La carrière du ténor gatinois Steeve Michaud est en plein essor.

Les plus grands airs d'opéra avec Steeve Michaud

La salle Odyssée prendra jeudi des airs de maison d’opéra, le temps d’une soirée lyrique aux allures de gala.

Six solistes de calibre international partageront la scène pour partager une vingtaine d’extraits des plus grands airs d’opéra, de La Bohème à Werther, en passant par Carmen, Les Contes d’Hoffmann, La Traviata, Tosca, Roméo et Juliette, La Damnation ou La flûte enchantée, entre autres. « Ce sera une soirée complètement magique. On va vraiment présenter les plus grands hits ! » promet l’instigateur de cette soirée, le ténor gatinois Steeve Michaud.

Affichant sa « volonté de développer une série de spectacles en musique vocale », le directeur général de la Maison de la culture, Steve Fournier, « m’a un peu donné carte blanche », se réjouit le ténor.

Autour de lui, seront réunis le baryton-basse Jeffrey Carl, les mezzo-soprano Geneviève Lévesque et Julie Nesrallah, ainsi que les sopranos Raphaëlle Paquette et Caroline Bleau.

Démocratique

Leurs voix se déposeront non pas sur le souffle épique d’un orchestre symphonique, mais sur les chuchotements d’un piano et d’un violoncelle, respectivement tenus par Frédéric Lacroix et Valérie Despax, tandis que des projections vidéo « évocatrices » ajouteront à l’ambiance et à l’exotisme, en guise de décors. « Je ne veux pas présenter ça comme un gala statique. On invite les gens à voyager un peu... »


« Les gens qui se disent : “L’opéra, ce n’est pas pour moi...” C’est pour eux l’occasion idéale de réessayer ! »
Le ténor gatinois Steeve Michaud

Pas de costumes non plus. Et nul besoin de surtitres, puisque de nombreuses pièces sont en français, et que « tous les extraits du répertoire italien sont très faciles à saisir. C’est un peu comme un film de Charlie Chaplin : on comprend tout, même si c’est muet », rappelle Steve Michaud, ravi d’ajouter ainsi ainsi sa petite pierre à l’effort de démocratisation de l’art lyrique en Outaouais.

Le gala s’adresse tant aux férus d’opéras qu’aux néophytes, qui ont là une occasion en or de se familiariser davantage avec ces grands airs connus de tous, souligne le ténor. Son éventail, il l’a voulu le plus large possible : « L’idée, c’était de présenter des artistes de très grands talents, qui ont une carrière internationale », et qui puissent offrir « toutes sortes de répertoires ».

« Je tenais à ce qu’on couvre l’ensemble de la musique lyrique, du baroque au post romantique, tout en gardant une certaine cohérence et en s’assurant d’offrir les greatest hits auxquels les gens s’attendent » dans de telles circonstances.

« Ceux qui ne connaissent pas la musique classique » utilisent le terme pour « résumer 500 ans de musique », alors qu’ils peuvent facilement citer une dizaine de courants différents qui ont marqué la musique contemporaine.

« C’est comme si on assimilait 500 ans dans l’expression “musique classique”, avant de dire “j’aime” ou “j’aime pas”. C’est un peu simpliste », estime-t-il, convaincu que ce gala aidera » le grand public à mieux saisir les finesses du bel canto. « Les gens qui, pour toutes sortes de raisons, se disent : “L’opéra, ce n’est pas pour moi...” C’est pour eux l’occasion idéale de réessayer ! »

Ses invités, il les a choisis lui-même parmi ceux qu’il a côtoyés sur scène et/ou qu’il admire : « C’est une brochette d’artistes assez exceptionnelle » et versatile, insiste-t-il en rappelant que Caroline Bleau a participé à la création d’Another brick in the Wall, la version opératique du Wall de Pink Floyd ; que Raphaelle Paquette était la voix de Cristal de Starmania Opera ; que Julie Nesrallah, native d’Ottawa, poursuit une double carrière d’animatrice à l’antenne de CBC Radio 2 à Toronto ; et que les voix de Geneviève Lévesque et de Jeffrey Carl brillent jusqu’en Europe. Tout comme l’étoile de Steeve Michaud, dont le calendrier est rempli sur un horizon de trois ans.

Sa carrière est en plein essor. Il est sollicité par les opéras de Montréal et de Québec. On le demande régulièrement dans l’Ouest canadien et aux États-Unis, parfois au pied levé. Il est « souvent en déplacement à New York et à Paris », où officient ses maîtres et formateurs en chant classique, Raphaël Sikorski et David L. Jones, au centre d’une équipe artistique qu’il considère comme sa « garde rapprochée ».

Et il commence à rayonner en Europe, surtout depuis qu’il a réussi « l’exploit » de se « dénicher un agent à Vienne, plaque tournante de la musique classique mondiale », un marché « très pointu » où il est très difficile de percer.

Analekta

En outre, le résident de Cantley a récemment conclu une entente avec la plus grosse étiquette de disques canadienne spécialisée dans le classique : Analekta. S’investissant à long terme, le label soutiendra le chanteur sur une série de quatre disques, ce qui est considérable.

« C’est un grand honneur et un immense highlight dans ma carrière, parce qu’ils doivent recevoir 200 candidatures par mois, et qu’ils ne signent en moyenne qu’un artiste par année. Ça me donne une chance de développement inespéré », tant sur les marchés européen qu’américain, voire « jusqu’en Asie ».

C’est d’abord la promesse d’une distribution à grande échelle, avec une étiquette de haute tenue, dont la réputation lui autorise « des sorties qui peuvent accoter » les énormes joueurs que sont Decca Classics et Deutsche Grammophon, se réjouit l’artiste.

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POUR Y ALLER

Quand? Le jeudi 7 février 2019, 20 h

Où? Maison de la culture de Gatineau

Renseignements : 819-243-2525 ; salleodyssee.ca