Léa Jarry espère offrir un country pop à l’américaine, mais enrobé dans des textes en français.
Léa Jarry espère offrir un country pop à l’américaine, mais enrobé dans des textes en français.

Léa Jarry et l’appel du country

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
Élevée entre la musique de Daniel Bélanger et celle de System of a Down, Léa Jarry n’avait pas plus de chance de tomber dans le country que de gagner à la loterie. Et pourtant…

La Charlevoisienne lancera la semaine prochaine son premier album intitulé L’Heure d’été. Une galette qui compte dix chansons, toutes portant la griffe de la chanteuse qui a également coréalisé l’album avec son complice John-Anthony Gagnon-Robinette.

« Je connais John depuis quelques temps déjà et je dois dire que nous travaillons très bien ensemble, confie-t-elle. Pour moi, cette collaboration était naturelle. Je ne voyais pas avec qui d’autre je pouvais faire cet album. »

Léa Jarry, qui est bachelière en musique de l’UQAM, s’est dirigée tout naturellement vers la musique country pop. 

Ce style musical l’a accroché comme par hasard et sans trop prévenir, explique-t-elle.

« Lorsque j’ai vu un clip de Carrie Underwood à CMT, j’ai tout de suite su que c’était ça que je voulais faire, se rappelle-t-elle. Pourtant, mes parents qui écoutaient tous les genres de musique ne se sont jamais intéressés au country et encore moins au country pop. »

Cette découverte musicale ou plutôt cette « rencontre » avec sa passion n’a pas mis de temps à se matérialiser. 

Un premier mini-album paru en mai 2019 et justement intitulé Entre temps, jetait les bases de son orientation musicale. Une sonorité plutôt folk à laquelle on sentait venir des compositions résolument plus country qui se sont confirmées avec L’heure d’été.

« J’ai écrit l’album en voulant me faire plaisir, avoue-t-elle. Je l’ai aussi fait en pensant à ce que ça donnerait sur scène. Je veux vraiment qu’en show, ce soit la fête, un gros party entre amis. »


« J’ai écrit l’album en voulant me faire plaisir. Je l’ai aussi fait en pensant à ce que ça donnerait sur scène. »
Léa Jarry

Un gros show

Et il sera possible d’avoir une bonne idée ce que pourrait ressembler un spectacle de Léa Jarry puisque l’auteur-compositrice-interprète lancera bientôt ce nouvel album sur une plateforme de webdiffusion.

« Pour le lancement, on va enregistrer un spectacle au stade de St-Tite, confie-t-elle. On présentera le spectacle en webdiffusion le 26 octobre à 19 h 30. Je vous le dit, ce sera digne d’une mi-temps de Superbowl. »

Outre la page Facebook de l’artiste, ce spectacle sera diffusé et celle des partenaires de l’événement, soit le Festival Western de St-Tite et le festival Lasso.

On promet un spectacle d’envergure avec plusieurs musiciens et des effets pyrotechniques ainsi que  la collaboration avec de la firme Pixmob pour l’éclairage.

Produit par Rosemarie Records et sous la direction artistique de Alex Artun, qui est également derrière la performance de Miro au sommet de la tour du Stade Olympique cet été, le spectacle sera capté sans public en raison des règles présentement en vigueur. Par contre, Pixmob (Taylor Swift, Super Bowl 2019) mettra à profit ses effets spéciaux avec des bracelets lumineux pour occuper les 7000 places du stade comme si la foule y était. L’événement compte aussi sur la collaboration de Léo Films pour la captation aérienne par drone, de Purfx pour la pyrotechnie, de Sync Productions pour la technique audiovisuelle et de Félix Desrochers pour la conception d’éclairage.

« On espère dépasser les limites avec ce spectacle », assure la jeune chanteuse.

L’Heure d’été, de Léa Jarry, sera disponible dès le 23 octobre.

Progression rapide

Les choses vont quand même rapidement pour l’artiste de Baie-Saint-Paul. 

Dès la sortie de son EP, elle a enfilé les honneurs et les reconnaissances, d’une nomination aux GAMIQ dans la catégorie EP Folk de l’année jusqu’au prix de l’Auteur-compositrice de l’année Socan au dernier Gala Country.

« Être reconnue par ses pairs, c’est vraiment valorisant, dit-elle. Ce prix au Gala Country représente beaucoup pour moi et me conforte dans mon métier d’auteure-compositrice. Je ne peux pas être plus fière en ce moment. »

Musicienne accomplie, Léa Jarry est à l’aise autant avec la guitare qu’au piano. C’est d’ailleurs avec l’un de ces instruments qu’elle compose ses chansons.

« Autant la musique que les textes m’inspirent, avoue-t-elle. Je me laisse toujours porter soit par une mélodie ou par un bout de texte. Y a rien qui vient en premier. C’est comme si les mots et la musique sont inséparables de mon inspiration. »

L’Heure d’été regroupe donc dix chansons coulées dans un country aux sonorités très contemporaines, sans pour autant dénaturer le genre. 

La très « catchy » Finir par te croire donne le ton à l’album, suivi par la douce De bord en bord

Avec L’Heure d’été, on consomme un country pop enrobé de textes dans le pur style storyteller. Léa Jarry nous raconte ses histoires, et elle le fait très bien.

Musicalement, on entend bien la steel guitar, le banjo et la mandoline qui tranchent sur des accents pop selon la pièce, comme avec Étrangers. 

On s’appuie aussi sur des airs de piano qui rajoutent ce côté nostalgique très bien souligné dans À contre Courant.

L’album s’écoute sans pause, « d’une traite » comme le dirait Léa.

« J’écoute beaucoup de country pop américain et c’est cette sonorité qui m’intéresse et que je voulais reproduire sur mon album, explique-t-elle. Je pourrais remplir ma musique d’accords compliqués et qui, en bout de ligne, ne voudrait rien dire autant pour moi que pour le public. Je veux offrir une musique agréable, simple et qui aura une certaine pérennité. »