Les frères Éric et Simon Beaudry veulent casser le mythe voulant que la musique trad soit réservée uniquement au temps des Fêtes ou aux partys de cabanes à sucre.

La passion trad des frères Beaudry

Loin d’être devenue objet de musée, la musique folklorique – la musique trad pour les intimes – est plus vivante que jamais. L’union des groupes Le vent du nord et De temps Antan pour un spectacle intitulé «SOLO», jumelée à l’enregistrement d’un album commun sorti le mois dernier, confirme que ce style musical a su conserver la ferveur populaire et séduire la jeune génération.

Les frères Simon et Éric Beaudry sont les premiers heureux de ce mariage célébré il y a trois ans. Évoluant chacun de leur côté — le premier dans Le vent du nord; le second dans De temps Antan —, ils partagent la même scène à l’occasion d’une tournée qui conduit le collectif de huit chanteurs et multi-instrumentistes dans une tournée d’une dizaine de villes d’ici la fin de l’année. Le groupe sera de passage au Grand Théâtre le 20 décembre.

En entrevue au Soleil, les deux frangins ont hâte de faire découvrir au plus grand nombre la dizaine de chansons et pièces instrumentales de ce nouvel album qui, contrairement à ce que laisse croire le titre SOLO, a été conçu dans la plus grande collégialité. Plusieurs compositions originales, qui puisent leurs influences dans la modernité, figurent au menu. Michel Faubert a contribué à définir la vision artistique du projet, en plus d’assumer la mise en scène du spectacle.

Originaires de Saint-Côme, dans la région de Lanaudière, les frères Beaudry veulent casser le mythe voulant que la musique trad soit réservée uniquement au temps des Fêtes ou aux partys de cabanes à sucre. À longueur d’année, lui et ses collègues sont invités sur les scènes de prestigieux festivals de musique, un peu partout, au même titre que n’importe quelle formation musicale.

«La musique trad est une musique festive, vivante, qui sonne aussi gros que la musique rock», souligne Éric, 47 ans, professeur de musique au cégep de Joliette, qui a joué 11 ans avec La bottine souriante. «Le style a pris sa place. Le son de l’album est aussi professionnel que celui d’un autre disque, renchérit Simon. Ça ne donne pas l’impression d’avoir été fait sur le coin d’une table de cuisine.»

Succès à l’international

Leur passion pour la musique trad a conduit les deux frères dans plusieurs dizaines de pays, où ils offrent plus d’une centaine de représentations annuellement. «Ça se passe pas mal à l’extérieur, où le marché est assez important pour te permettre de gagner ta vie», explique Simon, 40 ans, guitariste et chanteur au sein du Vent du nord.

Que ce soit en Angleterre, en Écosse ou en Scandinavie, la musique trad québécoise a la cote. «Les gens s’aperçoivent qu’on parle français, mais qu’on n’a pas un son comme les Français, qu’on ne chante pas comme eux, souligne Éric. On joue nos reels comme des Irlandais et des Écossais.»

Cette popularité outre-mer amène Éric à souhaiter une plus grande reconnaissance au gala de l’ADISQ, dans la catégorie groupe s’étant le plus illustré hors Québec. L’automne dernier, sa formation De Temps Antan avait remporté le Félix du meilleur album de musique traditionnelle. «On ne carbure pas aux prix, mais on travaille fort pour s’exporter», conclut Simon.