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Le Magneto Trio est formé de Sylvain Clavette, Rick Haworth et Mario Légaré.
Le Magneto Trio est formé de Sylvain Clavette, Rick Haworth et Mario Légaré.

Le Magneto Trio: Plan séquence et invitation aux voyages [VIDEO]

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
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Avec l’album Plan séquence, c’est la conclusion d’une trilogie qu’offre le Magneto Trio.

Formé du guitariste Rick Haworth, du bassiste Mario Légaré et du batteur-percussionniste Sylvain Clavette, le Magneto Trio a lancé son troisième album cette semaine.

Véritable voyage intérieur, cet album entièrement instrumental s’écoute comme la lente lecture d’un roman et le visionnement d’un grand film d’auteur.

« Ce disque a été bâti sans trop avoir de plan de match, disait en entrevue Rick Haworth. Nous faisons de la musique ensemble depuis les années 80 alors, quand on se retrouve pour jouer, on n’a pas vraiment besoin de se parler. Ça se fait naturellement. Et puisque l’on enregistre tout ce qu’on fait, ça finit par avoir un peu de sens. »

Malgré la légèreté avec laquelle le guitariste parle du projet de ces trois lascars, on perçoit tout de même le sérieux de la démarche artistique. 

« C’est quand même la somme de nos expériences que nous mettons sur disque aujourd’hui, ajoute Mario Légaré. Bien souvent, c’est Rick qui arrive avec une trame et nous, on complète sa vision. Au final, on se met tous les trois au service de la musique. »


« C’est quand même la somme de nos expériences que nous mettons sur disque aujourd’hui. »
Mario Légaré, bassiste du Magneto Trio

Rencontres musicales

Cette façon de travailler peut sembler, à première vue, un peu aléatoire. Mais, dans les faits, ce casse-tête se met en place grâce au travail de Sylvain Clavette qui, en plus d’assurer avec brio les percussions et la batterie, s’emploie au mixage des pistes qui ont été enregistrées au studio Fast Forward et captées par Rob Heaney.

Les rencontres musicales de Magneto Trio, toujours enregistrées, débutent souvent par un jam. Au fur et à mesure, ces moments d’improvisation sont réécoutés et revisités. Puis des pièces plus formelles émergent ; elles sont retravaillées, remixées et montées. Ce travail devient finalement la marque de commerce du trio. 

« C’est un long processus, confie Clavette. On a enregistré tout ça en 2019 pour ensuite le mixer en 2020. C’est finalement cette semaine qu’on a lancé le produit final. »

Malgré les allusions au cinéma, surtout grâce au nom de l’album, ainsi qu’aux voyages, avec les titres des chansons, toute cette nomenclature s’est avérée à la fin du processus.

« Il fallait bien donner des titres de chansons pour que l’imprimeur termine la pochette, avoue Légaré, encore amusé de cette façon de faire. Mais, plus sérieusement, chaque titre fait référence à des moments précis dans la création des chansons. »

L'album <em>Plan séquence</em> a été lancé vendredi, le 12 mars.

Le voyage

Plan séquence s’inscrit dans un univers où tout bouge rapidement. Mais la lenteur de sa déclinaison fait office de paradoxe et l’album est l’éloge à la lenteur. 

Chacune des pièces fait écho à celles qui les précèdent et qui les devancent. 

« Chacun peut imaginer sa propre histoire en écoutant l’album, assure Clavette. C’est un peu la force de la musique instrumentale qui, parce qu’il n’y a pas de texte, laisse toute la place à l’imagination de la personne qui écoute. On a voulu permettre ce voyage et grâce à des sonorités et des rythmes très spécifiques, l’auditeur peut se rattacher à un lieu qu’il a déjà visité ou non. »

Des pièces comme YUL ou Irlande invitent directement au voyage. Chemin Roxham par contre, peut faire référence à la fuite ou à la quête d’un monde meilleur.

Cette poésie essentiellement musicale remplit un espace laissé libre par la musique contemporaine et les trois musiciens du Magneto Trio se sont donné la mission de combler ce vide.

Sylvain Clavette, batterie et percussion, Mario Légaré, basse, et Rick Haworth, guitare, forment le Magneto Trio.

Une grande complicité

L’amitié et la complicité qui unissent le trio se sont forgées au fil des années, et ce, depuis le milieu des années 80. 

À l’époque, les trois musiciens ont été réunis pour la première fois lors de la tournée Un trou dans les nuages de Michel Rivard.

« Sylvain est arrivé à ce moment, se rappelle Haworth. Mario et moi, nous travaillions déjà ensemble avec Rivard et Piché. Et quand Sylvain s’est pointé, on a tout de suite connecté. Comme si on jouait ensemble depuis des années. »

Rick, Mario et Sylvain ont permis à beaucoup d’artistes de la scène musicale québécoise d’offrir un produit de très haute qualité, sur scène et sur disque. 

Dès 2004, le trio lançait un premier album regroupant leurs compositions nées d’expérimentations. Déjà leur musique était atmosphérique et montée sur une structure très libre. 

On y retrouve d’ailleurs plusieurs artistes invités avec lesquelles un ou l’autre des membres du trio avait déjà travaillé. C’est comme ça qu’on peut y entendre Ariane Moffatt, entre autres.

Le trio de musiciens se retrouve à chaque fois dans une totale liberté et l’expérimentation fut également toujours la voie qu’ils ont privilégiée. Et c’est en 2015 que le deuxième opus fut lancé. 

Les musiciens

Après avoir bourlingué dans divers groupes de jazz-rock et de blues rock, les premiers engagements professionnels de Rick Haworth sont avec Steve Faulkner, alias Cassonade, en 1977. Rick gravitera aussi dans les groupes de Michel Rivard et de Paul Piché et sa feuille de route est parsemée des jalons importants de l’histoire musicale québécoise. 

Quant à Mario Légaré, il fut reconnu par le grand public dès 1973 comme membre du groupe Octobre aux côtés de Pierre Flynn, jusqu’à la dissolution de la formation en 1981. Par la suite, il fut un rouage important des groupes de Michel Rivard et de Paul Piché en plus d’une liste imposante de collaborations. 

Enfin, c’est en 1983 que Sylvain Clavette entre par la grande porte de la musique québécoise avec Louise Forestier alors qu’il réalisa son album De bouche à oreille. Le plus discret du trio rencontre Michel Rivard en 1986 avec qui, il enregistre l’incontournable Un trou dans les nuages. Par la suite, il fait partie de la tournée 1988 @ 1995 de Luc de Larochellière et de la tournée Dix mille matins de Daniel Boucher. Comme ses deux comparses, Sylvain possède aussi une éloquente feuille de route.