En plus d’assurer la première partie de la tournée mondiale de Shania Twain, le chanteur suisse Bastian Baker rejoint sur scène la reine du country pop pour deux duos.

La voie du succès de Bastian Baker

À 27 ans, l’auteur-compositeur suisse Bastian Baker, encore inconnu du public il y a sept ans, assure la première partie des 80 dates de la tournée mondiale de Shania Twain, Now, qui a débuté le 3 mai et qui s’arrêtera à Ottawa ce lundi. Une situation de rêve qu’il n’avait pourtant jamais convoitée.

« On ne peut pas rêver mieux comme exposition. Nos musiques matchent et la tournée de Shania Twain est une des plus grosses tournées cette année », se réjouit à l’autre bout du fil le jeune chanteur, joint récemment à Little Rock en Arkansas.

Le jeune homme reste tout de même conscient du travail qu’il doit encore accomplir pour assurer sa pérennité. « C’est à nous de bien jouer avec cette exposition […] pour que ce ne soit pas l’histoire de quelques mois. La tournée s’arrête à la fin de l’année, ça sera ensuite à nous d’en faire, l’année prochaine, qui repassera par les mêmes endroits. »

Il aurait pu prendre la grosse tête, mais il n’en est rien. Bastian Baker a gardé les pieds sur terre. « Je ne me suis jamais dit : le but c’est de passer en première partie de Shania Twain dans des stades. J’ai un objectif plutôt vague, je veux continuer de vivre de la musique pour de nombreuses années. [...] Et jouer devant le plus de monde possible », confie-t-il.

Tout le prédestinait à suivre les traces de son père et son grand-père et à devenir, lui aussi, hockeyeur. « J’avais un contrat professionnel avec un club [en Suisse], mais la musique a commencé à décoller en même temps. Et ç’a toujours été clair que, si je pouvais saisir une occasion du côté de la carrière musicale, je le ferais », explique l’artiste, qui a toujours allié sa passion pour la musique à son sport de prédilection.

De premières parties en premières parties
C’est en 2010 que Bastian Baker saisit sa chance lorsqu’un producteur lui donne l’occasion d’enregistrer une chanson : Lucky. « On l’a diffusée et les radios s’en sont emparées. J’ai fait plus de concerts », raconte-t-il. Et les choses continuent de s’enchaîner. Il rencontre Claude Nobbs, fondateur du Festival de Jazz de Montreux. C’est d’ailleurs là que Bastian Baker rencontre la chanteuse canadienne. « Et ensuite c’est une histoire d’amitié qui s’est forgée au fil des années. »

Elle l’invitera ensuite sur les trois dernières dates canadiennes de sa tournée Rock This Country, en 2015. « Quand elle a commencé à travailler sur son nouvel album et que la tournée [actuelle] a été annoncée, j’ai proposé de faire la première partie. Et, j’ai de la chance qu’ils aient accepté », estime Bastian Baker.

Le chanteur helvète n’a pas seulement assuré la première de Shania Twain, il a également ouvert pour Bryan Adams, Johnny Hallyday ou encore Elton John. « Il y a un côté que j’adore [à faire les premières parties], tu as une demie heure pour montrer une petite portion de qui tu es, mais il n’y a aucune pression. Je suis le petit bonus, mon rôle c’est de chauffer le public. »

Mais sur la tournée Now, Bastian Baker remonte une dizaine de minutes sur scène pour faire deux duos avec Shania Twain, dont un sur Party for Two. « Je reste pour une autre chanson où je fais la guitare et les back vocals. C’est idéal comme situation », reconnaît celui dont le talent a déjà été récompensé par plusieurs prix.

Alors que sa cote de popularité était déjà au beau fixe, Bastian Baker profite de cette tournée mondiale pour rencontrer ses fans après chaque concert. « C’est un chouette moment pour échanger avec eux, alors qu’ils ne me connaissaient pas avant. C’est incroyable aussi ce qu’il se passe sur les réseaux sociaux. Je reçois énormément de messages de soutien », confie-t-il.

Shania Twain comme mentor
Avant de la rencontrer, Bastian Baker ne connaissait de Shania Twain que son célèbre : Man! I feel like a Woman. Et aujourd’hui, la reine du country pop agit comme mentor auprès du jeune artiste. « Quand tu as vendu 100 millions d’albums, que tu as 5 Grammy et qu’à 53 ans tu fais une tournée mondiale, c’est que tu n’as pas fait tout faux dans ta vie. C’est une chance incroyable d’avoir son point de vue, son expérience presque comme une consultante de ma carrière », admet Bastian Baker.

D’ailleurs, le musicien qui travaille actuellement sur son prochain album a reçu des conseils d’arrangements de Shania Twain pour les deux titres lancés en mai – Love on Fire et All Around Us. « Elle m’a dit que mes chansons étaient taillées pour le marché nord-américain. C’est aussi pour ça qu’elle me donne l’occasion d’y venir présenter ma musique. »

Pour ce quatrième album, qui devrait être dans les bacs d’ici le début de l’année prochaine, Bastian Baker s’est rendu à Nashville. « J’ai pris du temps pour écrire. J’ai travaillé avec quelques producteurs de renom, dont Jacquire King (Kings of Leon, Of Monster and Men ou encore Tom Wait). Le son a évolué. C’était vraiment intéressant de m’introduire dans ce monde que je ne connaissais pas », lance-t-il un brin songeur.

Si l’auteur-compositeur se décrit comme un « gars très normal » qui aborde dans ses textes le quotidien, les relations, ce qui le rend heureux ou le déçoit, il ne souhaite pas être catalogué dans un genre musical. « Je pense que je n’ai jamais essayé de faire partie d’un genre. Pour moi, la musique c’est quelque chose qui rassemble. Je n’ai pas envie de n’être que country ou que pop », conclut-il.

POUR Y ALLER

Quand : lundi 25 juin à 19 h 30

Où : Centre Canadian Tire