Ape in a Pink Marble, de Devendra Banhart ****

CRITIQUE / N'envisager la musique de Devendra Banhart que comme un havre hippie imperturbable serait réducteur si l'on se réfère à Ape in Pink Marble.
Chansons altières remplies de sonorités inattendues - de l'utilisation du koto, instrument traditionnel japonais, à celle de synthés orageux -, les frusques romantico-bohèmes de M. Banhart prennent ici une tournure surprenante.
Le compositeur américano-vénézuélien poursuit sa croisade folk, avec, dans le sillage, une petite cohorte de fans sensibles à ses atmosphères ésotériques, où la fantasmagorie prend un tour tantôt éthéré, tantôt entêtant.
Ce neuvième album musarde astucieusement entre reggae (Mara), bossa nova (Theme for a Taiwanese Woman in Lime Green) ou disco-funk (Fig in Leather), avec quelques influences délicatement japonisantes (Fancy Man).
Des enchevêtrements de bruits biscornus, des dérapages de rythmes adoucis et le chant cotonneux de Devendra Banhart pour des architectures sonores finalement parfaitement limpides.