Reconduit dans ses fonctions jusqu’en 2023, le chef d’orchestre du Centre national des arts Alexander Shelley hérite d’une salle Southam dont l’acoustique a été complètement refaite.

Le CNA prolonge le mandat d’Alexander Shelley

Le Centre national des Arts (CNA) a confirmé Alexander Shelley dans son poste de directeur musical de l’orchestre du CNA.

Le mandat du chef britannique, qui a eu il y a quelques jours un bébé — Sasha Felix, de nationalité canadienne, a-t-il pris soin de préciser en conférence de presse — est ainsi prolongé jusqu’au 31 août 2023, à l’issue de années supplémentaires dans la capitale. 

« Les trois dernières années ont été extrêmement enrichissantes, et je suis très fier de ce que les prodigieux musiciens de l’Orchestre du CNA et moi-même avons accompli ensemble. [...] Le CNA est en train de renaître de l’intérieur comme de l’extérieur, et j’ai hâte d’entreprendre d’autres merveilleux projets pour promouvoir la création canadienne avec ce superbe ensemble. », a réagi M. Shelley, qui s’est dit (en français) positivement « ravi et honoré de pouvoir continuer à diriger l’OCNA ».

L’annonce, dévoilée jeudi par le président et pdg du CNA Christopher Deacon, a été accueillie par un mouvement de liesse parmi les musiciens de l’OCNA, qui venaient de donner un aperçu de la nouvelle acoustique du centre de diffusion artistique.

« Un âge d’or »

« On est super contents ! » a réagi dans la foulée la violoncelliste Marjolaine Fournier. Alexander Shelley « est quelqu’un qui fait preuve de beaucoup de chaleur et de respect envers ses musiciens. [...] C’est difficile de coacher autant de [musiciens] qui sont tous des experts dans leur domaine — d’ailleurs, on a probablement la meilleure flûtiste de tout le Canada dans notre orchestre : Johanna G’Froerer — mais il est tout le temps très bien préparé et il trouve plein de nouvelles idées » à exploiter, cachées dans les partitions, explique Mme Fournier, membre de l’OCNA depuis 28 ans.

Entre les investissements technologiques et acoustiques majeurs du CNA, l’excellence des musiciens et le dynamisme des équipes de direction, « c’est vraiment un âge d’or pour l’OCNA », conclut-elle.

La toute nouvelle conque de l’orchestre a été présentée jeudi à la presse, afin de témoigner des améliorations acoustiques apportées à la salle Southam, à quelques jours d’entamer un festival autour de Beethoven. Ce festival aux allures de marathon — au fil duquel toutes ses symphonies seront interprétées sans exception — se déroulera du 13 au 22 septembre.

Don d’un million

Le CNA a également annoncé jeudi qu’une fidèle donatrice de la Fondation du CNA, Elinor Gill Ratcliffe, a effectué un don d’un million de dollars afin d’« appuyer la vision artistique de M. Shelley ». 

Nouvelle conque

Le projet de renouvellement architectural et la modernisation des équipements technologiques du CNA — un investissement fédéral de 225,4 millions $ — est en voie de parachèvement.

La nouvelle « conque » (l’encadrement sur scène, et non la fosse) de l’OCNA a été dévoilée jeudi. Quelques ajustements restent à faire pour affiner les choses au plan de la sonorisation, mais l’écrin acoustique de la salle Southam suscite déjà la joie de l’orchestre. 

« C’est une grande libération. Pour le public, le son était déjà parfait [avant les rénovations], la définition super ‘propre’, mais nous, on devait jouer très fort pour bien projeter chaque note », témoigne Marjolaine Fournier. Selon la violoncelliste, il était un peu difficile pour l’orchestre de rendre fidèlement les montées en puissance des partitions, et il les musiciens avaient pris l’habitude de jouer un plus vite, ou un peu plus légèrement, afin de compenser l’« acoustique sèche ». 

« Il faut qu’on s’habitue, il y a des petits ajustements à faire pour retrouver nos marques au sein de cette nouvelle interaction entre les musiciens. Mais, là, on peut aller de ffff [fortissississimo] à 8 ‘p’ » (en musique, pianissimo est représenté par ‘pp’;  pianississimo par ‘ppp’ ; etc.) sans que les nuances se perdent au vol, poursuit Marjolaine Fournier.

Les panneaux acoustiques installés sur les murs latéraux resserrent l’espace, « ce qui est bien mieux pour la réflexion du son » ; un grand plafond acoustique a été ajouté ; et l’orchestre se positionnera dorénavant 15 pieds plus en avant de la scène, ce qui augmentera l’effet d’intimité avec le public, détaille M. Deacon.

Des plaques de bois installées sous chaque fauteuil aident à faire rebondir le son lorsque la place est inoccupée et que la boiserie se retrouve en position verticale, fait observer la musicienne, comblée. L’isolation entre les espaces (studio, théâtre, forum) a aussi été revue. 

Arts culinaires

La modernisation des lieux s’étend jusqu’au restaurant, berceau des arts culinaires, expliquera quant à lui le directeur des services de restauration, Nelson Borges, alors que la visite médiatique se prolonge jusque dans le restaurant. 

Les rénos ne sont pas terminées, mais le gestionnaire et son chef exécutif, Kenton Leler, expliquent que l’espace, quoique toujours distingué, sera « plus convivial » — afin de refléter le nouvel esprit « lounge » accessible du CNA — et « plus tranquille ».

Refaite pour la première fois en 45 ans, précise M. Borges, la cuisine bien visible, puisque la tendance contemporaine est de ne plus cacher les « artistes » qui travaillent derrière les fourneaux. 

Dans le même esprit, le restaurant réservera un « espace-vitrine » qui servira de scène : des chefs de renom seront invités « sur une base bimensuelle » pour proposer des menus — canadiens —. 

Le bar trouvera une position centrale, accessible même depuis l’extérieur, et le menu mettra l’accent sur les produits canadiens. Et, quitte à faire convivial, on s’assume, en introduisant aussi des hamburgers et des clubs sandwiches, au côté des en-cas santé et salades, propose le chef exécutif.