Justin Timberlake s’est présenté dans sa forêt virtuelle, bien agréable pour l’œil.

La forêt de Justin Timberlake débarque à Ottawa

CRITIQUE / Depuis sa forêt virtuelle, Justin Timberlake a montré aux Ottaviens de quel feu il se chauffait, jeudi soir.

Pour l’occasion, la glace du Centre Canadian Tire a été transformée en décor mi-scène, mi-forêt. Une passerelle s’étirait entre deux scènes disposées d’une extrémité à l’autre de l’aréna, séparant en deux la zone « bar VIP » — on salue les chanceux qui s’y trouvaient. La plus petite des deux plateformes comptait trois arbres et d’occasionnelles herbes hautes, recréant ainsi l’environnement sylvestre qui est la pride de la popstar.

Après la diffusion d’une série de succès pop, gracieuseté du DJ Freestyle Steve, la soirée a été démarrée entre les trois arbres par Francesco Yates. Le jeune Torontois et ses trois musiciens ont servi une salve de tubes pop bien sucrés. Lorsque le chanteur de 23 ans ne joue pas de la guitare, il montre ses talents de danseur. On ne peut que voir la ressemblance avec le jeune Timberlake — notamment à cause de ses boucles blondes abondantes, ses fioritures vocales aiguës et ses gros baskets blancs. Sa prestation est plutôt efficace, et avec Justin Timberlake comme mentor, Yates est certainement à la bonne école pour continuer son ascension.

Retour du DJ Freestyle Steve. À 21h05, le plat de résistance a été servi. Avec ses six danseurs, Justin Timberlake a enchaîné une série de hits sur des chorégraphies réglées au quart de tour. Pas de doute, « JT » est une bête de danse. Comme chanteur, ce n’est pas dans cette portion du spectacle qu’il a fait paraître son talent. Timberlake s’est concentré sur la danse, en interprétant tantôt un couplet, tantôt un bout de refrain, et lançant quelques fois un « Ottawa ! » enthousiaste.

Timberlake a continué ainsi pour la première partie de son spectacle : plus de danse que de chant. Merci à ses choristes, à qui il a refilé la grande partie du travail vocal. La première des chansons de son plus récent album a enfin sorti comme cinquième titre de la soirée. Pour Man of the Woods, Justin et trois de ses collègues danseurs se sont trémoussés dans les herbes hautes. Somme toute, l’homme de la forêt semble être sorti du bois pour la majeure partie de son spectacle, alors que huit titres de son plus récent opus ont été joués.

Un moment fort de cette première partie, Timberlake s’est posé derrière un piano pour Señorita. L’énergie était à son comble alors qu’il semblait en parfaite symbiose avec son big band et sa troupe de choristes. La finale a été confiée à sa section de cuivres et son percussionniste, qui s’échangeaient des envolées improvisées. On aurait pris plus de ces moments, les rares qui déviaient des versions enregistrées.

En milieu de spectacle, la popstar s’est accordé une pause le temps de lever un verre avec sa foule. « Je sens que si je veux être amis avec qui que ce soit, ce serait avec des Canadiens ! a-t-il lancé, racoleur.

« Et les amis ne laissent pas boire leurs amis seuls ! »

Sur les écrans, une série de saynètes ont apparu. Des personnages dans des décors ruraux ont été projetés, accompagnés des narrations enchevêtrées de plusieurs histoires d’amour. Au retour des lumières, Justin et ses musiciens étaient assis autour d’un feu dans la partie forestière de la scène. Voici venue la redoutable portion « feu de camp », qui avait refroidi les foules dans les spectacles précédents. À Ottawa, comment serait-elle reçue ?

La réponse : assez bien, même si quelques spectateurs ont détourné leur attention. Les choristes ont pris les devants pendant un mix quelque peu éclectique de chansons des Beatles, de John Denver, Fleetwood Mac et Lauryn Hill.

La deuxième partie du spectacle est venue réveiller les fans. Le feu de camp éteint, Justin a pris sa guitare pour retourner vers un mélange de ses morceaux connus. Moins dansée, plus chantée, cette portion a assurément plu.

Somme toute, le spectacle Man of the Woods a été technologiquement impressionnant, chorégraphié à la seconde près, et agréable surtout pour l’œil.