Kimya - « paix » en lingala - a composé son pseudonyme en combinant une syllabe de son prénom, Yannick, avec le nom de son grand-père, Kimpila.

Kimya, la paix en disque

Originaire de Kinshasa, en République démocratique du Congo, Kimya est arrivé au Canada à l'âge de 14 ans. Une décennie plus tard, il choisit la musique comme nouvelle compagne de route.
Rap et hip hop irriguent son tout premier EP, Or & Flamme, dont la sortie est prévue le 5 octobre. Après deux ans de préparation, l'artiste en livrera un avant-goût le 25 septembre, à 19 h, sur la scène de la Franco Fête au pavillon Aberdeen, parc Lansdowne.
Kimya, c'est peut-être le nom d'une princesse Pokémon ; c'est désormais celui d'un nouveau chanteur afro-canadien sur la scène franco-ontarienne. Kimya - « paix » en lingala - a composé son pseudonyme en combinant une syllabe de son prénom, Yannick, avec le nom de son grand-père, Kimpila. Une signature pacifique comme une carte d'identité qui soulignerait aussi sa volonté de renouer avec ses origines, lesquelles furent un temps éclipsées, avoue-t-il.
« Les premières années de mon arrivée au Canada, j'ai le sentiment d'avoir oublié d'où je venais. Le changement était si important. »
En 2012, Kimya expérimente ses premiers enregistrements grâce au matériel prêté par un ami en s'exerçant à chanter « en suivant les beats. »
L'album Noir Désir, du rappeur français Youssoupha agira comme catalyseur de son élan créatif. « Il vient aussi du Congo, j'ai été touché par sa façon de dénoncer ce qui s'y passait. »
Des textes comme un constat social, mais aussi comme un espoir indispensable, Kimya a choisi son camp, tout en restant généraliste dans son approche.
« J'ai moi-même été victime de discrimination à cause de ma couleur, poursuit-il, c'est important de rappeler que nous sommes tous pareils, important de se tenir ensemble. La parole peut affecter beaucoup de choses. »
Ce cheminement, c'est aussi celui d'une émancipation personnelle grâce à laquelle l'artiste offre une chanson plus personnelle à sa mère disparue, Comment vous dire, « une chanson pour lui dire que je l'aimais, car je ne le lui ai pas assez dit de son vivant. »
Sous l'aile du rappeur Le R
En 2015, avec des idées de compositions plein la tête, Kimya croise par hasard le rappeur ottavien Le R dans les couloirs d'un hôtel à Toronto. Ce dernier, séduit par son projet, le prend sous son aile et produit son tout premier EP avec son propre label, L'armure du son
Dans la foulée, Kimya est nommé lauréat de la troisième édition du projet Rond Point organisé par l'Association des Professionnels de la Chanson et de la Musique (APCM).
Outre des ateliers professionnels qui l'outillent dans sa carrière naissante, l'auteur-compositeur a bénéficié de prestations au Festival International de la Chanson de Granby, au festival Franco d'Ottawa et à la Franco Fête de Toronto.
« Après cet EP, j'aimerais un album qui retourne davantage à mes racines avec des sonorités de chez moi et de la rumba congolaise. » Dans le marché ottavien, la voie est libre. On attend avec impatience l'alliance du rap franco-ontarien et des rythmes congolais...
Le lancement d'Or & Flamme aura lieu au Mercury Lounge le 5 octobre, dès 18 h.
Pour y aller
Quand : 25 septembre, dès 19 h
Où : Pavillon Aberdeen, parc Lansdowne
Renseignements : www.eventbrite.ca
Aussi à l'affiche...
Dès 17 h, le 25 septembre, le pavillon Aberdeen du parc Lansdowne s'animera en musique et activités familiales pour célébrer conjointement le 150e anniversaire de l'Ontario et du Canada avec le Jour des Franco-Ontariens. Au programme : planchodrome avec animation DJ, ateliers de break dance, cirque et hip hop, création d'une murale de graffitis.
Deux scènes accueillent en alternance des spectacles d'une demi-heure : sur la scène urbaine, outre Kimya, les festivaliers pourront assister aux concerts de 309 et du R. La scène rock accueillera des prestations de Mehdi Cayenne, Melissa Ouimet et Hey Wow. Billets gratuits disponibles sur Evenbrite, à l'adresse 2509franco.ca