Isabelle Cyr

Isabelle Cyr de retour au festival Folk et Guitare d'Aylmer

La chanteuse et comédienne Isabelle Cyr, qui a participé à pratiquement toutes les éditions du petit festival Folk et Guitare d’Aylmer, depuis sa création en 2015, sera de retour à Gatineau pour la cinquième édition de cet événement qui prend tranquillement de l’ampleur.

La différence, c’est qu’elle viendra proposer du nouveau matériel, cette année, plutôt que Pays d’abondance, le spectacle qu’elle a monté avec son conjoint Yves Marchand (celui de Zébulon, pas celui de l’Orchestre symphonique de Gatineau), et avec lequel Isabelle Cyr jetait des ponts entre la musique du Québec et celle de ses racines acadiennes.

L’auteure-compositrice interprète vient de faire paraître un second album à son nom, Brûle sur mes lèvres, qu’elle lancera à Aylmer le 8 juin.

Elle en signe les textes et les mélodies, mais l’album a été réalisé par Yves Marchand, qui sera à ses côtés, aux claviers, le 8, sur la scène du Bistro Mexicana 129, pour présenter leurs nouvelles chansons.

Brûle sur mes lèvres est baigné de tendresse, nourri d’une poésie élégante, et porté par une jolie section de cordes (violons, alto, contrebasses et violoncelle) orchestrée et dirigée par Benoît Groulx, ce qui lui confère un certain classicisme mélodique. Sur scène, le duo sera d’ailleurs épaulé par une violoncelliste (Sophie Coderre) et un contrebassiste (Pascal Andrus).

La tournée entournant ce nouvel album ne s’amorcera qu’en août. Ce lancement est donc un peu une fleur que le couple fait à la productrice du festival Aylmerois, Louise Rousseau, dont le nom figure d’ailleurs sur les remerciements du livret.

« On s’est lié d’amitié [dès] qu’on l’a rencontrée, quand elle a booké Pays d’abondance. C’est une femme extaordinaire, qui mène plusieurs projets de front pour la musique et la chanson. »

Le festival « qu’elle a créé avec son équipe est assez fantastique : ça rassemble les gens dans la joie, la convivialité. Depuis sa fondation, Yves et moi nous retrouvons tout le temps au Festival Folk — on a peut-être sauté une année — et c’est un grand bonheur à chaque fois : rien que du plaisir et de la joie. C’est un festival à échelle humaine, où on fait toujours des rencontres extraordinaires, que ce soit avec les autres artistes ou avec le public. »

Venant d’Isabelle Cyr, dont les chansons explorent précisément « l’être humain » sous toutes ses coutures et dans toutes ses émotions, l’expression « l’échelle humaine » est assurément le plus beau compliment qui soit.

C’est pourquoi elle se dit « particulièrement heureuse » de pouvoir présenter son album « dans ce contexte plus humain, plus intime, même », où elles se marieront à merveille.

Tendresse

Si les textes rayonnent d’espoir, on ne peut s’empêcher de trouver à ces 10 nouvelles chansons un souffle mélancolique. Isabelle Cyr s’étonne de notre perception. « La mélancolie vient peut-être plus des instruments. C’est vrai que le piano et le violoncelle sont de nature plus mélancoliques », concède-t-elle.

Si le premier disque d’Isabelle Cyr (un éponyme paru en 2008) était « plus varié », toute « la ligne directrice » de Brûle sur mes lèvres repose plutôt sur la « douceur », et, à l’image de la chanson Le temps répare, cherchait à donner un sentiment d’« apaisement », à « amener les gens dans un espace où ils se sentent bien, ou où ils peuvent se réfugier », explique-t-elle.

Isabelle Cyr

On n’y brûle pas la chandelle par les deux bouts ; on y chuchote délicatement, « tendrement », des secrets qui s’adressent au cœur ; et ce qui brûle les lèvres de l’interprète, ce serait plutôt l’urgente envie de confier et de partager.

« C’est toujours dans l’urgence que j’écris. Je ne me lève pas le matin en me disant “tiens, si j’écrivais aujourd’hui !?” Ça vient toujours d’un événement qui s’est produit, d’un fait qui me touche. Cette musique vient se loger dans mon ventre ou dans mon cœur et j’éprouve le besoin de l’exprimer. »

« Lucides, coquines ou romantiques », les chansons ont été élaborées piano-voix, « puis on a ajouté le viooloncelle. Ce qui a appelé le quatuor à corde, puis les percussions. D’étape en étape, on a ajouté des couches, tout en respectant [la douceur et l’intimité] que demandait les chansons. »

« J’ai été très gâtée de pouvoir travailler avec Yves Marchand, qui est d’une grande tendresse et d’une grande rigueur », estime-t-elle. Sous son autorité, « les musiciens ont épousé mon univers », se sont mis « au service des chansons ». « Quand on est créateur, c’est merveilleux de voir tout ce respect. C’est un grand cadeau qu’ils m’ont fait. »

Télévision

Le nouveau spectacle n’est « pas aussi folklorique » que Pays d’Abondance, construit sur une alternance de chansons et de contes, « un peu à la façon de Clémence Desrochers, qui altrne entre sketches et monologues », mais Isabelle Cyr n’a pu se retenir : « c’est certain qu’il y a des monologues, un espace pour la théatralité et la poésie parlée — parce que ça fait partie de moi », indique celle qui est aussi comédienne.

Pour Isabelle Cyr, « 2019 est une très belle année ». Ces dernier mois, elle était à l’avant-scène au petit écran grâce à la télésérie Conséquences. La série a été tournée au Nouveau-Brunswick. La comédienne y campait le rôle d’Élizabeth, une mère de famille prête à beaucoup pour défendre son fils.

« Je suis vraiment choyée. C’était un personnage formidable, avec un arc extraordinaire. Mon retour à la télévision s’est fait de façon formidable. Ça m’a ramené à la télé, mais aussi chez moi, en Acadie. »

Conséquenes, diffusée à l’antenne d’ICI Radio-Canada, s’est achevée cette semaine. « Il y a une porte qui se ferme et une fenêtre qui s’ouvre », souffle la chanteuse.

+

POUR Y ALLER

Quand ? Samedi 8 juin, à 21 h 30

Où ? Bistro Mexicana 129

Renseignements : ffga.ca ; 613-612-4614