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Sarah Dion, Raphaëlle Chouinard et Lisandre Bourdages, du power trio Les Shirley
Sarah Dion, Raphaëlle Chouinard et Lisandre Bourdages, du power trio Les Shirley

Les Shirley : et que ça rocke!

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
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Elles sont trois. Et elles rockent sur un moyen temps. Entrez ici dans l’univers du power trio Les Shirley. Au micro et au chant, à la basse et à la batterie, elles connaissent le métier. Et elles ne s’en laissent pas imposer, comme l’illustre l’album Forever is Now.

Les Shirley, c’est Raphaëlle Chouinard (voix, guitare), Sarah Dion (basse) et Lisandre Bourdages (batterie). Elles ont poussé au son des années 90. Mais où étaient les femmes maniant la six cordes ou les baguettes pendant leur jeunesse?

«Moi, quand j’étais jeune, je trouvais qu’il manquait de représentation féminine dans la scène punk rock. Je tripais sur des power trio comme Blink-182. C’était toujours des groupes de gars», résume Raphaëlle Chouinard. Elles sont trois amies. Elles travaillent (quand la pandémie ne leur met pas des bâtons dans les roues) dans diverses formations musicales. Elles se sont réunies pour créer de la musique assez spontanément.

Au bout du fil, Raphaëlle Chouinard et Sarah Dion racontent que tout s’est joué en une seule répétition. La deuxième maîtrisait déjà la batterie (notamment aux côtés d’Émile Bilodeau)… Tout comme sa consœur Lisandre. Sarah Dion a donc appris à jouer de la basse pour les besoins de la cause.

En deux temps, trois mouvements, une première chanson était composée et le nom du groupe était choisi. Shirley était déjà pour elles un surnom affectueux. Voilà qu’il coiffe leur album, qui remet au goût du jour des sonorités chères aux ados des années 90.

«C’est ce qu’on souhaitait, note Raphaëlle Chouinard. D’avoir un son actuel, mais qui rappelle ce qu’on écoutait dans notre jeunesse.»

Comme influences féminines, elles parlent de Hole, de Paramore ou de Melissa Auf Der Maur. Plus près d’ici, ce sont les noms de Marie-Mai ou d’Andrée Watters qui résonnent. «Mais c’était souvent des projets portés par des gars, même si c’était une chanteuse à l’avant-plan», notent-elles.

Un power trio de femmes, c’est bien beau. Les Shirley sont fières de l’étiquette. Mais elles n’en font pas un combat. Elles sont des musiciennes professionnelles avant tout. Et le projet est davantage ancré dans l’amitié et le plaisir de faire de la musique ensemble. Mais elles sont conscientes de l’image qu’elles projettent. Encore une fois, la question de la représentativité revient.

«On veut que les jeunes filles et les jeunes garçons se disent que ça se peut! Je peux être une drummeuse, je peux être une bassiste. Peu importe l’âge, le sexe ou l’ethnicité de la personne, ça se peut. Mais à la base, c’est juste un trip de gang», note Sarah Dion.

En studio, accompagnées par Marc Chartrain et Simon Kearney, Les Shirley ont convié Pascale Picard, une «idole» de jeunesse. L’occasion ici d’une parenthèse acoustique au cœur d’un album plus pesant.

«Ça s’est vraiment fait tout simplement, tout naturellement, évoque Raphaëlle Chouinard. On vient de la même place, on chante en anglais. Ça s’est placé vraiment rapidement.»

Forever is Now se déploie comme une dose de vitamines. C’est ce que Les Shirley souhaitaient. «C’est un peu ça, reprend la chanteuse. C’est l’urgence de vivre, de se rassembler. La pandémie nous a enseigné beaucoup de choses. C’est tellement humain de vouloir partager. De vivre des émotions ensemble. La musique est un art vivant.»