Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent, de Samuele***1/2

Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent, annonce Samuele en couverture de son troisième opus.
La Montréalaise fait évidemment partie de ces «autres», qui prennent leur liberté à bras le corps. Elle a ici choisi de «célébrer l'autodétermination», en dressant le portrait de femmes «en pleine possession de la narration de leur vie». D'un côté, des visages de «princesses autonomes», voyageuses (La sortie), impétueuses, fonceuses ou frondeuses... dont La révolte coule sur les joues, parfois. De l'autre, les rêveuses ; qui, souvent par amour, fendent ou fanent (fort belle Le lest). Entourée d'une bande à haute densité féminine : trois musiciennes (guitares, vents, trompette) et deux gars (piano, basse, contrebasse et batterie), Samuele signe 12 compositions pop-folk-presque rock, très joliment bluesées. Elle arrange et co-réalise. Et sa croustillance poétique devient maestria quand, sur le percutant slam Égalité de papier, Samuelle gronde en dénonçant la perpétuation des inégalités entre les sexes.