Après 25 ans de métier, Jonathan Painchaud est animé d’une constante passion même si l’expérience lui a appris à faire plus de nuances. Il reprend aujourd’hui de vieux succès sur son nouvel album 45 tours.

Jonathan Painchaud: retrouver sa vraie nature

TROIS-RIVIÈRES — Le nom de Jonathan Painchaud est résolument inscrit dans la tête des amateurs de musique populaire québécoise mais combien savent qu’il célèbre cette année 25 ans de métier? Un nouvel album, intitulé 45 tours, vient le leur faire savoir.

Pour la circonstance, l’auteur, compositeur et interprète jette un regard rétrospectif sur sa carrière, incluant l’époque Okoumé, en reprenant dix de ses chansons les plus connues et se projette dans l’avenir avec deux toutes nouvelles chansons: T’es tout ce que j’attendais et Instagram Queen, présentés comme des extraits radio.

Les dix autres titres sont repris dans une formule, dit Jonathan Painchaud, qui rappelle leur forme initiale. «Ce sont les gens de ma compagnie de disque qui, en assistant à un de ses spectacles acoustiques en compagnie de mon frère Éloi, ont trouvé que c’était une façon de présenter mes chansons qui était très révélatrice; on les retrouvait comme elles avaient été écrites. Et pendant toute ma carrière, j’ai choisi de distiller les choses, de raconter mes histoires et mes personnages dans leur plus simple expression.»

L’exercice aura assurément eu le mérite de permettre au créateur de jeter un regard rétrospectif sur ses créations avec la sagesse qu’offre le recul. «J’ai réécouté systématiquement tout ce que j’ai enregistré en 25 ans. Bien sûr, dans quelques-unes des chansons, j’ai constaté la maladresse de la jeunesse, mais il y a une chose que je peux dire, c’est que le cœur est toujours à la bonne place.»

Il mentionne À l’enfant que j’aurai dont il dit qu’à 45 ans, il n’écrirait pas avec précisément les mêmes mots, «...mais il y a là une honnêteté que je suis parfaitement capable d’endosser aujourd’hui. Mon père qui était musicien m’a déjà dit quand j’étais jeune qu’il faisait de la musique pour rencontrer le monde, que la musique était un pont vers les gens. Je ne l’ai pas compris tout de suite mais il avait donc raison! Aujourd’hui, je fais un album de chansons qui m’ont permis d’aller vers les gens.» Parmi les autres titres, on retrouve Le Kid, Si t’es vivant, Les vieux chums, Toujours rebelle et, évidemment Pousse pousse.

S’il n’en avait tenu qu’à lui, c’est un album double qu’il aurait lancé, en gardant quelque chose comme 22 chansons qui, à ses yeux, méritaient d’être reprises, dont certaines moins connues, mais les contraintes de la production l’ont forcé à se limiter à une dizaine. «Je suis 100 % à l’aise avec les chansons qu’on a choisies. Pour moi, c’est un album qui exprime ma reconnaissance envers tous ceux qui m’ont aidé et sans qui je n’aurais pas été là pendant 25 ans. Je pense à des producteurs, des amis, des musiciens qui ont mis leur talent à mon service mais je pense aussi à la générosité du public qui m’a été tellement fidèle. Les artistes connaissent tous des cycles dans leur popularité mais être encore ici, c’est un privilège que je dois au public que je remercie sincèrement.»

Le musicien a évolué au fil du temps mais pas au point de changer.

«J’espère que je me suis amélioré mais ce qui est sûr, c’est que j’ai développé plus de nuances en vieillissant. La hargne de la jeunesse, c’est un excellent élément de motivation mais il faut aussi être capable de doser. Heureusement, je me rends compte que j’ai conservé certaines caractéristiques de ma personnalité. On me perçoit souvent comme le p’tit gars de l’Est qui s’est bien débrouillé mais ma personnalité est plus complexe que ça. Il y a toujours au fond de moi un côté anticonformiste de même qu’une grande intensité: la journée où je me lèverai sans avoir l’envie furieuse de croquer dans la vie à pleines dents, c’est que je vais être mort en dedans.»

Salebarbes

Jonathan Painchaud mène de front deux projets distincts qui connaissent du succès. En parallèle de la tournée de spectacle autour de son album solo, le Madelinot d’origine promène le spectacle de Salebarbes, un quintette qu’il forme avec son frère Éloi, Jean-François Breau, Kevin McIntyre et George Belliveau.

Le groupe se consacre à la musique festive et viscérale de la Louisiane.

«C’est un groupe qui est né dans la pure volonté d’avoir du plaisir à faire de la musique ensemble et à notre grande surprise, le téléphone s’est mis à sonner dès le lendemain de notre premier spectacle et ça ne s’arrête pas. À Trois-Rivières, on va être au Memphis Cabaret le 3 octobre. C’est vraiment festif inspiré des soirées Fais dodo louisianaises.»

POUR Y ALLER

Quand : Jeudi 16 avril 2020 à 20h

Où : Scène des Galeries Aylmer

Renseignements : jonathanpainchaud.com