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Louis-Jean Cormier: le ciel est au plancher
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Louis-Jean Cormier: le ciel est au plancher
Le ciel est au plancher, c'est le quatrième album solo de Louis-Jean Cormier. Après un Quand la nuit tombe lancé dans les premiers jours de la pandémie, ce nouvel effort studio de l'auteur-compositeur s'inscrit dans une continuité, mais aussi dans une démarche de deuil et de retrouvailles.
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Louis-Jean Cormier: L’image du père

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Louis-Jean Cormier: L’image du père

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
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C’est un fait, la pandémie a permis à plusieurs de sauter sur les freins. Pour les créateurs, c’est même une évidence et Louis-Jean Cormier n’y échappe pas.

Avec la sortie de son quatrième album solo prévue pour le 16 avril, Cormier revient à la réalisation… et aux claviers. 

Disparues dans Quand la nuit tombe, un album sorti au début de la pandémie, les guitares sont toujours absentes sur la douzaine de pistes que présente Le ciel est au plancher.

Enregistré dans l’espace du studio Dandurand à Montréal — copropriété de Cormier —, l’album a été coréalisé avec François Lafontaine, complice de Louis-Jean Cormier depuis les premiers accords de Karkwa. 

Ce disque s’installe comme une suite au précédent, au travers de sonorités de jazz, mêlant les talents d’échantillonneurs du duo Cormier-Lafontaine et de la rythmique des percussions franchement « karkwesque » de Robbie Kuster.

Louis-Jean Cormier

Comme un film

L’album s’est construit lentement, suivant un storyboard dessiné par Louis-Jean, Lafontaine et Kuster.

« On a eu une approche cinématographique avec ce disque, confie au Droit l’auteur-compositeur. On a concocté l’album à trois, François, Robbie et moi. On a presque tout enregistré live pour ensuite ajouter les chœurs et les cuivres. D’ailleurs, ce fut une expérience extraordinaire avec les cuivres. »

La trame de l’album amène le public de Sept-Îles à Montréal. Louis-Jean Cormier explique ce voyage du nord au sud par le décès de son père et sa volonté de revenir aux sources.

« C’est le disque dont je suis le plus fier quant à la direction artistique, explique-t-il. On s’est fait un plan de match, on a visualisé un décor. Et on l’a bâtit comme un road trip, avec ce concept de géolocalisation qui s’inscrit d’ailleurs sur deux titres. »

Sur la chanson Marianne par exemple, les références s’entremêlent, faisant ainsi revivre sa « première blonde » tout en s’adressant à Rebecca, celle qui partage sa vie aujourd'hui. 

Comme le soleil de l’ouest derrière la fumée, Je voudrais qu’on arrête de se cacher, a-t-il écrit faisant ainsi état du dévoilement au grand jour de sa relation avec l’animatrice Rebecca Makonnen.

On y retrouve même un clin d’œil à Leonard Cohen, avec un petit bout de texte en anglais emprunté au classique de Cohen, So Long, Marianne.

« C’est la première fois que j’écris un texte en anglais et que je le chante », confie-t-il.

Bien entouré de sa garde rapprochée formée de Marc-André Larocque, Guillaume Chartrain, Alex McMahon, Daniel Beaumont et, bien sûr, François Lafontaine. Louis-Jean Cormier raconte la douleur de la perte de son père dans cet album.


« C’est le disque dont je suis le plus fier quant à la direction artistique. »
Louis-Jean Cormier, auteur-compositeur-interprète

Le deuil

Et, c’est avant tout à son père qu’il a voulu rendre hommage avec ce disque.

« Mon père est décédé en janvier 2020, il avait 85 ans, raconte l’auteur-compositeur. Je lui dois beaucoup dont certainement cette méticulosité dans mon travail et cette quête de la perfection qui peut rendre fou mon entourage. »

Louis-Jean décrit son père Marcel comme un homme de principe, de musique et de cœur. 

« Depuis son départ, je ressens de plus en plus sa présence, croit-il. Son décès m’a mis dans les mains cette quête sur la vie que j’ai traduite sur le disque avec l’aide de mes camarades. »

La démarche du deuil est inscrite en lettres majuscules dans cet album, et Cormier l’avoue d’emblée. 

« C’est certain que la perte de mon père fut un déclencheur pour l’écriture de ces chansons-là, avoue-t-il. Mais, c’est également une démarche qui fait suite à Quand la nuit tombe que nous avons sorti il y a un peu plus d’un an. »

Louis-Jean Cormier était en spectacle au Théâtre Granada de Sherbrooke, jeudi dernier.

L’esprit de groupe

Sur cette longue balade entre le ciel et la terre, on est accompagné par le piano de Cormier, le Wurlitzer et les synthés de Lafontaine ainsi que la trompette d’Andy King et le saxophone d’Erik Howe, deux « Anglos de l’Ouest » qui ont été invités à participer à la production de l’album par François Lafontaine.

« Avec Erik et Andy, on s’est un peu éloigné de notre clique habituelle, ajoute Cormier. Ce sont deux références de François. Il les a invités à se joindre à nous, et ils ont accepté sans savoir trop dans quoi ils s’embarquaient. On leur a fait entendre les maquettes et on a ensuite passé deux jours à enregistrer tout ça, sans aucune partition. On voulait laisser place à l’improvisation surtout parce qu’on avait envie de jouer dans des zones plus jazz. Finalement, on ne s’est vraiment pas trompé. »

Le ciel est au plancher est un album accompli, qui s’accroche à un fil conducteur qui s’étire jusque dans l’intimité de son auteur-compositeur. 

Dans ce qui pourrait, à la première écoute, se révéler du chaos, surgit un grand sentiment d’apaisement.

On applaudit aussi l’idée d’y avoir mis à profit la voix de Marie-Pierre Arthur. On peut l’entendre sur plusieurs titres dont 138, L’ironie du sort et Les lignes de ta main.

Enfin, cette touche de jazz en filigrane surprend, sans doute un peu, mais nous rapproche d’une perfection signée Cormier.

Louis-Jean sur son 360

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Louis-Jean sur son 360

Mario Boulianne
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« Le 360, c’est comme faire le tour de ce que le monde des arts peut offrir. »

Au début de la pandémie, Louis-Jean Cormier laissait germer l’idée d’une plateforme web axée sur la création artistique et ses créateurs.

Avec le lancement de Le 360 en mars dernier, ce beau rêve est devenu réalité, et ce, au cœur même du studio qu’il a bâti, rue Dandurand, à Montréal.

Appuyé par l’équipe de Les yeux boussoles, le réalisateur Alex Doucet et de nombreux amis-collaborateurs, Louis-Jean y propose un tour d’horizon riche et intime de son univers musical et de ceux d’artistes qui l’inspirent. 

« C’est comme une activité de fan club, sans être un fan club, tente-t-il d’expliquer. J’ai des fans partout dans la francophonie et même ailleurs qui veulent accéder à mon contenu, des trucs que j’ai fait à la télé ou à la radio. Avec Le 360, je peux rendre accessible tout ce contenu et encore plus. »

Au fil des ans, avec la série Microphone présentée à Télé-Québec, Cormier a reçu des dizaines d’artistes venus ainsi revisiter de grandes chansons québécoises. Même chose à la radio où il a animé La Chaîne musicale sur les ondes de Radio-Canada. À chaque fois, derrière le micro ou devant la caméra, il mettait en valeur le talent d’ici.

Au menu des six chaînes de Le 360, des collabos, des rencontres  — dont celles savoureusement intéressantes avec Philippe Farlardeau, Maude Landry et Mehdi Boussaidan —, des classes d’artisans et  des moments en coulisses. 

« Le 360, c’est l’envie d’être libre, d’être maître à bord, de créer un terrain de jeu numérique indépendant, autosuffisant et fabriqué ici », précise l’artiste. De plus, pour chaque abonnement, 1 $ sera remis à l’organisme Jeunes musiciens du monde dont Louis-Jean est le nouveau porte-parole.

«On est loin de nos objectifs d’abonnement en ce moment, mais le travail se fait, lentement, mais sûrement», espère-t-il.

Une immersion totale donc, pour le ou la curieuse de musique et de création artistique qui voudra se laisser inspirer ou simplement se plonger dans une mer de connaissances, autant avec l’auteur-compositeur qu’avec plusieurs artistes de grand talent qui visiteront Le 360 de Louis-Jean Cormier.

... et Karkwa

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... et Karkwa

Mario Boulianne
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Et qu’en est-il de Karkwa ?

Une question facile et nécessaire, lorsqu’on discute avec Louis-Jean Cormier.

Et la réponse ne vient pas aussi rapidement que prévu. On le voit esquisser un sourire, faire une pause et lancer : « on travaille (toujours) sur quelque chose », avoue-t-il, hésitant à se compromettre.

Étant copropriétaire du studio Dandurand avec quelques-uns de ses camarades du mythique groupe, il y a là une liberté de créer qui n’implique rien d’autre qu’un peu de disponibilité

« On a tous, chacun de notre côté, un agenda relativement chargé, explique-t-il. On a des trucs en chantier, mais on n’a surtout pas d’échéancier. Si l’album arrive, il arrivera, mais à son rythme. »

Lors du lancement de sa plateforme Le 360, on a pu assister à une séance d’enregistrement où les membres de Karkwa étaient réunis dans le studio montréalais.

On a pu les observer dans un moment de création et, devant la caméra et à micro ouvert, Louis-Jean Cormier a lancé un « pourquoi pas » bien senti.

« C’est certain que de retrouver ces gars-là, ça fait un bien énorme, ajoute-t-il. C’est facile de travailler avec eux, de se laisser inspirer. Je crois sincèrement qu’on est sur le point d’arriver avec un projet signé par Karkwa. »

À suivre...