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Mélanie Brûlée ne fait pas que parler de santé mentale, elle tente d'en démystifier les tabous et les préjugés les plus tenaces.
Mélanie Brûlée ne fait pas que parler de santé mentale, elle tente d'en démystifier les tabous et les préjugés les plus tenaces.

Le cri du cœur de Mélanie Brûlée [VIDEO]

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
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Avant de lire ce texte, il faut savoir que l’on y traite de suicide et d’alcoolisme. Cet avertissement, c’est Mélanie Brûlée qui insiste pour que ce soit inscrit avant même que l’on aborde le sujet.

L’artiste originaire de Cornwall et qui vit maintenant à Toronto lance ce mardi la chanson Crier accompagnée d’un court-métrage mettant en vedette le danseur et chorégraphe Percy Anane-Dwumfour, qu’on avait vu dans le clip de Qui suis-je qu'elle avait lancé en 2016.

Ancrée dans la douleur d’un deuil et les ravages d’un secret, Crier fait référence à son père qui, plongé dans l’alcoolisme, n’a pu surpasser son mal de vivre et s’est enlevé la vie lors que Mélanie n’avait que 12 ans. 

Pendant 20 ans, on lui a caché la véritable cause de la mort de son père.

«C’était un secret bien gardé, avoue-t-elle. Peut-être pour préserver la petite fille que j’étais ou simplement par peur du regard des autres, mais on m’a toujours caché la vérité. On me disait qu’il était mort dans son sommeil, d’une crise cardiaque.»

Cette vérité cachée a quand même inspiré l’artiste tout au long de sa carrière, sans même qu’elle s’en rende compte. 

Et c'est lors d’un stage de création à Petite-Vallée, en 2015, que la chanson s’est imposée.

« Dans ce camp de création d’une semaine, on devait écrire une chanson, confie-t-elle. Et à cette époque, j’avait retrouvé une ancienne compagne de mon père sur les réseaux sociaux. On a discuté et au fil de nos échanges, elle m’a avoué que mon père s’était suicidé. Crier est issue de cette révélation. »

À travers le temps, la chanson a évolué jusqu’à atterrir sur les ondes radio et les plateformes numériques, ce mardi.

Un petit film

Avec ce titre et surtout le court-métrage qui l’accompagne, l’artiste met en marche un projet de création qui l’amènera à lancer plusieurs autres extraits au cours des prochains mois.

« Je n’ai pas vraiment de plan, mais je vais sortir mes chansons une à une, prévoit-elle. Aussi, lors de la Semaine de la santé mentale qui se tient du 3 au 10 mai, je publierai des capsules sur mon compte Instagram. Ce sont des discussions ouvertes sur la santé mentale auxquelles j’invite tout le monde à participer. On pourra aussi trouver de l’information sur mon site web. »

Le clip s'est donc construit sur la trame de Crier où le danseur professionnel partage l’écran avec Jaelen Gafoor, un jeune de 11 ans. Et cette fois, Mélanie Brûlée n’apparaît pas dans le clip.

« Je suis un peu tannée de moi, dit-elle dans un grand éclat de rire. J’ai raconté mon histoire à Percy qui, lui, a monté sa chorégraphie et la trame du film. On ne sait trop s’il est le père ou le fils, c’est la beauté du clip, selon moi. »

Réalisé par Dale Sood, le court-métrage de trois minutes a été tourné dans la région de Niagara Falls en mars dernier. Quant à la chanson, c’est Davy Gallant (Kaïn, Steve Veilleux) qui en est le réalisateur.

Une scène de <em>Crier</em>, réalisé par Dale Sood.

Prendre la parole

Alors que la santé mentale prend place dans bien des conversations et surtout depuis près d’un an, Mélanie Brulée s’investit à démystifier les tabous qui entourent cette réalité. 

« C’est important d’en parler ouvertement pour faire tomber les tabous et la mauvaise information qui continue de circuler au sujet de la santé mentale, lance-t-elle, comme un cri du cœur. J'aimerais, que tous ensemble, on prenne conscience de l’importance du problème, qu’il y a plein de gens autour de nous qui ont ce mal de vivre, comme mon père l’a eu et comme moi aussi. »

L’artiste raconte candidement qu’elle a vécu une grave dépression en 2019. Des moments qui l’ont complètement anéanti, mais qui, aujourd’hui, font d’elle une meilleure personne et une femme en pleine possession de son art.

« Je libère toute cette frustration dans ma musique, comme une thérapie, confie-t-elle. Je peux en parler librement aujourd’hui parce que, justement, je suis allée au-delà des tabous et des préjugés. J’ai finalement compris que je n’étais pas bien et que je pouvais m’affirmer, crier ma faiblesse et montrer ma vulnérabilité. »

Elle qui a lancé un premier album en français (Débridée) en 2015 pour ensuite revenir avec une deuxième offrande en anglais intitulée Fires, Floods & Things We Leave Behind et lancée en 2018, l’artiste franco-ontarienne assume pleinement sa dualité linguistique.

« J’aime passer d’une langue à l’autre, dit-elle. En remettant Crier au goût du jour, je ne sais pas encore si mon prochain extrait sera en français ou en anglais. On verra bien ».

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