Cyborg, par Nekfeu *** 1/2

CRITIQUE /  C'est l'un des leaders actuels du rap français.
Nekfeu, 26 ans, raconte les dérives, les coups de colère, les filles, la prison, les amitiés, les substances plus ou moins licites avec un sens imparable de la rime.
Mode d'écoute possible: laisser filer les chansons comme la bande originale d'un film consacré aux sentiments contradictoires. Mauvais garçon? Pas tant que ça, finalement. Dans la lignée des vénérables NTM à l'époque de Laisse pas traîner ton fils, Nekfeu avoue que son pire cauchemar serait «que mes petits frères sèchent les cours» (Vinyle).
Il glisse sagement un peu plus loin «Maman m'a dit: Ne trahis pas ton éducation''» (Mauvaise graine). Ce qui ne l'empêche toutefois pas de faire rimer «culs» avec «déçu» (Skurt Cobain), ou de chanter gaiement qu'il a fumé «des forêts de séquoia» (Squa).
En substance: un talent pour dégainer des images évocatrices, quelques piques et beaucoup de grammes poétiques...