Joffré Charles en spectacle à la gargouille.

Les Voix de l’Outaouais

Encore cette année, l’Outaouais a une bonne représentation sur le plateau de La Voix. Quatre artistes ont fait tourner les chaises des coaches et prendront part aux Duels à compter de dimanche. Joffré Charles et Michaela Cahill s’aligneront avec l’équipe de Marc Dupré alors que Flora Stein et Andy Bourgeois ont choisi Pierre Lapointe comme coach. Le Droit vous propose une rencontre avec ces quatre artistes.

Joffré, un coup de chance

En chanson comme dans la vie, il suffit bien souvent d’un petit coup de chance pour que le vent souffle du bon côté.

C’est comme ça que le Gatinois Joffré Charles a décrit son passage très remarqué à La Voix.

«Bien souvent, en musique, tu as l’impression de travailler dans le vide, de faire tous les efforts sans pour autant avoir un retour sur ton travail, a-t-il confié au Droit quelques jours avant le début des Duels. Quand je me suis présenté sur le plateau de La Voix, mon désir était de voir une chaise se retourner. Mais là, ce fut les quatre coaches qui ont frappé sur leur gros bouton rouge.»

La prestation de Joffré, qui a choisi l’équipe de Marc Dupré, a littéralement charmé le Québec. Son interprétation de la pièce Someone You Loved de Lewis Capaldi a même été qualifiée par les producteurs de La Voix comme le moment marquant de cette première soirée des auditions à l’aveugle.

Malgré son jeune âge, il a eu 23 ans le 1er mars, Joffré roule sa bosse depuis quelques années. En 2018, il a pris son sac à dos et s’est envolé pour Londres, en Angleterre. «Ce fut quatre mois de ressourcement et d’écriture, raconte-t-il. Ça m’a fait du bien, mais à mon retour, je ne savais pas trop où était ma place.»

Avec son passage à La Voix, il est clair qu’il a trouvé sa place et elle est sur une scène. En couple avec Raphaëlle Roy (La Voix 2019), il s’est remis à l’écriture. «Raphaëlle a un talent fou, elle est forte et elle sait très bien où elle s’en va, a-t-il confié. C’est clair que nous avons des plans, mais pour l’instant, toute mon énergie est mise sur La Voix

Joffré va s’attaquer aux Duels avec la même attitude, mais avec aussi une envie d’en montrer encore plus.

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Flora Stein

Flora, les deux pieds sur terre

Dire que Flora Stein a les deux pieds sur terre est un euphémisme. L’horticultrice a réussi à se tailler une place pour les Duels de La Voix en séduisant Pierre Lapointe lors de la dernière soirée des auditions à l’aveugle.

La Gatinoise, qui habite maintenant Montréal, y est allée d’une interprétation quasi théâtrale de la pièce Masterpiece. «Je voulais montrer l’étendue de ce que je peux faire sur une scène, confiait la chanteuse. Après plusieurs tentatives aux préauditions, c’était enfin mon tour. Je ne voulais surtout pas rater ma chance aux auditions à l’aveugle».

Issue d’une famille de musiciens, Flora n’en est pas à ses premiers pas dans les concours de chansons. On a pu la voir dans diverses éditions de Secondaire et Cégep en spectacles. Elle a aussi eu un premier contact avec le public du Québec dans le cadre de l’émission Un Air de famille, présentée à Radio-Canada.

Plusieurs se souviendront du passage de la famille Flores. C’était en 2013.

«Cette fois, je me lance, toute seule. Il a fallu que je garde le secret tellement longtemps sur mon passage à La Voix. Ça devenait insoutenable», a-t-elle confié non sans un grand éclat de rire.

Pour Flora, son emploi au Jardin botanique de Montréal lui permet de rester bien «groundée» et de se concentrer sur les valeurs qui lui tiennent à coeur.

«Dans mon travail, je suis entourée de gens très terre-à-terre, et ça me fait du bien, avoue-t-elle. Je crois que ces expériences me permettront de bien vivre l’aventure de La Voix qui, je dois l’avouer, est une très grosse scène. Sans doute le plus important tremplin au Québec.»

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Andy Bourgeois

Andy, les bonheurs du hasard

On dit souvent que le hasard fait bien les choses. Et on ne pourrait mieux dire dans le cas de Andy Bourgeois qui s’est embarquée dans l’aventure de La Voix un peu par hasard.

«J’étais de passage à Québec et c’est à ce moment que j’ai vu qu’il y avait les préauditions dans un hôtel, se rappelle la Gatinoise. Je me suis présentée là et à ma grande surprise, tout s’est passé très rapidement. Au bout d’une heure, j’avais fait mon audition et j’étais repartie. Ce n’est que quelques semaines plus tard que j’ai su que j’étais sélectionnée pour les auditions à l’aveugle.»

La camionneuse de 20 ans n’a pas mis de temps à faire tourner les quatre chaises lors de son interprétation de Love is a Lie, de Beth Hart. Et c’est à Pierre Lapointe qu’elle confie le reste de son aventure.

«Je voulais vraiment en mettre plein les oreilles aux coaches, mais j’avais une vilaine grippe. Je ne savais même pas si je pouvais chanter, avoue-t-elle. J’ai pris un suppositoire et j’ai chanté la toune. Ce n’était pas parfait, mais je pense qu’ils (les coaches) ont aimé ça!»

Andy Bourgeois ne vient pas d’une famille de musiciens, mais elle a la musique dans le sang depuis son plus jeune âge.

«Je chante depuis toujours. Ma mère a voulu me faire prendre des cours de chant quand j’avais 8-9 ans. J’étais en maudit parce que je pensais qu’elle voulait que je prenne des cours parce que je chantais mal», lance-t-elle dans un grand éclat de rire.

C’est à son entrée à l’école secondaire Nicolas-Gatineau et sa rencontre avec le professeur de musique Jean-François Robillard que tout s’est enclenché.

«Je me suis mise à écrire des chansons et jouer plusieurs instruments. J’ai pris la guitare, le piano, la clarinette et je me suis même assise derrière la batterie et jouer de la contrebasse. Je pourrais même faire un album complet, lance-t-elle mi-sérieuse.

La jeune fille originaire de Saint-André-Avellin en aurait eu encore long à dire, mais, s’excuse-t-elle, «je suis au garage et là, je t’avoue que je manque de concentration pour te parler!»

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Michaela Cahill

Michaela, sans pression

Pourquoi se mettre de la pression quand on a juste à s’amuser. C’est de cette façon que Michaela Cahill, originaire de Fort-Coulonge, a abordé son audition à l’aveugle à La Voix.

«J’avais très hâte de monter sur la scène, de chanter et surtout de m’amuser, a confié la chanteuse lorsque jointe par Le Droit. Honnêtement, je n’avais pas de plan ni d’attente en me présentant aux auditions. Je voulais seulement faire de mon mieux et, ce que je fais de mieux c’est de chanter.»

La jeune mère de deux petites filles a immédiatement séduit les juges, et surtout Marc Dupré, avec son interprétation de Never Tear Us Apart, de INXS.

«C’est vraiment une expérience unique de participer à La Voix, lance-t-elle sans hésiter. Chanter pour moi est une seconde nature. Je le fais naturellement et ça me rend simplement heureuse.»

Bientôt engagée dans les Duels, la jeune maman va manquer un peu de temps pour satisfaire ses fans alors que ces sorties sur les petites scènes de la région se feront plus rares.

Elle sera quand même sur la scène de La Gargouille, boulevard St-Joseph à Hull, mercredi prochain, pour un dernier concert qu’il offrira avec son guitariste René Bertrand.

Pour les Duels, Michaela compte bien élever son niveau de compétition. «Je vais assurément en mettre une coche de plus, dit-elle avec ce petit accent anglophone qui trahit ses origines. Je sais que ces moments ne dureront pas éternellement alors, je vais en profiter au maximum, peu importe ce qui arrivera pour la suite des choses».