Gus Englehorn à lancé «Death & Transfiguration» il y a deux semaines.
Gus Englehorn à lancé «Death & Transfiguration» il y a deux semaines.

Gus Englehorn : De la planche aux planches

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
Le moins qu’on puisse dire, c’est que Gus Englehorn n’a pas eu un parcours banal. Natif de l’Alaska résidant maintenant près de Québec, ancien planchiste professionnel devenu auteur-compositeur-interprète, ce joyeux drille a fait paraître il y a deux semaines «Death & Transfiguration», un premier album où le rock carbure aux images surréalistes.

Pendant deux décennies, l’Américain devenu Québécois a mené une vie de nomade — même qu’il raconte avoir habité quatre ans dans sa camionnette —, se laissant guider par sa planche du Japon aux quatre coins des États-Unis. «Partout où il y avait de la neige», précise en français celui qu’on appelait alors Gus Engle. Selon ses dires, il ne passait pas inaperçu.

«J’étais un snowboarder inhabituel, ajoute-t-il. Je m’habillais comme David Bowie, un peu. J’essayais toujours d’inventer de nouveaux trucs avec ma planche. Je pense que les gens me voyaient comme un outsider dans le monde de la planche à neige.»

Lors d’un séjour à Salt Lake City, il a rencontré une Québécoise qui allait devenir sa compagne. Il n’en fallait pas plus pour qu’il se pose dans la région — une fois planche accrochée — et qu’il entreprenne ce qu’il décrit comme son «deuxième acte» à titre de musicien.

«J’ai toujours eu de l’intérêt pour la musique, mais j’ai commencé à jouer seulement à 16 ans, note-t-il. J’ai commencé à prendre ça au sérieux à 20 ans. Au début, j’étais juste intéressé par la guitare. J’en ai joué vraiment beaucoup. À un certain point, je me suis mis à essayer d’écrire des chansons. J’étais vraiment obsédé par Bob Dylan. J’essayais d’être comme lui, je jouais de l’harmonica et tout ça. Et là, 13 ans plus tard, j’arrive avec un premier album. C’est fou le nombre de mauvaises chansons qu’il faut écrire avant de réussir à en faire qui ont un niveau plus professionnel!»

Surréalisme

Grand fan des Beatles, Gus Englehorn signe sur son premier album des pièces où les images parfois surréalistes pullulent et se déploient avec une certaine candeur.

«On a souvent dit qu’on voulait sonner comme un film de Jean Cocteau. Un peu comme quand on raconte un rêve», résume celui qui dit avoir trouvé de quoi nourrir sa plume au contact de son jeune frère autiste.

«Il est une grande source d’inspiration pour moi, explique-t-il. Il voit le monde d’une façon différente. Je trouve ça vraiment magique, ç’a changé ma perspective. Il a huit ans de moins que moi et de grandir avec lui était surprenant. Par exemple, il mettait des costumes tout le temps. Il était obsédé par de petites choses. Quand il pense à quelque chose, il va vraiment loin là-dedans. Un peu comme moi. J’ai vraiment une connexion avec lui.»

Son album encore tout chaud, Gus Englehorn apprivoise maintenant la scène. Il a notamment eu l’occasion de chauffer les planches pour Fred Fortin à Montréal au début du mois. Il se produira ce vendredi au Cégep Garneau et le 3 avril à La Nef.