Les lauriers de la gloire

Fort de son nouveau statut d’icône du rock, Bon Jovi est sur une glorieuse lancée, cette année. Et la bande n’a pas l’intention de mettre de sitôt un terme à ses activités, promettent David Bryan et Tico Torres, lors d’une entrevue téléphonique accordée à une vingtaine de journalistes nord-américains, le 23 février dernier.

 « On a toujours dit qu’on continuerait tant qu’on y trouverait du plaisir ; tant qu’on trouvera que ce fait est pertinent vis-à-vis de la musique et de nous-mêmes, on poursuit », indiquait le batteur Tico Torres. Certains [musiciens] doivent s’arrêter. Souvent, parce que le corps ne suit plus. Neil Peart [le batteur de Rush] ne s’estimait plus physiquement capable de continuer à jouer aussi bien que Neil Peart. Et c’est correct. À l’autre bout du spectre, il y a BB King, qui est décédé avec une guitare dans les mains », poursuit le musicien de 64 ans.

« Nous, on s’est fait une promesse, il y a longtemps : tant qu’on aura l’impression de pouvoir apporter quelque chose à la musique, pourquoi ne pas continuer ? » Impression entre autres confirmée par le fait – gratifiant – que Tico Torres voit désormais se côtoyer « trois générations dans la foule ».

Ainsi, l’ascension se poursuit, pour la bande de Jon Bon Jovi (le chanteur a 56 ans, le même âge que David Bryan) qui s’est toujours efforcée de se réinventer, au fil du temps.

Postérité

Au moment de l’entrevue, les rockeurs du New Jersey s’apprêtaient à laisser leur nom à la postérité. Le 14 avril dernier, le nom de Bon Jovi a été gravé au Temple de la renommée du rock and roll, à Cleveland, en Ohio – en même temps que Nina Simone, Dire Straits, The Moody Blues, The Cars, et Sister Rosetta Tharpe. 

À l’heure des lauriers de la gloire, la formation a retrouvé son ancien guitariste, Richie Sambora, qui a quitté ses amis en 2013, après avoir participé au 30 premières années de route de Bon Jovi. Leur premier bassiste (de 1983 à 94), Alec John Such, a aussi participé à ces retrouvailles. « C’est fantastique de pouvoir retrouver Ritchie et Alec, qui ont fait partie intégrante du voyage », confiait Ticvo Torres. 


« Tant qu’on aura l’impression de pouvoir apporter quelque chose à la musique, pourquoi ne pas continuer ? »
Le batteur Tico Torres

Lors du 5e gala annuel des iHeartRadio Music Awards qui se tenait à Los Angeles, le 11 mars, Bon Jovi a reçu le tout premier Icon Award décerné par l’empire radiophonique. Un honneur attribué au groupe pour « son impact global sur la pop culture », stipulait iHeartRadio, avant de remettre le trophée. 

Bref, tout va bien. Et tout va d’autant mieux que la tournée mondiale de leur dernier bébé, This House Is Not For Sale, entamée en février 2017, a explosé des records d’audience – et engrangé des profits colossaux (87 millions $, selon les documents remis à la presse), ce qui semble presque paradoxal, pour une baraque qui n’était « pas à vendre ». Le This House Is Not For Sale Tour était attendu : c’était la première virée du band qui incluait officiellement Phil X (guitare solo) et Hugh McDonald (basse), les deux plus récentes recrues de la « famille ». 

Prémisse de l’aura de gloire qui nimbe désormais Bon Jovi, le Billboard Touring Conference remettait aux rockeurs le prix Legend of Live, juste avant le coup de départ de cette tournée. 

Elle n’aura déçu ni les fans, ni la critique médiatique, des plus élogieuse. Le Los Angeles Daily News parlait d’un « Jon Bon Jovi est électrisant », débordant d’« enthousiasme », dans une forme et « une voix resplendissante », tandis que le Toronto Sun s’exclamait : « Bon Jovi à son meilleur ! ».

Sauf qu’au Canada, seule Toronto avait été gratifiée d’une visite de Jon et sa bande, en 2017. Pour satisfaire les fans, il a fallu organiser une deuxième tournée nord-américaine de This House Is Not for Sale. C’est dans le cadre de cette deuxième ronde que la bande s’arrêtera au Centre Canadian Tire d’Ottawa, lundi 7 mai.

Plein gaz

En entrevue, les rockeurs donnent des signes de mémoire défaillante. « Après plus de 3000 concerts, les choses finissent par se confondre », s’excuse David Bryan lorsqu’on demande aux deux acolytes de partager un moment marquant (une prestation devant la reine d’Angleterre, finit par proposer Tico Torres) ou une anecdote savoureuse (« Il est arrivé que les amplis lâchent, dans les débuts du groupe, se souvient-il. Alors tu te dépêches d’attraper les [instruments] acoustiques et tu joues aussi fort que tu peux, en chantant à tue-tête jusqu’à ce que les techniciens réussissent à rétablir la coupure d’électricité ; c’est pas très amusant sur le coup, mais tu ne te laisses pas démonter, et ça devient une chose dont tu finis par rigoler, avec le temps. »)

Quarante ans plus tard, il n’y a plus aucune place à l’erreur ou à l’improvisation technique. « On arrive super prêts. On ne monte pas sur scène pour répéter devant la foule, mais pour jouer plein gaz, à la seconde où les lumières s’allument », enchérit David Bryan.

+

POUR Y ALLER

Quand : Lundi 7 mai, 19 h 30

Où : Centre Canadian Tire

Renseigments : canadiantirecentre.com ; 1-877-788-3267 ; ticketmaster.ca