Hubert Lenoir

L'année 2018 en musique de Catherine

Découvertes au travail ou ailleurs, ces chansons de 2018 ont frayé leur chemin sur mes playlists personnelles.

JANVIER

The Boat, Lior Shoov (Lior Shoov)

On entend le bateau imaginaire de la chanteuse globe-trotteuse quitter le port et voguer sur des flots calmes, soulevé par de douces marées de cordes et d’accordéon. La chanson elle-même est un voyage ; wanderlust garanti.

Feu d'grand vent de Sophie Bijjani

FÉVRIER

Chasser l’ennui, Sophie Bijjani (Feu d’grand vent)

Encore une chanson sur l’envie de voir du pays (la faute à la froideur de février). Heureusement, le premier opus de la Gatinoise Sophie Bijjani est là. Enregistrée au détour d’un énième voyage, l’ode simplissime inspire à s’évader maintenant, tout de suite, avec un riff rêveur de ukulele comme argument massue.

MARS
Fille de personne II, Hubert Lenoir (Darlène)

2018 aura vu l’ascension fulgurante d’un nouvel enfant terrible en musique. La contagion de Fille de personne II, visiblement, y est pour quelque chose. Le rythme catchy est rehaussé par une bonne dose d’improbables saxophones et de synthé qui lui donnent une saveur fraîchement rétro.

AVRIL

Angeli-ko, Melissa Laveaux (Radyo Siwèl)

Il ne fallait choisir qu’un seul titre pour les besoins de la cause, mais celui-ci aurait bien pu être Kouzen, Simalo ou n’importe quelle autre chanson de Radyo Siwèl. Chaque extrait de « Radio Cirouelle » fait reluire le patrimoine musical haïtien de l’ex-Ottavienne devenue Parisienne dans des écrins de toutes les teintes.

Melissa Laveaux

MAI

Extravaganza, Alexandre Désilets (simple)

Pour 2019, Alexandre Désilets prépare un nouvel opus tout fait d’électro léchée. Extravaganza en donne un avant-goût qui chassera tous les blues. À écouter souliers de course aux pieds.

JUIN

New Light, John Mayer (simple)

Pauvre petit John. Avec sa bouille déconfite et ses habits de chienne à Jacques, le grand adolescent coincé dans la « friendzone » supplie sa flamme de l’en sortir. Si la dame n’aime pas sa pop pastel aux accents disco, espérons au moins qu’elle fonde pour son nanar de vidéoclip, que la star américaine nous a servi avec une autodérision bienvenue.

John Mayer

JUILLET

Bananas, Tami Neilson (SASSAFRASS!)

Beaucoup d’humour, de sass et une pointe de quétainerie assumée me font craquer pour cette magnifique soulwoman, dont le souffle capable de déraciner les bananiers vire ici l’iniquité entre les sexes en une grosse farce. Jubilatoire.

AOÛT

Stolen Diamonds, The Cat Empire (simple)

On sent que les « empire horns » s’en sont donné à cœur joie dans cette chanson titre d’un album à paraître en 2019 et qui, s’il-te-plaît-petit-Jésus, sèmera un esprit aussi festif que Steal the Light (2013).

SEPTEMBRE

Pitou, Les Louanges (La nuit est une panthère)

Il y a comme un retour au calme qui vient avec la rentrée. On dégrise. Se rhabille. Mais pas question d’arrêter le plaisir, et vive ce groove nonchalant et intemporel signé Les Louanges.

OCTOBRE

Quand toi et moi, Jamil (Toutes les libertés Vol. 2 — Chansons interdites)

Oui, en 2018, il est encore possible de faire de la (bonne) chanson grivoise. Il suffit d’être imaginatif, comme nous l’enseigne Jamil avec sa plume imagée, son air de chanson française comme on n’en fait plus et, en bonus, une voix chaude comme ses propos.

Matiu

NOVEMBRE

Nitauassim, Matiu (Petikat)

Entre le Far West, l’est de l’Europe et la réserve de Maliotenam, il y a cette chanson en innu du rocailleux Matiu. Son album au complet est difficile à épingler sur la mappemonde musicologique. À s’en étourdir la rose des vents.

Elisapie

DÉCEMBRE

Wolves Don’t Live by the Rules, Elisapie (The Ballad of the Runaway Girl)

Portée par le folk de son adolescence, Elisapie cosigne avec Joe Grass (Patrick Watson) cette reprise de Willie Thrasher accentuée de cordes, de basson et de juste assez de guitare électrique. C’est beau, tout simplement. De quoi admirer l’hiver, avant de retrouver le wanderlust de janvier.