La chanteuse américaine, Eleni Mandell

Les muses du pénitencier

Après son passage au Jazz Fest plus tôt cet été, la chanteuse américaine Eleni Mandell revient à Ottawa, cette fois sur les planches du City Folk. L’occasion de (re)découvrir les pièces de son dernier et onzième album Wake up Again qu’elle a écrites après avoir enseigné l’écriture de chansons dans une prison pour femmes à Los Angeles.

Plutôt original comme processus de création que de partager son amour pour la musique et l’écriture à un groupe de détenues pour en extraire un concentré d’émotions jusque-là confinées dans l’enceinte grisâtre d’un pénitencier.

Une expérience inspirante rendue possible grâce à l’initiative Jail Guitar Doors. « J’ai vu que je pouvais faire une petite différence positive dans la vie de ces femmes qui ont fait des choses horribles. Je trouve ça très gratifiant », confie Eleni Mandell à l’autre bout du fil.

Deux années au cours desquelles, par le pouvoir des notes et des mots, les prisonnières qui n’ont jamais ouvertement évoqué leurs crimes se sont néanmoins confiées sur leur état d’âme. « Petit à petit, des histoires et des sentiments plus profonds ont émergé. Elles s’ouvraient parfois sur leurs familles, leurs enfants desquels elles étaient séparées, de ce qui leur manquait de leur vie passée, raconte Eleni Mandell. La plupart d’entre elles mouraient d’envie d’avoir un processus créatif pour parler de leurs sentiments ».

De ces rencontres sont nées onze chansons folk, dont quelques-unes ont été écrites dans l’ambiance de la prison. Wake up Again s’apparente à plusieurs portraits explorant des sentiments allant des regrets à l’espoir. « Certaines chansons sont des portraits de femmes ou inspirées par quelques unes d’entre elles. Comme Circumstance – le premier titre de l’album – qui évoque deux détenues n’ayant pas pris la responsabilité de ce qu’elles ont commis. Elles parlent simplement de concours de circonstances, que c’est un accident », explique l’artiste chevronnée.

Baume à l’âme

Le travail d’Eleni Mandell avec ces prisonnières, au passé tout aussi différent l’un de l’autre, a été libérateur pour certaines, mais pour la plupart d’entre elles, ce processus créatif a été gratifiant. « Lorsqu’elles créaient quelque chose dont elles étaient satisfaites et qu’elles voyaient la réaction de leurs codétenues, ça les rendait vraiment fières ».

La chanteuse aussi y a trouvé son compte, autant sur le plan personnel qu’artistique. « Cette expérience m’a donné une nouvelle perspective sur le métier d’artiste et de sa valeur. Il y a eu beaucoup de rires et d’amitiés qui se sont créées. Et je savais que ça m’inspirerait. Mais il m’a fallu un an avant d’écrire quelque chose à propos de tout ça », se souvient Eleni Mandell.

Les fans qui ont déjà vu la brunette de Los Angeles plus tôt cette année auront droit à une chanteuse accompagnée par le groupe avec qui elle a enregistré l’album et ils reprendront davantage d’anciennes chansons.

Eleni Mandell donnera également un atelier dans lequel elle posera les bases de l’écriture de chansons et partagera ses trucs avec le public.

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POUR Y ALLER

Quand ? Samedi 14 septembre à 16h

Où ? Scène RawenLaw au City Folk

Quand ? Samedi 14 septembre à 13h

Renseignements : cityfolkfestival.com