Le groupe britannique Def Leppard

Def Leppard : Au-delà de la nostalgie

Une grande partie de la longévité de Def Leppard est attribuable à la nostalgie et ça, Vivian Campbell n’ira pas le nier. Mais les temps changent, selon le guitariste, qui observe un certain rajeunissement dans le public du groupe rock anglais. L’arrivée de sa musique sur les plateformes de diffusion en ligne ne serait sans doute pas étrangère au phénomène...

«J’estime qu’environ 40% de notre auditoire est assez jeune pour être nos enfants, avance Vivian Campbell. C’est très encourageant pour plusieurs raisons. D’abord, nous ne jouons plus seulement pour notre génération. Notre auditoire grandit.»

Jusqu’à il y a un an et demi, l’accès en ligne à la musique de Def Leppard était très limité à cause de contraintes contractuelles, note le guitariste. À une époque où certains jeunes mélomanes n’ont jamais acheté un album de leur vie, une présence sur les Spotify, Deezer ou Apple Music de ce monde est un atout certain. 

«On voit des ados qui n’ont visiblement pas été traînés là par leurs parents, qui ont l’air contents d’être là, qui portent un t-shirt de Def Leppard et qui chantent les paroles des chansons», décrit le musicien, qui se réjouit du changement d’ambiance apporté par ces nouveaux fans. «En tant que performeurs, nous nous nourrissons de l’énergie du public, ajoute-t-il. Nous jouons des chansons qui ont 30 ou 40 ans. Si nous les jouions seulement entre les quatre murs d’une salle de répétition, ça ne serait pas excitant du tout. Mais dès que nous arrivons devant des gens qui sont visiblement contents de les entendre, ça crée un bon cycle. C’est un échange d’énergie qui est encore plus grand quand il y a des jeunes dans la foule. Ça nous fait jouer mieux.»

Voilà aussi une occasion pour Def Leppard, qui aurait assez de vieux succès au compteur pour poser sa plume sans arrêter de tourner, de sortir de la nostalgie.

«Nous ne voulons pas tomber là-dedans. C’est aussi une raison qui nous pousse à créer de la nouvelle musique et à l’intégrer dans nos concerts. Nous anticipons que pour certaines personnes, ça va représenter un point plus faible du spectacle parce que ce n’est pas un classique. Mais c’est important pour nous de prendre position et de dire que nous sommes toujours créatifs.

Le groupe prévoit d’ailleurs de profiter de la tournée estivale qui l’amène au Centre Vidéotron le 15 juillet pour commencer à travailler sur de nouvelles compositions.

«L’objectif est de commencer l’enregistrement au début de l’année prochaine, précise Campbell. Mais je n’ai encore aucune idée du moment où l’album sera complété ou même si ce sera un album complet.»

Les honneurs avec un grain de sel

Alors que son groupe est entré cette année au Temple de la renommée du rock’n’roll, Vivian Campbell n’en a pas fait tout un plat. «Mais avec le recul, je me rends compte que c’est une grosse affaire pour pas mal de monde, donc ça le devient pour moi aussi, nuance-t-il. Ce qui résonne le plus pour moi et pour Def Leppard, c’est qu’on a enregistré le plus grand nombre de votes de fans à ce jour. C’est ce qui nous a fait entrer là. Ça veut dire beaucoup pour nous. Si ça n’avait pas été de nos fans qui relançaient constamment le Temple de la renommé à propos de Def Leppard, peut-être que ça aurait été plus long avant qu’ils nous remarquent.»

Le guitariste, qui a rejoint Def Leppard en 1992 après le décès de Steve Clark, dit prendre les honneurs venus de l’industrie avec un grain de sel. Et ça remonte à loin.

«Avant d’être avec Def Leppard, j’étais un fan de Def Leppard, raconte-t-il. Même avant que le groupe ait un premier album, je me souviens d’avoir acheté le simple Wasted. J’étais très conscient de leur existence et j’avais beaucoup de respect pour Joe [Elliott] et le groupe. En 1987, quand l’album Hysteria a été lancé, je l’ai acheté sur cassette. Je l’ai tellement écoutée que j’ai usé le ruban. Ç’a été l’un des premiers CD que j’ai achetés. J’avais été sidéré que cet album ne soit pas nommé aux Grammy, alors que c’était sans doute l’un des plus importants albums rock de la décennie.»

De quoi lui donner une perspective sur les prix qui «n’arrivent pas toujours quand ils devraient ni aux bonnes personnes».

Avant de devenir membre de Def Leppard, Vivian Campbell admirait l’esprit de camaraderie qui régnait au sein de la formation. «Ça avait vraiment l’air d’une famille, évoque-t-il. La plupart des groupes ne sont pas comme ça. À l’époque, j’étais avec Whitesnake. Les musiciens y passaient comme dans des portes tournantes. Pour avoir été dans Def Leppard depuis 27 ans, je sais que si Steve [Clark] était encore en vie, il serait encore dans le groupe. Il y a une grande force et un grand engagement. Il y a un objectif commun. Tout est à propos de la musique et rien à propos des individus. C’est un band unique en tous points.»

Selon le Vivian Campbell, voilà une autre clé expliquant la stabilité de sa formation, qui prend toujours plaisir à créer et à tourner ensemble.

«L’éthique de travail est énorme, individuellement et collectivement, illustre-t-il. Ça fait partie du succès du groupe. Nous partageons la même motivation, même après ces années. Joe va avoir 60 ans cet été. Je vais avoir 57 ans. Mais nous faisons notre travail comme si nous étions encore des ados. Nous avons le même appétit pour la musique.»

Def Leppard se produira au Centre Vidéotron le 15 juillet à 19h.