Le musicien Colter Wall sera de passage au CityFolk dimanche.

Il était une fois, dans l’Ouest...

Difficile de ne pas s’étonner à l’écoute des chansons de Colter Wall. Avec son timbre rouillé de baryton et ses chansons qui semblent venir d’une autre époque, nul ne se douterait que le nouveau chouchou de la scène country n’a que 23 ans.

Le musicien originaire de Swift Current, en Saskatchewan, passera au CityFolk le dimanche 16 septembre, en sandwich entre le trio swamp/blues MonkeyJunk et le duo folk Whitehorse. Entre les deux, le musicien amènera avec lui un bout de sa province natale à travers ses compositions tantôt folk, tantôt country, toujours à l’image de son lointain coin de pays.

Pas besoin d’être mordu de la musique western pour apprécier sa courte discographie. Ce sont surtout sa voix et ses compositions intemporelles qui accrochent. À découvrir : la chanson Kate McCannon, une murder ballad qui raconte la conversation (fictive) avec un corbeau d’un amant cocufié qui s’est vengé en envoyant quelques balles dans sa bien-aimée (heureusement tout aussi fictive).

De la prairie à la scène
Bravo aux connaisseurs de politique canadienne qui l’auront replacé : le musicien n’est nul autre que le fils de l’ancien premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall. Mais ce n’est pas pour ses liens de parenté qu’il fait parler de lui. Ses deux albums, Imaginary Appalachia (2015) et Colter Wall (2017) ont récolté les louanges de routiers de la scène country et des millions d’écoutes sur Spotify. Tout ça, en plus d’un auditoire étendu sur deux continents.

Au téléphone depuis le Tennessee, la jasette facile, le barbu hirsute parle de son attachement envers une paire de bottes de cowboy qu’il refuse de jeter malgré un gros trou dans chaque semelle. Il les avait achetées quatre ans plus tôt avec l’argent gagné comme employé d’une exploitation bovine. C’était son dernier gagne-pain avant de devenir musicien à temps plein. Depuis, ses souliers ont beaucoup voyagé – les deux dernières années ont été passées à multiplier les scènes au Canada, aux États-Unis et en Europe. « C’est tout un contraste, de passer de travailler dans une ferme à jouer de la musique tout le temps ! » ricane-t-il.

Le parcours musical du jeune Colter forme une drôle de boucle. Adolescent, il détetestait la musique western dans laquelle il a grandi. Son dada était plutôt de reproduire les sons rock d’AC/DC à la guitare électrique. Étrangement, le country a fini par faire son chemin jusque dans ses oreilles et entre ses doigts (« j’essaie encore de comprendre comment on joue de ce satané machin ! » a-t-il commenté au sujet de la guitare acoustique). Il nomme aujourd’hui, parmi ses influences, Guy Clark, George Jones, « et beaucoup d’autres musiciens qui ne sont plus là aujourd’hui » dont le fantôme peut s’entendre par l’oreille avertie.

Chacun de ses deux albums a une « identité en soi ». Son premier EP est le fruit de ses expérimentations avec la musique folk des Appalaches, tandis que son deuxième opus partage ses histoires de vie. La première chanson de Cotler Wall raconte une soirée de débauche où, affalé dans la neige, il avait fait la rencontre tragi-comique d’un agent de la GRC. « À part l’ordre des événements, c’est une histoire vraie. C’était toute une soirée avec la GRC ! » révèle-t-il.

« C’est comme ça dans beaucoup de chansons de talking blues : c’est un style traditionnellement humoristique. À mon avis, plus une histoire est drôle ou triste, meilleure elle est. »

Aujourd’hui, le sympathique cowboy habite Nashville et passe « 80 % du temps à voyager en camionnette ou en avion ». Et comme tout routier, il s’est ennuyé de sa maison. D’où son prochain album : dès le 12 octobre, Songs of the Plain fera découvrir la Saskatchewan contemporaine et d’antan aux publics d’ailleurs par des reprises et des compositions qui racontent les histoires du land of the living skies. Des sons plus westerns et des recherches dans des livres d’histoire tranchent avec ses albums précédents. On peut entendre la combinaison des deux dans Saskatchewan in 1881, qui imagine la réponse acide d’un colon à l’arrogance d’un Torontois. Idem pour Tying Knots in the Devil’s Tail, une reprise d’une chanson traditionnelle enregistrée avec un soupçon de tequila.

Colter Wall sera sur la scène City Stage à 16 h 45. Il sera suivi de Whitehorse à 18 h, de Terra Lightfoot à 19 h 30 et de The Decemberists à 21 h.

POUR Y ALLER

Quand : le 16 septembre, 16 h 45

Où : Parc Lansdowne

Renseignements : cityfolkfestival.com