La chanteuse soul, Bella Cat, présentera son dernier spectacle, chez elle, à Ottawa vendredi.

Les adieux de la «princesse de la soul»

Vendredi dernier, Bella Cat a joué au Atomic Rooster ce qu’elle appelait son « dernier spectacle » à Ottawa. La bonne nouvelle : les mélomanes auront encore l’occasion d’entendre la « princesse du soul » chanter dans sa région natale. La mauvaise : il ne reste à l’alias de Katrina Robert qu’un seul spectacle, ce vendredi 2 août sur la scène Propulsion, avant de déménager à l’autre bout du pays.

Pour les habitués de la scène locale, c’est le départ d’une figure bien connue. Celui d’une électrisante soulwoman dans la lignée des Amy Winehouse et des Tami Neilson, qui aura fait grimper le mercure partout dans les bars et les festivals de la région ces dernières années.

La raison de son exil : les études. La chanteuse originaire de Chelsea ira s’asseoir sur les bancs du Selkirk College, dans le sud-est de la Colombie-Britannique, pour apprendre à devenir sa propre productrice. Mais après deux albums, six tournées canadiennes et trois ans à avoir donné près de 200 spectacles par année, ne sent-elle pas que sa carrière est déjà sur ses rails ?

« Je veux être capable de produire ma propre musique, répond-elle du tac au tac. Je ne veux plus attendre que d’autres le fassent pour moi. »

Son apprentissage en la matière a déjà commencé, un peu par dépit. Il y a quelques années, Bella Cat a gravé son deuxième album à Chicago auprès de l’ingénieur du son Jack LeTourneau, dont les mixages audio ont reçu une longue liste de nominations aux prix Grammy. Mais avant que l’opus puisse être finalisé, le producteur a succombé à un cancer. « C’est arrivé trois ans après que l’album ait été enregistré, mais il continuait de repousser le lancement, détaille l’auteure-compositrice-interprète de 27 ans. Il voulait en faire quelque chose de gros. Il essayait d’inclure des musiciens célèbres dedans, de me faire jouer à l’émission de Jimmy Kimmel... »

Bref : le lancement n’est jamais arrivé.

Après 10 000 $ et trois années d’attente dans le drain, Bella Cat s’y est résolue : elle allait sortir son opus par ses propres moyens. Chez le producteur ottavien Dean Watson, la Belle a pu s’écarter du carcan blues qu’on lui avait imposé et intégrer à l’objet d’amour tout le hip-hop et le R&B dont elle avait envie. Sa voix aussi a été réenregistrée, alors qu’on lui avait fait changer sa façon de chanter. It’s Not What it Looks Like est finalement paru au tournant de 2017, groovy, mordant et varié, exactement comme elle le voulait.

« J’en ai assez qu’on me dise quoi faire et à quoi devrait ressembler ma musique, souffle l’artiste. Chaque fois que je chante en spectacle, les gens me disent : “tu es 100 % toi-même et tu es encore meilleure que je ne t’aie jamais vue”. Donc je vais simplement suivre mon instinct. »

En français, oui, mais...

Les téléspectateurs ont peut-être découvert Bella Cat comme participante à La Voix en 2018. Katrina Robert n’a pas fait long feu dans la compétition, mais son passage y a été ô combien remarqué. Son audition à l’aveugle, qui a pourtant fait ouvrir une bouteille de champagne à Éric Lapointe tant elle l’avait soufflé, a aussitôt été huée dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Ce qui a soulevé l’ire générale ? La candidate ne parlait pas français.... Du moins, pas dans les séquences gardées au montage. « Ils ont coupé les parties où j’essayais de parler français ! déplore vivement Robert. Dans un magazine, on a dit que je n’avais pas essayé. Pas du tout ! Ça m’a vraiment fait de la peine... »

Somme toute, si c’était à refaire, Bella Cat retournerait sur les plateaux de TVA sans hésitation tant l’expérience fut positive, et sa vitrine, efficace. La prochaine étape ? « Peut-être avoir mon propre studio, même si c’est chez moi. Écrire et chanter, peut-être faire une tournée américaine ou européenne... Je suis ouverte à tout ça. En ce moment, j’attends simplement de voir à quel point je peux m’améliorer à faire ma propre musique. »

POUR Y ALLER

Quoi ? Bella Cat en spectacle

Quand ? Vendredi 2 août, 20 h

Où ? Propulsion Scène (Marché Notre-Dame, 330, rue Notre-Dame)

Renseignements : propulsionscene.com