Cody Coyote est un rappeur de 27 ans de la première nation Matachewan.

Cody Coyote et ses loups intérieurs

Le rappeur ottavien Cody Coyote s’ouvre sur ses loups intérieurs dans son nouvel album Ma’iinganag. Cet opus solo, son deuxième en carrière, est paru vendredi sur les plateformes en ligne.

Ma’iinganag signifie « loups » en Anishinaabemowin.

« Quand j’étais plus jeune, je traversais de dures épreuves. J’étais perdu, j’étais confus et j’étais en colère, raconte l'Ojibwé de 27 ans de la première nation Matachewan. Un jour, mon père s’est assis avec moi et m’a dit “Cody, tu sais, il y a deux types de loups à l’intérieur de nous. Il y a les bons loups, qui portent des traits positifs comme l’amour, le respect et l’honnêteté, mais il y a aussi les mauvais loups, qui portent la colère, le mensonge et la déloyauté”. Avec cet album, je voulais en quelque sorte enseigner cette notion de bons et mauvais loups aux gens en tenant compte des expériences que j’ai vécues. »

La famille, l’autonomie et la liberté, voici quelques-uns des thèmes que Cody Purcell a décidé d’aborder en anglais sous son nom de plume.

À travers dix chansons hip-hop aux sonorités électroniques, le rappeur aux origines irlandaises et ojibwées nous livre son message sans passer par quatre chemins. C’est direct, c’est cru et c’est honnête. Dès ses premiers mots, on comprend que Cody Coyote rappe sur sa réalité et celle de son peuple.

« J’ai grandi sans vraiment savoir qui j’étais. Ça m’a pris 25 ans avant de connaître ma culture et de connecter avec mes parents biologiques puisque mon père a fait partie de la rafle des années 60 », confie-t-il en faisant référence à cette politique gouvernementale responsable de l’enlèvement de milliers d’enfants autochtones de leur famille pour les faire adopter par des familles blanches au Canada, aux États-Unis et en Europe.

Hommage à Brenda

L’une de ses chansons, intitulée Ni Maamaa — « ma maman » — se veut d’ailleurs un hommage à sa mère, Brenda Purcell, décédée d’un cancer en août 2018.

« Ma mère était la meilleure personne au monde, laisse-t-il tomber. J’ai écrit cette chanson alors qu’elle était à l’hôpital. Je n’en ai jamais vraiment parlé en public, mais je jugeais que c’était le bon temps pour le faire. Je veux partager ça avec les gens pour qu’ils reconnaissent à quel point leurs mères sont importantes pour eux. »

Cody Coyote a également pris son courage à deux mains afin de s’adresser à ses détracteurs dans sa chanson Chitter Chat.

« Ça fait six ans que je fais de la musique de façon professionnelle, et depuis le tout début, il y a des gens qui proviennent de gauche à droite pour me rabaisser, me dire que je ne suis pas assez bon et que je n’y arriverai pas, souligne-t-il. Parfois, je ne les connais même pas ! Je me rappelle même quand j’étais au secondaire, certaines personnes me disaient même que j’allais soit finir mort ou en prison. J’ai écrit cette chanson en quelque sorte pour faire taire les haters. »

Ma’iinganag, par Cody Coyote

Cody Coyote reste néanmoins un véritable modèle pour les gens de son peuple.

Il a réussi à surmonter ses dépendances à l’alcool et aux drogues ainsi qu’à faire carrière dans sa passion, la musique.

D’ailleurs, s’il y a un nom qui lui vient en tête quant à ses inspirations, c’est Litefoot, un rappeur américain originaire de la nation Cherokee, en Oklahoma.

« C’est vraiment lui qui m’a fait réaliser qu’il y avait une place pour les autochtones dans le hip-hop et dans l’industrie de la musique », avoue-t-il.

Cody Coyote se donnera en spectacle pour une troisième fois en carrière au Centre national des arts le 13 septembre prochain.

POUR Y ALLER

Quoi ? Cody Coyote en spectacle

Quand ? Vendredi 13 septembre, 20 h 30

Où ? Centre national des arts

Renseignements : nac-cna.ca