Le pianiste gatinois François Dubé.

François Dubé, son piano danse

Huit danseurs, un piano et la musique de François Dubé : jamais le compositeur aux mille projets n'avait vécu telle expérience.
Le 1er octobre, à la salle Jean-Despréz, il interprétera des pièces tirées de ses deux albums solos accompagné de chorégraphies de Martine Charron. Les représentations, gratuites, sont offertes gracieusement grâce aux journées de la culture, mais affichent déjà complet.
« Rien n'empêche toutefois les spectateurs intéressés de se déplacer directement au théâtre, il n'est pas rare que des places se libèrent ou que les organisateurs rajoutent des chaises, » nuance François Dubé, impatient de replonger dans son propre répertoire.
Le pianiste et chef d'orchestre originaire d'Ottawa est surtout connu pour avoir travaillé au service d'autres artistes, Renée Claude (pendant plus de 30 ans), Nanette Workman, Céline Dion et Mario Pelchat parmi d'autres vedettes. 
François Dubé a également créé un spectacle hommage à Eddy Marnay, produit à la Maison de la culture de Gatineau en 2003 et signé la mélodie de la chanson Notre place, devenue l'hymne de la communauté franco-ontarienne.
« Toujours là pour servir le chanteur, le faire briller », résume-t-il humblement. Cette fois, sa musique passe à l'avant-scène grâce à la metteure en scène et chorégraphe Martine Charron.
« Elle cherchait une façon de sortir les danseurs du système traditionnel, des concours, partage-t-il. Rarement le compositeur lui-même officie à l'instrument pour jouer sur scène avec les danseurs. » Plus communément d'ailleurs, le pianiste accompagne les danseurs en répétitions. Rarement l'inverse.
« Mes chansons constituent la base de ce que j'interprète sur scène, mais j'improvise beaucoup. Les danseurs m'écoutent tout comme je les observe. Pour moi, tout est unique, c'est fascinant. »
Une seule représentation est prévue jusqu'à présent, le 1er octobre.
Intitulé Un piano : 150 pas, un clin d'oeil à l'anniversaire de la Confédération sans références musicales particulières au Canada, le spectacle se présente surtout comme une exploration du second album de M. Dubé, Notes et Anecdotes, sorti en 2014. 
« J'ai ainsi voulu rafraîchir mon répertoire, explique-t-il. Du premier album, il ne restera que Jacques dans la lune, où j'improvise sur les thèmes de Frère Jacques et Au clair de la lune. »
Le pianiste et compositeur préfère jouer sur des notes « classico-romantiques » plutôt que jazz. Cela ne l'empêche pas de se frotter à l'improvisation musicale, de laisser vaquer son imaginaire à partir de lignes mélodiques définies où il produit « des improvisations très arpégées, » « des grandes envolées où la main glisse de gauche à droite. » Il réservera ses accords les plus francs à une seule pièce, Vue sur le lac.  
Après plus de 40 ans de carrière, François Dubé n'a jamais vraiment pris le temps de composer plus de deux albums pour lui. Grâce à ce spectacle, il renoue avec son propre répertoire, mais aussi avec son attrait pour la danse, lui qui suivait régulièrement les productions des Grands Ballets Canadiens de Montréal au CNA. Un spectacle pour prendre le temps de se retrouver, en somme. 
« Quand j'ai accepté le projet, je me suis dit : enfin mon oeuvre est utilisée pour autre chose qu'une diffusion à la radio ! »