Jean-François Blais de Yamachiche sera cette année le nouveau directeur artistique, producteur associé et réalisateur de La voix.

«Je sais où je m’en vais»

YAMACHICHE — Ça bouge rapidement ces jours-ci dans la tête de Jean-François Blais. Le réalisateur, originaire de Yamachiche et toujours résident de l’endroit, a troqué ses vacances estivales pour relever un nouveau grand défi dans sa carrière : celui de devenir le grand manitou de la prochaine saison de la populaire émission La voix, sur les ondes de TVA.

On aurait pu croire que l’été devait apporter à Jean-François Blais le repos mérité, après une neuvième saison couronnée de succès à En direct de l’univers, qu’il menait de main de maître jusque-là. Mais c’est plutôt à travailler sur la couleur qu’il donnera à un autre populaire rendez-vous télévisuel qu’il concentre désormais ses énergies.

Ce spécialiste du direct aura signé, au cours de sa carrière, la réalisation de nombreux succès télévisuels, dont les principaux galas des Gémeaux, de l’Adisq, des Oliviers, Artis, en plus d’avoir été à la réalisation de Chabada, Le Grand blond, L’Écuyer, Morency et Belle et Bum. «Le direct, c’est ma vie. Et là, je vais en sortir», note le réalisateur.

Jean-François Blais ne le cache pas: l’appel de TVA reçu vers la fin du printemps, lui demandant de devenir le nouveau directeur artistique, producteur associé et réalisateur de La voix, est entré dans sa vie comme un véritable tsunami.

«On entamait la dixième saison de En direct de l’univers, et j’étais prêt à faire la dixième saison. J’étais plus en paix que jamais de continuer avec la gang. C’est arrivé comme un choc, un véritable choc. Ce n’était pas sur ma to do list, pas quelque chose que j’avais imaginé», raconte-t-il.

En moins de sept jours, il devait réfléchir, rendre sa décision et l’annoncer autant à l’équipe de TVA qu’à celle de Radio-Canada, où il réalisait En direct de l’univers.

«C’était un tremblement de terre. C’est atroce. Je ne suis pas là pour faire pitié et je l’assume. C’est la game, c’est le métier, mais ça avait beaucoup d’impact. D’une façon ou d’une autre, il allait y avoir des heureux et des moins heureux. Moi je suis sensible à toutes les émotions. Et moi aussi là-dedans il a fallu que je me gère et que je braille ma vie parce que je quittais du monde», confie-t-il.

Mais une fois la décision prise, il faut sauter dans l’arène et assumer le choix. Ce qu’il a fait dès le premier jour de sa décision. Dès lors, il s’est installé à sa télévision et a commencé à écouter La voix. Non seulement la dernière saison québécoise, mais également les versions internationales du populaire show.

«Je connaissais l’émission, mais je ne la suivais pas de façon religieuse. J’ai aimé ce que j’ai vu. Maintenant, il y a plein de choses qui se font ailleurs. Je peux te parler de La voix en Hollande, en Australie, au Mexique, en Hongrie, en Angleterre. Je suis vraiment dans l’étude de ce qui se fait partout, comment ils le font. Je peux dire avec cet exercice-là qu’à ce jour-ci, je sais où je m’en vais.», lance-t-il.

Impossible toutefois de lui soutirer la moindre information sur le format que prendra cette nouvelle vision de La voix, alors que TVA lui a clairement demandé d’y apporter sa couleur, son style, bref une nouvelle vision. Impossible non plus de savoir qui seront les coachs de la prochaine saison ou même s’ils ont déjà été choisis. «On est là-dedans», se contente-t-il de répondre, sourire en coin.

Une chose est certaine, c’est qu’il emmènera avec lui sa partenaire, tant de cœur que de travail, Isabelle Viviers, qui deviendra productrice au contenu. En bref, son bras droit. Il s’adjoint également son ami Yves Lefebvre, metteur en scène du gala de l’Adisq notamment, qui a «beaucoup de bagage dans le variété», note Jean-François Blais. Et bien que le départ de Stéphane Laporte, qui était là depuis le début de La voix ait résonné avec quelques personnes qui ont aussi dû tirer leur révérence, Jean-François Blais assure qu’il souhaite le plus possible pouvoir compter sur l’expertise des gens qui restent et qui connaissent bien la machine.

«Mon gros défi, c’est de m’assurer que tout le monde est bien. Je veux aussi avoir les idées de chacun et pouvoir bâtir à partir de ça. Ils ont l’expérience, ils ont le bagage. À date, ce que je perçois, c’est que l’accueil est extraordinaire et on sait où on s’en va», lance-t-il.

Préauditions
Le processus de préauditions a déjà été lancé la semaine dernière à l’Hôtel Gouverneur de Montréal. Il se poursuit du 10 au 12 août au même endroit, puis du 16 au 19 août à l’hôtel Plaza de Québec.

Bien qu’il mise beaucoup sur l’originalité des candidats et son désir d’être surpris le plus possible, Jean-François Blais ne compte pas assister à l’ensemble du processus des préauditions. C’est un mandat qu’il a confié à Carl Dubuc et Dominic Savoie, renommés dans le milieu pour ce genre d’exercice. Chaque soir, un compte rendu lui sera fait, mais il compte bien visionner les enregistrements des participants.

D’ailleurs, bien qu’il n’ait aucun parti pris, le Yamachichois espère grandement pouvoir voir le talent des gens de la région lors de ces préauditions. «Moi j’aimerais dire que j’attends les gens de la Mauricie, j’aimerais que la Mauricie soit bien représentée. Et si la Mauricie se rend loin, j’en serais d’autant plus fier», mentionne le réalisateur.