Le Franco-Ontarien Damien Robitaille se produira au bistro L'Autre Oeil, le 6 juin, en ouverture du FFGA.

La face folk de Damien Robitaille

« À la base, je me considère un musicien folk », rappelle Damien Robitaille, qui a été désigné président d’honneur de la 5e édition du festival Folk et guitare d’Aylmer (FFGA). Et c’est à ce titre qu’il se produira au bistro L'Autre Oeil, le 6 juin, en ouverture du festival.

Évidemment, « ça dépend de ta définition de folk », souligne-t-il en préambule. Comme le mot sert souvent à désigner « un gars seul avec sa guitare », le Franco-Ontarien rappelle qu’à ses débuts, un spectacle de Damien Robitaille, c’était lui s’accompagnant « tout seul au piano, ou seul à la guitare ». À l’époque, « je voulais être Bob Dylan... J’essayais de chanter comme lui. »

Certes, « il y a plus d’enrobage, maintenant, dans ce que je fais », convient le musicien réputé pour son originalité. Reste qu’à ses yeux, « une bonne chanson » est identifiable même dans son plus simple appareil, soumet le chanteur d’On est né nus.

« Quand je compose, il faut que ça sonne bien dès le début, avec juste la voix et le piano, avant même de leur mettre l’enrobage pop » ou latino qui tiendra ses chansons au chaud.

Le concert aylmérois aura des accents nettement plus folks que pop, Damien Robitaille ayant opté pour la formule trio. Après avoir longtemps tourné en quintette, il s’entoure désormais de deux musiciennes seulement, pour gagner en mobilité, dit-il.

À la basse, la Gatinoise Fabienne Gilbert (dont le nom est associé à Random Recipe) ; aux chœurs : la chanteuse soul Marie-Christine Depestre, qui gère aussi les percussions.

Le trio offre un survol de l’ensemble de la discographie de Robitaille (5 albums), en accentuant un peu les choses du côté du plus récent, Univers Parallèle.

« J’adore ce spectacle, qu’on tourne depuis presque deux ans. On est seulement trois, mais c’est très “plein” (au niveau sonore) : la bassiste fait les chœur ; la choriste et moi, on se partage les percussions — elle s’occupe du snare (la caisse claire) ; moi, je fais le kick avec le pied (la grosse caisse). C’est un spectacle qui groove pas mal, même sans batteur. »

Malgré cela, le concert « reste intime », poursuit-il. « C’est vivant et rempli d’harmonies. Ce sont les chœurs qui sont impressionnants, dans ce spectacle. Les filles chantent avec moi dun bout à l’autre. Les harmonies ont toujours été très importantes dans mes chansons, mais encore plus sur le dernier disque. »

Et Damien, à leur côté, se « paie la traite ». « Elles sont impresssionantes, mes musicennes ! Elles me poussent à être meilleur. Elles font mes chansons, mais c’est pratiquement moi qui dois essayer de les suivre », rigole-t-il.

On est comme du jelly. Il y a comme une unité, un vraie fusion » qui se dégage du trio. « Ma blonde n’a pas encore vu le show. Faudrait peut-être pas qu’elle le voit », ajoute-t-il en s’esclaffant.

L’Europe

Damien Robitaille s’envolera bientôt pour Paris, pour participer aux Québécofolies, le temps d’un spectacle où « deux des trois artistes sont Franco-Ontariens », note celui qui partagera la scène avec les Ottaviens de LGS (ex-Swing) et le duo composé d’Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant.

La France, il vient à peine de la quitter. Il était tout récemment « en solo à Nantes », programmé dans le cadre de la Tournée Granby-Europe (le prix Lynda Lemay du Festival international de la chanson de Granby) en même temps que le Fransaskois Lord Byrun. « Ils pensent que Byrun (Byrun Boutin-Maloney, de son vrai nom) c’est un Québécois. Alors j’explique aux Français la géographie canadienne », ricane-t-il.

Les gens écoutent beaucoup plus les textes, là-bas, alors j’ai construit un spectacle basé sur les textes. » Public assis, attentif, ou foule danseuse, « j’aime les deux, en autant que le public est dedans, qu’il participe », indique le « versatile » musicien, qui peut tout aussi bien monter « un show genre Saint-Jean Baptiste qui fait danser le monde ».

L’Europe, il la courtise à temps perdu depuis plus de 10 ans. Mais sans trop se faire d’illusions. « Dans le passé, c’était excitant, [car] je n’avais jamais été en Europe [avant mon premier disque]. Alors, quand j’y allais, c’était du gravy. » Mais y retourner régulièrement, « ça coûte beaucoup d’argent. Si tu ne réussis pas à te faire de bons contacts là-bas, c’est juste un coup d’épée dans l’eau ».

Il avoue que « gagner le prix Tournée Granby-Europe a rallumé le désir de m’exporter et d’essayer de trouver un bookeur là-bas. » « Il y a 70 millions de francophones là-bas et j’ai quelque chose de différent à leur offrir. Il faut juste trouver les bons contacts... »

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POUR Y ALLER

Quand ? jeudi 6 juin, à 20 h 30

Où ? Bistro L'Autre Oeil

Renseignements : ffga.ca