Jean-Pierre Ferland parle de son dernier album intitulé «Toutes les femmes de ma vie».

L’éternelle quête d’amour : les femmes dans la vie de Jean-Pierre Ferland

Non, toutes les femmes qui ont jalonné la vie de Jean-Pierre Ferland ne se retrouvent pas « toutes » sur le nouvel album du chanteur, intitulé «Toutes les femmes de ma vie».

Ce disque réunit onze femmes qui réinterprètent, en duo avec Ferland, dix des chansons du chanteur. À une exception près : Que veux-tu que je te dise ?, qu’il chante en trio avec sa muse et compagne, Julie-Anne Saumur, et Mélissa Bédard. Les deux femmes sont aussi ses deux choristes, sur scène.

« Depuis le début de ma vie d’artiste, je chante pour des femmes. Je me suis dit que ce serait extraordinaire, si elles me répondaient aujourd’hui », lance le chanteur de 84 ans.

Il manque plusieurs voix féminines incontournables. Ginette Reno, en premier lieu, brille par son absence.

On lui demande pourquoi. « Ginette est fâchée avec moi », répond Jean-Pierre Ferland, qui était de passage à Ottawa-Gatineau le lundi 5 novembre, pour bavarder avec les médias de ce disque paru le 5 octobre dernier.

« Elle m’avait demandé de lui écrire une chanson pour son album qui vient de sortir [À jamais]... et j’ai oublié », poursuit-il. Du coup, « Ginette boude ».

Reste que ce disque aligne, à défaut de sa célèbre maîtresse, des ‘conquêtes’ (vocales) de fort beau calibre : Céline Dion (qui reprend leur classique Une chance qu’on s’a) Isabelle Boulay, Lara Fabian, Nanette Workman et Luce Dufaut, sans oublier Florence K., Marie-Ève Janvier, Diane Tell et la plus récente lauréate de La Voix, Yama Laurent.

Ceux qui veulent entendre Jorane, Marie-Élaine Thibert ou Natasha St-Pierre devront replonger dans le disque Bijoux de famille, compilation de duos avec Ferland qui date de 2009. Quant aux fans qui souhaiteraient entendre ses partenaires de France, telles Nana Mouskouri, « qui a enregistré ma toune Je reviens chez nous en sept langues », Mireille Mathieu, avec qui il a « très souvent » chanté, ou encore Charlotte Gainsbourg, qui a repris Le chat du café des artistes (sur son album IRM), n’ont plus qu’à espérer un éventuel volume 2.

Bien sûr, l’exercice ne consistait pas à les faire chanter « toutes », mais à rendre hommage à cet Éternel féminin qui nourrit toute l’œuvre de Ferland.

Chanter pour séduire

« Toutes les femmes de ma vie m’ont fait comme je suis », chante Jean-Pierre Ferland (en solo) sur Une femme extraordinaire, qui clôt l’album. N’y voyons pas le fruit du hasard.

Sur son nouvel album, Jean-Pierre Ferland propose dix chansons interprétées en duo avec des femmes.

Car toute la carrière de Ferland repose à la base sur une irrépressible « envie d’être aimé ». « Je ne suis pas beau. Jeune, déjà, je n’étais pas beau. Un jour, je me suis demandé ‘Comment je vais faire pour séduire les filles, avec la gueule que j’ai ? Il faut que j’essaie d’être intéressant’. Alors, j’ai lâché mon emploi – j’étais annonceur à Radio-Canada – et je suis devenu chanteur, pour qu’on s’intéresse à moi », expose-t-il. « Si je suis devenu artiste, c’était pour plaire. Pour l’Amour. J’ai fait ce métier-là pour être aimé ».

Et si ce « séducteur » n’a pas réussi à prolonger sa retraite – qu’il avait officiellement prise en 2007 – il y a encore une femme là-derrière : « Un jour, une dame m’a abordé à l’épicerie, pour me demander de revenir... » à la scène. Tout est devenu soudain très clair : lui non plus ne voulait pas vivre loin du public et de l’amour qu’il lui voue. « Le son des applaudissements, c’est de la magie. C’est... de la musique parfaite. » Alors, « à moins que je devienne très malade, je sais aujourd’hui que je ne dirai plus jamais "Je pars !" »

« Un plat de desserts »

« Mais encore fallait-il revenir sous de nouvelles couleurs », convient M. Ferland. « Ce disque est un accident. Un très bel accident » initié par André Leclair, son directeur et réalisateur. « Ce serait merveilleux si vous pouviez refaire vos chansons avec des femmes », a-t-il proposé.

« Avec mon équipe [Musicor], on est une grande famille. Tout le monde a pitché des idées, en proposant des noms qu’ils voyaient chanter telle ou telle chanson.

Pour moi, ce disque est un plat de desserts formidable, parce que ce sont mes chansons favorites. Je leur suggérais mes préférées, en me disant que ce serait merveilleux de pouvoir offrir à ces chansons la possibilité d’une seconde vie. »

Liberté et indépendance 

La répartition n’a donné lieu à aucune séance de crêpage de chignon. « J’ai fait 450 chansons... y’avait le choix », répond-il, sourire aux lèvres.

Et les chanteuses ont eu « toute » latitude en studio.

La plupart des chansons ont été enregistrées en trois jours.

Le premier jour, Ferland enregistrait sa voix ; le second, c’était au tour d’une de ses muses. Lors de la troisième session, il était prévu que Ferland vienne apporter ses éventuelles modifications.

Mais, en découvrant les voix, il se retrouvait en face de propositions décalées, si « intéressantes » ou si « bonnes » qu’il a préféré à chaque fois revoir sa partition à lui, plutôt que de corriger ses muses indépendantes.

Quitte à se réenregistrer carrément, par exemple sur Sing Sing, fouettée par Nanette Workman. « Nanette avait décidé de chanter sur mes parties, avec beaucoup de grooves. La seule solution, c’était de recommencer, pour accoter ses grooves. Au passage, l’album dresse des portraits coquins de femmes fortes (Les courtisanes, en compagnie de Florence K.) et ‘féminise’ le regard – dans Sing Sing, c’est Nanette Workman (et non plus le détenu)qui endosse l’attente, pendant que l’homme croupit en prison.

Deux concerts

Une version scénique se prépare (à Montréal le 6 février et à Québec le 9), mais une tournée est difficilement envisageable pour l’instant, vu le nombre des participantes, et leurs agendas chargés.