La chanteuse Marie-Élaine Thibert était de passage à Ottawa, mardi.

La Môme Thibert et ses projets d’hiver

Une artiste a-t-elle été déjà à ce point été célébrée ? Si le mot « culte » n’était pas si galvaudé, c’est bien lui qu’il faudrait utiliser.

Plus d’un demi-siècle après sa disparition, son œuvre n’en finit pas d’inspirer. Édith Piaf continue d’être chantée, célébrée cet automne par Marie-Élaine Thibert dans un album de reprises, L’Hymne à l’amour. La chanteuse était de passage à Ottawa, mardi, nous présenter ses multiples projets, la parution de cet album fin septembre, mais aussi la tournée d’un concert à quatre voix, Entre vous et nous, en compagnie de Marie Michèle Desrosiers, Luce Dufault et Martine St-Clair (à la Salle Odyssée le 24 avril 2018). Discussion à bâtons rompus avec celle que La Presse rebaptisa, en 2005, « La Môme Thibert ».

« J’interprète ses chansons depuis l’âge de 14 ans, nous raconte Marie-Élaine Thibert, mais je ne la connaissais pas très bien. Quand les journaux ont commencé à me comparer à elle, j’ai voulu en savoir davantage ». La « Môme Piaf » s’est transformée en marque française, incontestée. L’interprète québécoise, fervente admiratrice du style Piaf, voyage donc à Paris visiter le mini musée-appartement qui lui est consacré, puis le cimetière où elle est enterrée.

« Piaf développait une vraie liberté d’interprétation sur scène, et c’est aussi ma perception du métier : je me considère avant tout comme interprète, actrice de la chanson, » évoque l’aînée des Star-académiciennes, qui a toujours fait appel à des auteurs-compositeurs sauf pour la réalisation du précédent Mes berceuses qu’elle a écrit elle-même. Au fil des albums produits, depuis 2004, à un rythme métronomique, tous ses collaborateurs ont eu pour mot d’ordre de donner assez de relief à leurs compositions, assez d’ampleur aux envolées vocales de la chanteuse. 

Piaf à tâtons

Présence indélébile de Piaf, gravée dans la mémoire collective internationale... cet exercice de reprises ne s’est pas déroulé sans résistance, reconnaît Marie-Élaine Thibert, évoquant la difficulté initiale à trouver un producteur. 

« Après tout, pourquoi lancer un millième album de reprises sur Piaf ? ». 

Marie-Élaine Thibert tâte sagement le terrain sur Internet en postant, en début d’année, une vidéo de son interprétation de l’Hymne à l’amour. 

Les nombreux clics confirment alors la viabilité du projet, enregistré en un été. Les habitués de ses concerts auront peut-être remarqué que Padam Padam s’y glissait régulièrement, comme un contrat tacite avec le Fan club officiel friand de cette reprise depuis plusieurs années. 

« Ma préférée reste La foule, qui représente bien la vie de Piaf avec ses hauts et ses bas, sa joie immense et ses drames. Elle a vécu à fond sa courte vie. » 

La sortie de ce septième album, un an tout juste après une interruption de grossesse, correspondait aussi à un élan que Piaf n’aurait pas renié : celui de transcender ses drames en chantant. « L’idée de ces reprises me trottait depuis un moment dans la tête. Réaliser cet album m’a fait un bien fou ! La vie continue malgré tout, il faut trouver des façons de continuer à aimer la vie... »  


POUR Y ALLER

Quand ? 24 avril 2018, 20 h

Où ? Maison de la culture de Gatineau

Renseignements : 819-243-2525 ; salleodyssee.ca