui un meilleur artiste. « Je n’en reviens pas de mon évolution au cours des sept dernières années. Ma relation avec le public a beaucoup changé : je suis devenu plus accessible. J’ai toujours eu une bonne relation avec les gens, mais là, je sens que c’est une authentique relation d’amitié. »

Cette affection des fans lui donne une confiance qui lui permet de donner à ses spectacles plus de spontanéité. « Je n’ai pas peur de me mettre en danger, d’un soir à l’autre. Je peux me tromper sur scène et je ne le cache pas. Les fans voient bien que je suis sincère et ils me pardonnent le faux-pas. Même que ça fait des spectacles plus vivants, plus chaleureux. »

« Ce n’est jamais gagné d’avance que le public va te suivre. Moi, j’ai l’impression très nette de recommencer à zéro à chaque fois que je monte sur scène. J’ai toujours conservé cette fraîcheur-là qui fait que je n’ai jamais été blasé. Les gens viennent au spectacle pour avoir du plaisir et j’en ai, moi aussi, de les voir là. »

POUR Y ALLER

Quand ? 23 mars, à 20 h

Où ? Maison de la culture de Gatineau

Renseignements : 819-243-2525 ; salleodyssee.ca