La voix du Torontois Afie Jurvanen évoque la nonchalance d’un Jack Johnson.

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CRITIQUE / Après s’être fait remarquer en assurant les premières parties de Wilco, Bahamas a pris son envol et nous revient en grande forme avec ce quatrième opus, Earthtones.

Bahamas

Earthtones

***½

La voix du Torontois Afie Jurvanen évoque la nonchalance d’un Jack Johnson mais il ne faudrait pas s’y méprendre : la trame de fond est bien plus orageuse, blessée d’amours déçus, naviguant de « No expectations » à « No depression. » 

Comme si le groupe avait soudainement réalisé que le bonheur se conjugue plus couramment aux émotions plaintives. Ici la réalité sombre n’a pas donné d’autres choix que de prendre le parti de la résistance et de la réinvention. 

Le premier extrait No wrong laisse apparaître un chant ténébreux qui implore la lumière. Il faut aller jusqu’au bout de l’album pour atteindre « Any place », où la langueur et les notes graves vous tatouent l’oreille insidieusement. 

Bahamas, le paradis discal où il fait bon se lover... 

Le Martiniquais Gérald Toto, le Camerounais Richard Bona et le Congolais Lokua Kanza allient leurs forces musicales dans ce concentré trois en un aux ascendances africaines irrésistibles.

Toto Bona Lokua

Bondeko

****½

Marre du froid, peur du dérapage verglacé, agacé du manque de soleil ? Bondeko, mieux que toute vitamine C ou D, nous offre un remède miracle à la moindre baisse d’énergie. 

Le Martiniquais Gérald Toto, le Camerounais Richard Bona et le Congolais Lokua Kanza allient leurs forces musicales dans ce concentré trois en un aux ascendances africaines irrésistibles. 

Les morceaux de Bondeko enveloppent, d’abord, par leur douceur féline. L’écouter, c’est se laisser bercer au rythme des solos, des harmonies vocales collectives, des répétitions hypnotiques. 

Des mélodies africaines rencontrent des sonorités créoles, et bien malin qui pourrait distinguer qui est qui dans le trio Toto Bona Lokua. 

Leur complicité est telle qu’elle se fond en une force mélodique imparable et apaisante. On ne sera pas surpris d’apprendre que Bondeko signifie « amitié », ou « fraternité » en Lingala. 

Voilà donc un disque qui nous donne le courage d’affronter l’hiver pour des lendemains qui chantent.