Gregory Charles a été le premier surpris lorsque 2500 personnes ont suivi ses cours de piano, l’année dernière. Ils perpétuent les méthodes d’enseignement de sa mère, qui ne jugeait pas essentiel de lire la musique pour en faire l’apprentissage. Ce projet piloté par l’Académie Gregory prendra plus d’ampleur à compter du 1er septembre, alors que cinq options seront disponibles.

Gregory Charles, sur les pas de sa mère

Même si elle n’est plus de ce monde, la mère de Gregory Charles veille toujours sur lui. On peut même affirmer que son esprit anime de larges pans de sa carrière, ainsi qu’en témoigne la création, il y a un an, de l’Académie Gregory. Cette école virtuelle s’appuie en effet sur la méthode d’enseignement de l’auteure de ses jours.

« Comme je ne voulais pas que cette méthode disparaisse avec elle, j’ai formulé un plan avec mon équipe dans le but de la mettre en ligne. Dès la première année, 2500 personnes se sont inscrites à des leçons de piano, ce que je considère comme un miracle », a raconté l’artiste au cours d’une entrevue téléphonique accordée au journal.

Pendant 230 jours, chacun de ses élèves a assimilé des capsules de dix minutes. Ils avaient également la possibilité d’échanger avec Gregory Charles une fois par semaine, toujours par le truchement de la Toile. « Il y a plein de retraités qui s’étaient promis d’apprendre un instrument et qui, aujourd’hui, sont capables de jouer pendant 45 minutes avec un orchestre. C’est fantastique », affirme le professeur.

Il fait allusion au rendez-vous qui a couronné cette expérience, un concert tenu en mai, à Montréal, pendant lequel 500 finissants de l’Académie Gregory ont partagé la scène avec leur maître, ainsi qu’un orchestre symphonique. « Ce spectacle a réuni des enfants de cinq à dix ans, ainsi que des dames âgées de 70 à 94 ans. Ma mère aurait été fière de voir ça », confie Gregory Charles.

Préserver le plaisir

La méthode que préconisait la mère de Gregory Charles permet de s’initier à la musique sans qu’il soit nécessaire de lire une partition. Les fondements mélodiques, la rythmique et l’harmonie sont assimilés d’une manière plus conviviale que dans une classe traditionnelle, ce qui a l’avantage, entre autres, de préserver la notion de plaisir.

« C’est une erreur de dire qu’il faut d’abord lire la musique et justement, c’est ce que disait ma mère, une femme de la campagne québécoise qui était organiste dans un village voisin de Drummondville. Elle-même s’adaptait au chant du prêtre pendant la messe. Elle avait pour principe que la musique, c’est dans les oreilles que ça se passe », rapporte Gregory Charles.

Il donne aussi l’exemple de ses grands-parents pour appuyer son propos. Sa grand-mère lisait la musique. Elle était une excellente interprète, tandis que son mari, un pur autodidacte, jouait de l’accordéon, de la contrebasse et du piano, toujours à l’oreille. « C’est lui qui avait du fun avec la musique », note le pianiste et chanteur, dont l’offre de cours sera enrichie en vue de la deuxième saison.

Lorsque les activités de l’Académie Gregory reprendront, le 1er septembre, cinq options seront en effet disponibles. En plus de l’introduction au piano et à la musique, il y aura un programme s’adressant aux enfants âgés de 5 à 11 ans, une formation intitulée Je suis pianiste 2, une autre centrée sur la guitare, ainsi qu’une exploration du chant choral qui mènera à la création d’un ensemble virtuel, l’ensemble Mercurio.

« Chaque semaine, nous allons tenir une répétition par le biais de l’ordinateur et ce sera comme si chacun était là. L’idée, c’est qu’on ne fera pas juste apprendre des pièces. On va les jouer et je suis convaincu que c’est le meilleur moyen pour ne pas se décourager », estime Gregory Charles, qui invite les personnes intéressées à se rendre à l’adresse academiegregory.com/wordpress/.

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1969, l’année de tous les étonnements

Le prochain spectacle de Gregory Charles, Vintage 69, marquera un tournant dans la carrière de Gregory Charles. Pour la première fois, cette production ne s’appuiera pas sur les demandes spéciales émanant du public. Elle donnera aussi lieu à la première vraie tournée du chanteur, dans la foulée des représentations données à compter du 4 octobre, à L’Olympia de Montréal.

Le chiffre donne la couleur de ce projet, puisqu’il correspond à celui d’une année phare pour les amateurs de musique. C’est celle du festival de Woodstock, qui a produit une forte empreinte sur le chanteur. « Ce n’était pas juste le “flower power”. Il y avait le blues avec Paul Butterfield, le groupe Shanana, le folk de Crosby Stills Nash and Young. Ce fut aussi la consécration pour Joe Cocker qui était alors “full rock” », fait-il remarquer.

D’autres festivals sont également ressortis. Il y a eu celui d’Altamont, en Californie, où un spectateur venu voir les Rolling Stones a été tué par un membre des Hells Angels censé assurer la protection des artistes. À Toronto, pendant ce temps, les amateurs de rock ont eu le privilège de voir John Lennon pousser la note en solo, peu avant la dissolution des Beatles.

Les chanteuses Kim Richardson et Loulou Hugues tiendront compagnie à Gregory Charles, ce qui permettra d’adresser un clin d’oeil à Aretha Franklin et Janis Joplin, entre autres sommités. « C’est aussi l’année où Elvis a sorti Suspicious Minds, où Donald Lautrec a connu du succès avec Héloïse. Quelle année de fou ! On va bien s’amuser, lance le chanteur. Après avoir présenté des spectacles interactifs pendant 15 ou 16 ans, pour la première fois, on va proposer une revue. »

Un autre changement tient à la façon dont cette production sera mise en marché. Après le séjour à L’Olympia, elle sillonnera la province jusqu’à la fin de l’année 2019. 

« On va l’amener partout et il s’agira d’une première parce que je n’ai jamais fait de tournée au Québec. J’ai donné 200 représentations du spectacle de Ma mère chantait toujours, mais comme avec Noir et blanc, ce n’était pas une tournée organisée », précise l’interprète.