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Sur la scène de la salle Louis-­Fréchette, sous une lumière tamisée, Catherine Major s’installe devant le Steinway & Sons.
Sur la scène de la salle Louis-­Fréchette, sous une lumière tamisée, Catherine Major s’installe devant le Steinway & Sons.

Catherine Major: femme et plus encore

Léa Harvey
Léa Harvey
Le Soleil
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Catherine Major affirme que son quotidien, ces temps-ci, ressemble un peu à un «tourbillon». Entre sa vie familiale et sa carrière musicale, la maman de quatre enfants enseigne la musique à l’Université de Sherbrooke et planche sur le projet d’un «Bed & Boutique» à Waterloo. Le Soleil l’a rencontrée au Grand Théâtre de Québec, lors de l’enregistrement d’un spectacle virtuel qui revisite son répertoire.

Sur la scène de la salle Louis-­Fréchette, sous une lumière tamisée, Catherine Major s’installe devant le Steinway & Sons. À sa gauche, les centaines de sièges vides sont impressionnants, mais on les oublie rapidement. Devant les caméras qui enregistrent l’événement, la musique transcende l’artiste qui, bien qu’assise sur un banc de cuir, se met à danser, des mains jusqu’aux pieds. 

L’autrice-compositrice-interprète joue au piano plusieurs morceaux issus de ses albums précédents : Par-dessus bord, Rose sang, Le Désert des solitudes et La Maison du monde. Elle puise également dans son plus récent opus, Carte mère, paru en mai 2020. 

Pendant plus d’une heure, généreuse, douce et authentique, la musicienne, qui voue une grande affection à la ville de Québec, partage entre les chansons des petits bouts de son univers et fait ainsi voyager ses spectateurs en racontant les anecdotes qui entourent ses pièces.

«Je réalise que de faire un spectacle virtuel et d’être devant les caméras, c’est un autre métier complètement. […] En ce moment, on me demanderait comment s’est passé le spectacle et je ne saurais pas quoi répondre parce que je n’ai pas eu de retour du public», lance l’artiste interloquée par son expérience virtuelle, que Le Soleil a rencontrée quelques minutes après la fin de l’enregistrement. 

Un tournage, donc, bien spécial pour celle qui jouait sur scène les chansons de Carte mère pour la première fois, dont certaines pièces importantes telles que Ma sœur et Tableau glacé, dédiées à sa sœur ainsi qu’à une amie emportée par le cancer du sein.

Bien qu’assise devant son piano, Catherine Major se met à danser, des mains jusqu’aux pieds.

Pour Catherine Major, ce spectacle portant sur l’amour, la maternité et la famille ne résonne pas nécessairement d’une façon particulière parce qu’il a été capté lors de la Journée internationale des femmes.

«J’ai toujours été fière d’être une femme et je n’ai jamais eu l’impression d’être mise de côté. Je porterais donc la cause pour d’autres femmes, pour les femmes en général, mais pas nécessairement pour moi-même. Je n’ai pas l’impression [qu’être une femme] me limite», affirme l’artiste qui n’associe donc pas d’emblée son œuvre à cette lutte.

Que ce soit grâce à son éducation ou à son équipe, envers qui elle a une entière confiance, Catherine Major affirme qu’elle se sent entièrement libre et ce, depuis toujours.

«Chez nous, c’est très féminin. J’ai eu des grands-mères qui avaient des tempéraments forts. La femme est donc une icône forte chez nous. Je me considère chanceuse parce que j’ai aussi été très bien accueillie dans mon métier. Je n’ai jamais senti que, moi, en tant que femme, je devais me battre. Par contre, je le vois dans d’autres milieux et je considère qu’il y a un grand bout de chemin à faire», ajoute-t-elle.

Qu’on lui parle donc de chant ou de composition, d’enfants ou de ménage, de plan d’affaires ou d’enseignement, elle estime avoir «la liberté de tout faire». 

Ne rien tenir pour acquis

Mais comment peut-on, humainement, arriver à mener de front tous ces projets en même temps?

«C’est sûr qu’en ce moment c’est difficile, reconnaît-elle. Ça me prendrait sincèrement un bon trois heures de plus par jour», lance en riant la femme, musicienne, mère, enseignante et entrepreneure, qui n’estime pas avoir la réponse ultime, outre «bien s’organiser et prioriser les bonnes choses».

Généreuse, douce et authentique, Catherine Major partage entre les chansons des petits bouts de son univers

Questionnée sur la charge mentale que toutes ces responsabilités peuvent occasionner, Catherine Major affirme que son conjoint et son entourage la complètent et l’appuient au quotidien.

L’artiste est bien consciente de refléter l’image forte d’une femme qui maîtrise tous les pans de sa vie. Si elle se sent effectivement bien ancrée et solide pour mener à terme ses différents projets, la musicienne souligne toutefois l’insécurité qui l’habite.

«Tout est fragile dans ma tête. Je suis tellement insécure! […] Moi je suis plus consciente de mes faiblesses que de mes forces», confie celle qui avoue s’investir entièrement dans la musique.

Des projets foisonnants

Réaliser Carte mère ne suffisait pas à Catherine Major, qui avait aussi envie de voir son album en images. L’amatrice de danse a donc décidé de créer Carte mère, Corps et Graphie, un moyen-métrage de 39 minutes qui voyage d’un bout à l’autre de l’opus. 

«On a tourné ça avec les moyens du bord, en pleine pandémie. Ça donne un résultat émouvant parce que la danse, pour moi, c’est la plus magnifique expression de l’âme. Encore plus que le chant.»

Le film, réalisé par Tiphaine Roustang, se retrouve d’ailleurs dans la sélection officielle du Festival international du film sur l’art, qui aura lieu en ligne du 17 au 28 mars.

Entre-temps, Catherine Major monte, aux côtés de son conjoint, un projet d’auberge à Waterloo, en Estrie. Pour celle qui vient de terminer la rédaction des 40 pages du plan d’affaire d’Au Loup, l’été 2021 risque d’être assez chargé. 

Quatre mots qui décrivent le nouveau «Bed & Boutique» de Catherine Major : «Collaboration artistique», «liberté» et «convivialité», lance la passionnée, qui mijote déjà plein d’autres projets à venir. 

On peut se procurer des billets pour le spectacle virtuel de Catherine Major jusqu’au 13 mars, 20h, sur le site du Grand Théâtre. Il sera par la suite possible de visionner l’événement jusqu’au 16 mars inclusivement.