Le silence des troupeaux, par Philippe Brach ***

Cet été, Philippe Brach a manipulé le public en publiant des vidéos promotionnelles suggérant des collaborations avec Cormier, 2Frères, Daraîche, Pelgag et QW4RTZ.

Lesquels n’ont pas chanté la moindre note sur son troisième album.

Une façon pour Brach de s’amuser avec le diktat des apparences. Mais l’imposture avait un sens: faire miroiter les reflets thématiques du Silence des troupeaux, déroutant album-concept qui joue sur les faux-semblants et l’aveuglement. Qui berce d’illusions, contourne les évidences (Pakistan) et déjoue les attentes.

Un disque audacieux, soutenu par un orchestre symphonique et deux chorales (dirigées par la directrice musicale du Chœur classique de l’Outaouais, Tiphaine Legrand).

Un disque fulgurant (30 minutes), où Brach troque le capharnaüm pour le cafard tout court:  entre abandon et désespérance, La guerre (expliquée aux adultes), La fin du monde et Tu voulais des enfants esquissent une vision crépusculaire de l’humanité.

Un paysage postapocalyptique d’où les voix d’enfants, chorales ou poétiques, parviennent heureusement à s’élever.