Cher est la seule artiste au monde à avoir placé une chanson à la première place du palmarès américain Billboard dans chacune des six dernières décennies.

L’infatigable Cher à Ottawa

On la surnomme la « Déesse de la musique pop » ou l’« impératrice de la pop ». Mais ce ne sont là que les plus élogieux des nombreux sobriquets que Cher a collectionnés au cours de son impressionnante carrière.

En référence aux multiples rebondissements de sa carrière, Cher ayant artistiquement réussi, tel le phœnix, à renaître des cendres auxquelles on l’avait condamnée, les médias l’ont aussi baptisée « la Reine de la réinvention » ; voilà qui est gentil. Et « la reine du comeback » ; voilà qui l’est moins.

Cher l’impératrice s’apprête à fouler les planches du Centre Canadian Tire, mercredi 24 avril 2019. L’arrêt s’inscrit dans le cadre de la tournée Here We Go Again... (« Nous revoilà ! » ou « Ça recommence ! ») qui constitue son premier tour de piste canadien en cinq ans.

Cher y entremêle ses grands succès, pigés dans l’un ou l’autre de ses 26 albums studio – et plusieurs des chansons de Dancing Queen, son plus récent disque, sur lequel elle rend hommage au groupe ABBA.

La revue Billboard a calculé que l’increvable Cher est la seule artiste au monde à avoir réussi l’exploit de voir une de ses chansons se hisser à la première place du palmarès américain dans chacune des six dernières décennies (depuis les années 1960 aux années 2010, donc). Pas un mince exploit ! La contralto est aussi une des rares artistes à avoir obtenu le « grand chelem » du showbusiness américain, en récoltant au fil de sa carrière au moins un Emmy (le plus prestigieux des trophées de l’industrie télévisuelle des USA), un Grammy (idem, pour la musique), un Oscar (cinéma), et un prix Tony (comédie musicale).

Comédienne oscarisée

L’Américaine est donc une comédienne comblée. On a tout récemment pu la voir dans le film Mamma Mia 2, et, aujourd’hui, on l’associe essentiellement à la comédie. À tort. Cher est, avec Barbra Streisand, la seule lauréate de l’Oscar de la meilleure actrice à avoir aussi atteint la première position du palmarès Billboard, rappelle le site spécialisé IMDB.

Son Oscar, elle l’a remporté en 1988 pour sa prestation dans Moonstruck, de Norman Jewison. Quatre ans plus tôt, Cher avait raté de peu sa première occasion de remporter la statuette – cette fois, l’Oscar de l’actrice de soutien, grâce au film Silkwood, dans lequel elle donnait la réplique à Meryl Streep et Kurt Russell.

Et à la même époque (en 1985), elle brillait dans Mask, et arrachait le prix d’interprétation féminine au Festival du film de Cannes. Elle y tenait le rôle d’une mère dont le fils (campé par Eric Stoltz) était atteint d’une rarissime déformation osseuse, la dysplasie craniodiaphysaire. Un rôle qu’elle a pris au sérieux non seulement sur le plateau, mais aussi dans la vie, puisqu’elle est devenue porte-parole (honoraire) de la Children’s Craniofacial Association – en plus d’occuper des fonctions au sein de divers organismes caritatifs ou humanitaires.

Encore tout récemment – en décembre dernier – Cher était récompensée d’un Prix du centre Kennedy, au côté du pianiste et compositeur Philip Glass, et de la vedette country Reba McEntire, et du saxophoniste jazz Wayne Shorter. Les Kennedy Center Honors sont remis chaque année à des personnalités s’étant illustrées dans le domaine des arts et de la culture.

La star est également coproductrice de The Cher Show, une comédie musicale hagio-biographique présentée à Broadway (lire autre texte) et poursuit, en marge de sa tournée internationale, une série de spectacles en résidence à Las Vegas.

Après sa tournée d’adieux Living Proof – Farewell Tour (2002-2005) la supervedette est entrée dans le Guinness des records, pour la tournée la plus lucrative jamais effectuée par une femme. En 2002, la revue Rolling Stone estimait sa fortune à plus de 600 millions $. Pas mal, pour une fille de trucker...

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CHERCHEZ CHER...

En marge de sa tournée mondiale, Cher fait ces temps-ci la promotion de la comédie musicale The Cher Show. Ce musical – que la chanteuse 72 ans coproduit – retrace sa propre carrière.

La trame narrative de The Cher Show suit le parcours biographique de « Cherilyn Sarkisian La Piere Bono Allman », rapidement rebaptisée « Cher » par ses amis. Le récit signée Rick Elice est bien sûr ponctué d’une vingtaine des grands succès de Cher.

On y revisite la période « Cher & Sonny » Bono, de 11 ans son aîné. Le duo artistique derrière I Got You Babe connaîtra le succès, mais aussi des années de vaches très maigres – jusqu’à l’éclatement du tandem, en 1979, qui ouvrira à Cher les portes d’une glorieuse carrière solo.

À Broadway, le rôle de Cher y est réparti à travers trois chanteuses, qui incarnent la vedette à différentes époques de sa vie. Mais chacune de ces trois interprètes – Micaela Diamond, Teal Wicks et Stephanie J. Block – incarne aussi une facette de Cher – révélée par le nom de leur personnage : Babe, Lady, et Star.

Et Cher, la femme derrière le personnage, se dessine peu à peu, couche à couche, à travers les portraits esquissés de : l’adolescente partie écumer les scènes du Sunset Boulevard ; la vedette télévisuelle de la grande époque du glam ; l’actrice qui voulait qu’on la prenne au sérieux ; la businesswoman se targuant d’avoir vendu plus de 100 millions de disques à travers la planète ; la légende des planches qui n’a jamais perdu son « épouvantable trac » ; la star oubliée mais jamais déchue, et toujours réhabilitée ; la femme en quête d’amour ; la rebelle tatouée, la mère dyslexique, la fashionista volontairement victime de la mode et la croqueuse d’hommes qui fit les manchettes de la presse à potins.... 

« Elles sont toutes là, au centre du Cher Show, toujours habillées comme des reines, à parler sans détour et à chanter à gorge déployée », indique l’affiche.

Le musical a pris l’affiche à Broadway en décembre 2018, après avoir été rodé à Chicago en juin 2018.

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POUR Y ALLER

Quand? Le 24 avril, à 19h30

Où? Centre Canadian Tire

Renseignements : canadiantirecentre.com ; ticketmaster.ca ; 1-877-788-3267)