Matt Lang (à gauche) a fait monter sur scène son réalisateur et ami, Danick Dupelle, le temps de deux chansons.

Le nouveau country de Matt Lang

C’était soir de première pour Mathieu Langevin, mardi. Le p’tit gars de Maniwaki – il faut maintenant l’appeler Matt Lang – lançait son premier album country au théâtre La Tulipe, à Montréal.

Et il y avait foule pour ce lancement alors que la marquise affichait « complet » pour la soirée. Comme il se doit, un tapis rouge a été déroulé le long de l’avenue Papineau afin d’y voir défiler les invités de Matt, dont plusieurs membres de la colonie artistique québécoise.

« Êtes-vous prêt pour ça? », a lancé à la foule la gérante de l’artiste, Marie-Pier Arès, en parlant de ce « nouveau country » qu’ils espèrent répandre sur le Québec. Parce que oui, Matt Lang offre un country américain qui est à des années-lumière de ce qu’on peut entendre dans la Belle Province.

Enregistré dans deux studios de Nashville (Vibe et Addiction), l’album qui n’a de nom que celui de l’artiste compte sept chansons originales : Right Where We Want It, About You, My Final Pour, You’re in the Right Place, If, She Don’t Love You et Love Me Some You.

La réalisation a été confiée à Danick Dupelle, membre actif du groupe Emerson Drive et propriétaire du studio Vibe. Dupelle et Lang ont rapidement développé une complicité qui transpire sur l’album – et qui s’est même transportée sur la scène de La Tulipe mardi soir.

« Danick a immédiatement compris ce que je voulais faire avec ma musique. Lorsque nous avons enregistré les chansons, il a trouvé les musiciens et mis tout le monde sur la même longueur d’onde. Le résultat est exactement ce que je voulais que ce soit », a confié Matt Lang au Droit, quelques heures avant le lancement.

Lang a mis sa griffe sur quelques chansons et plus particulièrement sur My Final Pour, sur laquelle il cosigne les paroles et la musique.

Cet album est un jalon de plus dans la carrière de Lang. Depuis son passage à La Voix en 2015, on le sent plus en contrôle et surtout plus sûr du chemin qu’il désire suivre.

« J’ai toujours chanté du country. Mon grand-père faisait jouer du Johnny Cash, du Merle Haggard ou du Dwight Yoakam même quand on allait à la pêche, se rappelle Matt. Aujourd’hui, je peux dire que je fais le country que j’aime, celui de mes racines, mais avec une touche de modernité. »

Cette description sied bien à la musique que nous offre Matt Lang. Un country très « americana » qui baigne dans une petite sauce classique avec des accents résolument branchés dans son époque. D’ailleurs, la signature « nashvillesque » est très présente dans la réalisation et la sonorité de ce premier opus.

Quant à son équipe, on sent la fierté dans la voix de Lang quand il parle de ses musiciens ou de son équipe de gérance. « On est réellement une grande famille, dit-il. On est tous des amis dans la vie, en plus de travailler ensemble. Par exemple, je fais de la musique avec Étienne (Joly) depuis des années. On se complète bien et cette complicité est aussi palpable sur scène. »

Outre Étienne Joly à la guitare, Matt Lang est entouré d’une solide bande de musiciens dont Justin Allard et David Larocque aux percussions et à la batterie, John-Anthony Gagnon-Robinette, au pedal steel et banjo, Daniel Moranville, basse et claviers, et Pascal Andrus, basse et guitare acoustique. À cela, on doit ajouter la choriste Marie-Ève Proulx.

Une belle soirée
Pour en revenir au lancement, ils ont fait les choses en grand avec six musiciens, une choriste et même « deux sets de drums, pour faire comme à Nashville », a dit Matt, non sans une certaine fierté.

Les 800 personnes entassées dans le théâtre ont eu droit à une performance sans faille et toute en émotion. Matt Lang est arrivé sur scène tout de blanc vêtu et il a interprété toutes les chansons de l’album, entrecoupées d’anecdotes qui ont plu à un public conquis d’avance.

Lors de ses remerciements, Lang a carrément craqué lorsqu’est venu le temps de remercier ses parents, sa gérante… et son partenaire de toujours, son guitariste et directeur musical Étienne Joly. La soirée était bien entamé quand il a fait monter sur scène son réalisateur et ami, Danick Dupelle pour deux chansons, dont un duo acoustique sur She Don’t Love You.

Croisés ici et là au cours de la soirée, on a vu Éric et Sonny Caouette (les 2Frères), Éric Maheu (La Chicane et Kaïn), Jonathan Painchaud, Yoan, Rob Langlois (ex-bassiste de Marie-Mai et de Bodh’aktan), Stéphan McNicoll, Ryan Kennedy (La Voix 2016), Joanie Charron (Sugar Crush), Sébastien DeFrancesco, Georges Grancharoff et Martin Perreault (de Motel 72), Mario Pelchat ainsi Tebey.

Une large délégation outaouaise était présente pour l’occasion. On a vu arriver au moins quatre autobus bien remplis de fans provenant de Gatineau, Mont-Laurier et Maniwaki. Même le nouveau morning man du 104,7, Michel Langevin, avait aussi fait le voyage afin d’apprécier le talent de son petit cousin.

Enfin, pour répondre à la question que posait Marie-Pier au début de la soirée : oui, on est prêt !